‹ La liturgie dominicaineChapitre 109 sur 178 · SAINT LOUIS BERTRAND · texte numérisé non relu

SAINT LOUIS BERTRAND

Evangile selon saint Marc, c. 16.

« En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Allez dans

le monde entier, prêchez l’évangile à toute créature.

Celui qui croira et recevra le baptême, sera sauvé. Celui qui ne croira pas, sera condamné. Voici les prodiges qui accompagneront ceux qui croiront : Ils parleront des langues nouvellés pour eux ; ils prendront des serpents dans leurs mains ; s'ils boivent un poison mortel, il ne leur sera pas nuisible. Ils imposeront les mains aux malades, et ceux-ci seront guéris. »

Louis Bertrand entendit la voix du Maître :

Allez ! Il partit. [1 réalisa en lui-même le type idéal du Prédicateur de l’évangile, et, de son côté, le Maître fit resplendir dans son œuvre les signes de sa présence, par les prodiges qui accompagnaient la parole de son serviteur. Pour sauver les âmes, pour faire œuvre d’apôtre véritable, il faut l’action combinée du Maître et du serviteur. N'est pas apôtre qui veut. Même la science la plus élevée, à elle seule, ne crée pas un apôtre ; elle fait des professeurs, elle peut faire des orateurs ; pour créer un apôtre, il est nécessaire, en plus de la science, de la lumière intérieure du Saint-Esprit qui éclaire l’âme sur Dieu connu, aimé, désiré, et donne à la volonté le désir passionné de le faire connaître et de le faire aimer. Voyant Dieu, ce qu’il est en lui-même et ce qu’il est pour nous, comprenant à fond l’inanité des joies et des biens de la terre, la vérité unique des joies éternelles, l’apôtre n’a plus qu’un désir, désir impétueux, jamais satisfait, de donner aux autres la lumière qu’il possède. Alors, rien ne coûte, rien ne compte : Dieu seul à faire connaître, Dieu seul à faire aimer et ainsi assurer aux âmes leur salut éternel. Tel fut Dominique, l'idéal des apôtres, tel fut son fils, Louis Bertrand, vivant de son esprit.

Offertoire : « Votre verge et votre bâton me furent une consolation; vous m'avez préparé une table pour m'aider à vaincre mes adversaires ; vous avez parfumé ma tête d'huile ».

Cette table, c'est la sainte Eucharistie, cette huile, c’est le don de l’Esprit-Saint. Fort de cette divine nourriture, fort de la vertu de l'Esprit, Louis Bertrand pouvait combattre vaillamment pour Dieu. Il trouvait dans sa pénitence, dans la verge et le bâton, symbole de sa sévère austérité, une consolation intime, celle d’unir ses souffrances aux souffrances du Sauveur.

Secrète : « Nous vous offrons, Ô Dieu, le sacrifice de cet autel, préparé pour nous par le Roi des rois Jésus-Christ et nous vous demandons, par les mérites du bienheureux Louis, d'y puiser force et consolation ».

Communion : « Je t'ai placé comme une lumière pour les nations, afin que tu portes mon salut jusqu'aux extrémités de la terre ».

Postcommunion : « Accordez-nous, Dieu toutpuissant et miséricordieux, que, en célébrant les mérites du bienheureux Louis, nous imitions : aussi ses vertus, qu’en les imitant nous fassions des progrès, et que, en progressant, nous puissions arriver avec lui au céleste royaume ».

Louis Bertrand mourut à Valence en 1581. Sa dernière maladie fut longue et douloureuse.

L'archevêque de Valence, son ami intime, voulant le soulager, le fit transporter dans une maison de campagne, où les soins les plus affectueux l’entourèrent. Il y expira le 9 octrobre, comme il l'avait prédit.

Son corps repose à San Esteban, son église

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