‹ La liturgie dominicaineChapitre 139 sur 178 · SAINT GRÉGROIRE LE THAUMATURGE · texte numérisé non relu

SAINT GRÉGROIRE LE THAUMATURGE

riches d'amour de Dieu, paraissent en ces premiers temps de l'Ordre des Prêcheurs, comme des soleils éclatants. Albert et Thomas incarnent le sens précis, authentique de la pensée dominicaine qui est de propager, d'éclairer et de défendre la foi. Saluons-les de loin avec la plus profonde, la plus affectueuse, la plus reconnaissante vénération. Ils sont nos Pères dans la foi, nos maîtres et notre plus grande gloire.

Saint Grégoire le Thaumaturge, Confesseur, Pontife.

MESSE : Sfatuit, p. [12], sauf ce qui svit.

Oraison : « Accordez-nous; Dieu tout-puis- . sant, que la vénérable solennité du bienheureux Grégoire, votre Confesseur et Pontife, augmente notre dévotion et le désir de notre salut ».

Evangile selon saint Marc, c. 11.

« En ce temps-là, répondant à ses disciples, Jésus leur dit : Ayez foi en Dieu. En vérité je vous le dis, celui aui dira à cette montagne : va-t’en et tombe dans la mer, mais le dira sans aucune hésitation dans son cœur, en croyant que ce qu’il dit arrivera, il en sera ainsi. C’est pourquoi je vous dis : Quand vous demandez dans vos prières, croyez que vous recevrez, et il en arrivera ainsi ».

Grégoire, évêque de Néocésarée, dans le Pont, est le modèle des croyants. Il avait une foi si certaine que les miracles se multipliaient à sa

parole. On le comparait aux apôtres. Aussi bien, se souvenant de la parole du Christ, il fit reculer une montagne qui empêchait de hâtir une église à un endroit convenable.

Il fit mieux.

Quand il entra dans sa ville épiscopale, il n'y trouva que dix-sept chrétiens. Au moment de sa mort, après des années de labeur æpostolique, il demanda combien il restait de païens à Néocésarée, On lui dit : dix-sept ! Dieu soit loué, reprit l'homme de Dieu, il y avait dix-sept chrétiens, quand j'y suis venu.

C'est plus beau de faire reculer le démon qu'une montagne. Mais pour les deux il faut la foi. Il faut se dire que, si nous sommes faibles et impuissants, Dieu, lui, est le souverain absolu de toute créature. La prière fait passer par nos mains {a puissance de Dieu. Mais la prière humble, la prière confiante, qui n’hésite ni dans la parole ni dans le cœur. Cefte prière-là est forte comme Dieu. Et quand elle commande, :tout être sent la majesté du Créateur et lui obéit.

La Dédicace des basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul.

MESSE : p. 333.

Cette solennité consacre la mémoire des tombeaux de saint Pierre et de saint Paul. Mémoire

glorieuse ‘et chère entre toutes aux fidèles du Christ. Car Pierre et Paul sont les colonnes de la foi.

Crucifié la tête en bas dans le cirque de Néron, que longeait la Via Aurelia, au delà du Tibre, au pied du mont Vatican, Pierre fut enseveli immédiatement dans une propriété chrétienne, de l’autre côté de la Via Aurelia, où déjà reposaient les premiers martyrs de Néron, brûlés vifs comme des torches ardentes dans ce même cirque.

Dès le Il° siècle, le prêtre Caius écrivait : « je puis te montrer les trophées des apôtres, car, soit que tu ailles au Vatican ou sur la voie d'Ostie, tu trouveras les trophées de ceux qui ont fondé cette Eglise. >» De nombreux témoignages de premier ordre s'ajoutent à l’affirmation de Caius. De sorte que le lieu précis où fut enseveli saint Pierre est déterminé de la facon la plus nette. Je ne puis citer ici ces témoignages 1.

Ce tombeau fut, pour les ‘chrétiens, un lieu ‘ de vénération, comme le centre de la vie chrétienne à Rome, Dès l’an 96, le Pape Anaclet éleva sur la sépulture de l’apôtre un monument ou mermoria de dimension suffisante pour lui donner asile à lui-même et à ses successeurs C’est ce que l’on appelle l’oratoire d’Anaclet, la cathédrale des Papes jusqu'à Constantin.

La loi romaine assurait à tous la liberté de sépulture et son respect. Riches et pauvres avaient le droit de s'élever des tombeaux le long des voies publiques et nul ne pouvait en violer la propriété. Même aux époques les plus sombres

1 Cf MORTIER, Saint-Pierre de Rome, p. 81 etss

et les plus sanglantes des persécutions, les cimetières, catacombes et lieux de réunion bâtis dessus, furent respectés. Valérien seul osa les violer. En. somme c’est par ses cimetières que l'Eglise eut à Rome et dans tout l’empire une situation légale.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que l’oratoire d’Anaclet, placé dans un cimetière légal, ait servi de lieu ordinaire de réunion aux chrétiens. Là, ils étaient chez eux, protégés par le droit commun.

Dans un rescrit impérial, Marc-Aurèle reconnait ce droit et le confirme. Il ordonne « que les cadavres qui ont reçu une juste sépulture ne soient jamais troublés dans leur repos ». Les suppliciés eux-mêmes — comme Pierre et Paul, ne doivent pas être refusés à ceux qui les réclament 1.

«Ces lois protectrices, inaugurées avant le Christianisme, quoique en dehors de lui, et confirmées dans leur développement pendant les

trois siècles de persécutions, ont un caractère

providentiel qui éclate à tous les yeux. L'Eglise entre naturellement dans le cadre légal, sans violence ; on dirait qu'il est fait pour elle, à sa convenance, tant elle s’y glisse avec facilité...2 » C’est l’origine de toutes les catacombes.

« Chose remarquable ! Le salut du monde vient par la mort du Christ, il sort d’un tombeau. Pour grandir et se répandre, l'Eglise suit la même voie. La mort assure sa liberté; te tombeau lui donne le droit de vivre, L'Eglise y trouve l’inviolabilité de ses domaines, l’immunité de ses habitations, la légalité de ses réu-

1, Cf, MORTIER, Saint-Pierre de Rome, p. 8x et ss. 2, Ibid.

nions Les empereurs et le Sénat, croyant protéger uniquement le droit des pauvres à pleurer leurs morts, travaillaient à la grande œuvre de l’évangélisation du monde. D’une main ils tenaient la. hache pour tuer les chrétiens, de l’autre la loi qui en sauvait la semence ».

Le tombeau de saint Pierre, protégé par la loi romaine, abrité sous l’oratoire d’Anaclet, attendit l’empereur Constantin pour être glorifié.

Constantin voulut faire vite. L’oratoire d’Anaclet étant situé près du cirque de Néron, mais de l’autre côté de la Via Aurelia, l’empereur se servit du cirque lui-même pour élever la première basilique de Saint-Pierre. Il appuya ses deux nefs de gauche sur les assises mêmes du cirque et bâtit l’ensemble de la basilique avec les matériaux du cirque démoli. De sorte que les pierres du Cirque de Néron — revanche divine ! — servirent à glorifier celui qu’il y avait crucifié. Aussi, sur les pierres on lisait dans la nouvelle basilique, toutes sortes d’in- Scriptions, sans suite, accolées au hasard de la construction.

La basilique Constantinienne s’enrichit des plus somptueuses décorations. Nous ne pouvons la décrire ici.

Le lieu le plus sacré, le plus cher à nos pères et le plus vénéré était ce que l’on appelait la Confession de Saini-Pierre.

On entend par « Confession » dans une basilique, l’endroit où repose le corps d’un martyr, ordinairement situé dans une excavation plus ou moins profonde sous l’autel majeur. Dans la basilique de Saïnt-Pierre, la Confession est donc

r. Cf. MORTIER, Saint-Pierre de Rome, p.81 ctss.

le ebe même où repose le corps de pr Pierre.

C'est le lieu même, aujourd’hui encore, où le corps de l’apôtre, détaché de la croix, fut déposé. Pour ne pas le changer de place, on l’a même laissé de biais. Il n’est pas dans l’axe de la basilique.

Constantin le renferma dans un sarcophage d'argent revêtu d’airain, ayant cinq pieds de chaque côté. Ce sarcophage fut placé exactement au lieu où était l’ancien, dans le même sens. Autour l’empereur éleva une chambre sépulcrale somptueuse, que l’on appelait la Chambre royale. Elle fut voûtée, mais de manière à ce qu'il y eût communication permanente entre le sarcophage et la basilique supérieure, entre Pierre et ses enfants. La voûte, arrivant au niveau du pavé de la basilique, fut recouverte d’une plaque de marbre, mais au milieu, un soupirail traversant l'épaisseur de la plaque et de la voûte, laissait un vide, de sorte que, en se baissant à plat ventre sur la plaque, au-dessus du soupirail, on voyait au fond le sarcophage de bronze, orné d’une croix d’or.

vie était de se traîner à genoux jusqu'à cette ouverture et par elle, de contempler le sarcophage du bienheureux apôtre. Ils y faisaient toucher, au moyen d’une gaule, des linges qu’ils remportaient chez eux comme un trésor.

Au IX° siècle, à l'invasion du Sarrasins, sous

le pontificat de Sergius II, on mura la voñte supérieure pour protéger le corps de saint Pierre. De sorte que, depuis cette époque, jamais on n’a revu le tombeau de l’Apôtre.

Tous ces glorieux souvenirs sont célébrés"

La joie de nos pères, la joie de toute leur …

en cette fête de la Dédicace qui nous invite à nous rappeler la foi de nos pères et à imiter leur tendre dévotion pour saint Pierre.

Ce qui vient d'être exposé s'applique parcillement au tombeau de saint Paul qui fut disposé de la même manière. Le grand apôtre fut enseveli sur la voie d'Ostie, dans une propriété chrétienne. Constantin bâtit également une basilique pour l’honorer. Comme celle de Saint- Pierre, ruinée par les siècles, elle fut restaurée à plusieurs reprises.

Chacun sait que la basilique de Saint-Pierre fut reconstruite de fond en comble. Cette reconstruction dura trois siècles. Des Papes et des artistes de génie unirent leurs efforts pour élever à l’apôtre un monument digne de lui.

Michel-Ange jeta dans les airs la merveilleuse coupole qui est, au-dessus de ce tombeau, comme une couronne de gloire. Et à la base de cette couronne on lit ces paroles du Christ : « Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise ». '

Le Pape Silvestre consacra la basilique de Constantin le 18 novembre.

Urbain VIII consacra la nouvelle basilique, ce même jour, en l’an 1626. Mais elle n’était pas encore terminée.

La baslique de Saint-Paul, entièrement ruinée par un incendie en 1823, fut reconstruite sur des plans plus vastes et de façon plus somptueuse,

Pie IX la consacra le 8 décembre 1854.

Tous ces souvenirs se pressent autour des tombeaux apostoliques. Ils nous racontent tout un passé de foi chrétienne. Ils nous redisent l’enseignement des fondateurs de l'Eglise, leur amour passionné pour le Seigneur Jésus. C’est

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leur sang versé pour lui que l’on glorifie par ces augustes monuments. Ce qui fait la grandeur de Pierre et la grandeur de Paul, c’est leur amour pour le Christ et cet amour nous pouvons et nous devons le posséder en nous.

Sainte Elisabeth de Hongrie, MESSE : Gaudeamus, p. [25], sauf ce qui suit.

Oraison :« Dieu de miséricorde, éclairez les cœurs de vos fidèles et, par la glorieuse intercession de la bienheureuse Elisabeth, faites-nous mépriser les joies du monde et nous réjouir des célestes consolations ».

La « chère sainte » connut les deux extrémités des joies et des misères de ce monde.

Princesse de haut lignage, souveraine de Hesse

et de Thuringe, elle ne se laissa pas éblouir par l'éclat de sa situation. Humble et détachée des biens de la terre, bonne à toutes les souffrances, elle offrait à Dieu le joyeux service de sa foi et de son amour. Il lui demanda davantage.

Son mari étant mort, Elisabeth fut dépossédée de ses états, réduite à l’indigence et chassée de son palais. Elle en sortit pauvre, conduisant par la main ses enfants devenus pauvres comme elle:

Et ce sacrifice noblement porté et noblement offert à Dieu lui fut plus agréable, que les plus

4 hé à

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