LE BIENHEUREUX DOMINIQUE SPADAFORA
vance austère, à urie vie grave, une vie foncièrement intérieure. Là est la vraie vie religieuse, celle de fond, qui s'attache uniquement à Dieu, fait de Dieu sa préoccupation ordinaire et devant lui met au point tout le reste. Cette vie religieuse substantielle on peut l’avoir partout, la porter partout, on a Dieu en soi-même. Aussi Dominique ne la perdit point quand on l’envoya étudier à Padoue, Il se livra à l'étude avec le même zèle qu'à l’observance. Car il savait que, pour un Prêcheur, la science est une des premières observances. Il prit ses grades de bachelier et de maître en théologie. Sa réputation de sainteté et de doctrine allait de pair. Vrai Frère Prêcheur, il se donna à l’apostolat de la parole de Dieu avec une éloquence telle que la foule affluait pour l’entendre. Mais l’on peut dire que son influence la plus pénétrante vint de ses exemples de vertu, plus que de sa parole. Très pauvre, très dégagé des faiblesses humaines, très dur à lui-même et compatissant pour les autres, il passait à travers les foules qu’il évangélisait comme un ange de Dieu.
Près de mourir, il appela auprès de lui les Frères, les exhorta aimablement à vivre dans la charité, dans l’observance de la règle dominicaine et à servir Dieu dans la joie. Il expira luimême rempli de cette joie divine, le 21 décembre
Belle figure dominicaine, austère et lumineuse, comme la figure même de notre bienheureux Père.
Quatre siècles après cette mort, en l’année même de son centenaire, le Pape Benoit XV mettait sur les autels ce grand religieux.
La liturgie dominicaine, -- VIII 27
Saint Dominique de Sylos, Confesseur, Abbé.
Oraison : « Dieu, qui avez illustré votre Eglise par les mérites éclatants du bienheureux Dominique, votre Confesseur, et qui l’avez réjouie par ses glorieux miracles dans la délivrance des captifs, accordez à vos serviteurs d’être dirigés par ses exemples et délivrés, par son patronage, de la servitude du péché ».
Illustre abbé de l’Ordre de Saint-Benoît, qui fonda, peut-on dire, par sa sainteté et ses miracles l’abbaye de Sylos, en Castille. Elle fut, de son vivant, l’une des abbayes les plus célèores de l'Espagne, Par un singulier privilège de la bonté de Dieu, le saint abbé, tout en ne quittant pas son monastère, délivrait les chrétiens prisonniers des Maures, qui se recommandaient dans leur détresse à sa protection. A cette époque les grands Ordres de la rédemption des captifs, Mercédaires et Trinitaires, n'étaient pas encore institués. L'œuvre de Dominique de Sylos. fut donc aussi bienfaisante que merveilleuse.
C'est de sa mémoire et de sa prière que notre Père tient son nom et c’est, pour le remercier, que l'Ordre célèbre sa fête.
Jeanne d’Aza, la mère du Patriarche des Pré-