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LE PATRONAGE DE LA S. V. SUR L'ORDRE DES F. P

nécessaire ; il la voyait dans des prédications morcelées, diocésaines. Mais à Prouille, la Mère de Dieu voit plus grand, et inspire à Dominique, non pas cette idée de prédication restreinte, mais la magnifique idée d'un Ordre, uniquement destiné à prêcher et à défendre la foi dans toute la terre. Un Ordre ne connaissant point de limites diocésaines, de frontières nationales, indépendant de la hiérachie ordinaire des sections administratives, mais soumis uniquement au chef suprême de l'Eglise, prêchant en son nom partout. Âh ! la belle idée ! que Dominique conçrit aux pieds de Notre-Dame de Prouille.

Et cette idée, venue de Marie, se réalisa par Marie, à Prouille même.

D'abord, Dominique y établit ses premières filles. Elles sont là comme les gardiennes vigilantes de sa pensée, chargées d'obtenir de Notre- Dame, le secours divin nécessaire pour bénir ses efforts et faire accepter par le Chef de l'Eglise sa grande idée.

Quand Honorius IIT lui eut donné, le 22 décembre 1216, la suprême approbation, Dominique révient en hâte à Notre-Dame de Prouille. Il veut remercier sa Mère, sa tendre Mère, de cette joie de son âme. Il lui dit sa reconnaissance que nous redisons nous-mêmes en ce jour du 22 décembre, admirablement choisi pour célébrer le Patronage de Marie.

Dominique fait plus. Voulant affirmer l'union profonde de son œuvre avec la très sainte Vierge, pour la lier indissolublement à elle, il convoque ses premiers fils à Notre-Dame de Prouille ct là, devant la sainte image de sa Mère, il reçoit leurs vœux, les vœux de ses filles, puis, il dirige chacun de ses fils vers les centres populeux

où ils doivent publier l'Ordre. Il les envoie à Madrid, à Paris, à Bologne, à Rome. Allez, enseignez la foi à toutes les nations. C’est le geste du Christ que renouvelle saint Dominique, car il s’agit, par la prédication universelle, de renouveler le monde, C’est de Prouille que les premiers Prêcheurs partent. Ils sont envoyés par Marie elle-même. U'’elle ils reçoivent leur mission, d'elle ils emportent la bénédiction maternelle, cette bénédiction de Marie qui SE toutes les grandes œuvres.

De Marie encore cette prédication bulsire qui se répand partout, sous le nom de Psautier de Marie ou plus gracieusement du Rosaire.

Comment saint Dominique la-t-il institué, en quel lieu précis, nous ne pouvons pas lPaffirmer, mais ce qui est certain, d’après de nombreux témoignages contemporains, c’est que la pratique du Rosaire ou salutation de la sainte Vierge distribuée en cinquante, cent ou cent cinquante Ave, était dès les temps les plus primitifs de l'Ordre une dévotion chère aux fils de Dominique, ceux du cloître et ceux autour du cloître, les amis et les imitateurs de la vie dominicaine. - Qu'elle ait été-inspirée par la sainte Vierge, elle-même, son succès universel, perpétuel ne peut en laisser aucun doute. Le Rosaire fut une des bénédictions les plus précieuses accordées à saint Dominique et à ses fils. Par'lui, leur prédication atteint les âmes les plus humbles et leur enseigne avec une piété filiale envers Marie, les éléments essentiels de la foi chrétienne.

Le Rosaire est demeuré, dans l'Eglise, la dévotion la plus aimée des âmes pieuses et, en même temps, le patrimoine familial de l’Ordre. Sur la famille dominiceine tombe sans cesse cette

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