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LE BIENHEUREUX IGNACE ET SES COMPAGNONS

Eucharistie. Il faut leur demander une obéissance absolue au- Vicaire de Jésus-Christ. Ce sont les deux biens principaux de la sainte Eglise.

Ajoutons, pour la consolation des âmes pieuses, que sur le lieu du supplice des Martyrs s'éleva un arbuste gracieux qui donna juste dix-neuf fleurs ravissantes. Il y avait dix-neuf martyrs.

Les bienheureux Martyrs Ignace et ses Compagnons,

De notre Ordre.

MESSE : Intret,p. [9].

Oraison : « Dieu qui avez voulu que la terre des Annamites fût arrosée par le sang des bienheureux Pontifes Ignace et Dominique et leurs compagnons, faites, par lintercession de si grands Martyrs, que la religion chrétienne y soit florissante ».

Ces Martyrs appartiennent à la Province des Philippines, cette Mère des Saints. Ils sont proches de nous, car leur supplice ne date que des premières années du XIX° siècle.

L'empereur d’Annam, Minh-Manh, un des plus féroces persécuteurs du Christianisme, résolut d’en finir avec le Christ en massacrant tous les missionnaires qui évangélisaient son empire. A

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leur tête se trouvaient Ignace Delgado et Dominique Henares, tous deux revêtus de la dignité épiscopale, tous deux originaires d’'Espagne. Le Père Joseph Fernandez et avec lui de nombreux prêtres tertiaires de l’ordre, d’autres prêtres séculiers et des laïcs, ayant l'office de catéchistes, aidaient les évêques dans leur ministère.

L'empereur ordonna d'arrêter les évêques d’abord, puis tous ceux qui tomberaient sous la main de ses émissaires. Ce fut une chasse effroyable aux chrétiens.

Les deux évêqués faits prisonniers, le Père Joseph et vingt-trois-autres chrétiens indigènes eurent à subir les plus cruelles tortures. Le vénérable Ignace Delgado mourut d’inanition dans la cage où il était enfermé. On ordonna de lui trancher la tête et de la jeter dans le fleuve. Trois mois après, des chrétiens la retrouvèrent aussi intacte que si elle venait d’être coupée.

Tous périrent de mort violente avec cinquante et un autres martyrs.

Grande fête pour le ciel, grande fête pour l'Eglise qui ne cesse pas de donner à Jésus des témoins généreux. Il est bon, dans notre siècle de pauvre foi, de faiblesse morale, de voir des âmes aimer Dieu au point de verser leur sang pour lui, Ces âmes saintes sont les plus beaux fruits de l'Eglise. Elles la consolent de tant de défaillances misérables. Et de plus, elles sont un témoignage vivant, irrécusable de sa perpétuelle fécondité ! L'Eglise meurt, dit-on. Tant qu’elle aura des martyrs, elle ne mourra point. Ils sont le signe de sa vie immortelle.

Saint jean Gualbert,

Confesseur, Abbé.

MESSE : Os justi, p. [18].

Oraison : « Seigneur, que l'intercession du bienheureux abbé Jean nous recommande auprès de vous, afin que, ce que nous ne pouvons pas obtenir par nos mérites, nous le possédions par sa protection ».

Evangile selon saint Matthieu, c. 5.

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Vous savez qu’il a été dit : tu aimeras ton prochain et tu auras la haine de ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous persécutent et qui vous calomnient, afin que vous soyez les enfants de votre Père, qui est dans les cieux, lui, qui fait lever son soleil sur les bons et les mauvais et tomber de la pluie sur les justes et les injustes. Si vous n'aimez que ceux qui vous aiment, quelle récompense mériterez-vous ? Les Publicains ne le font-ils pas ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faitesvous de plus ? Les païens ne le font-ils pas ? Vous, soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. »

Le cœur de Dieu, notre Père, est notre modèle. Il faut que notre cœur à nous, chrétiens, soit grand comme le sien.

Ainsi le comprit Jean Gualbert. Nous sommes avec lui, à Florence, en l’an mille. Jean était un jeune seigneur, portant l'épée. Son frère très

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cher, Hugues, fut tué, un jour, par un parent. Jean en ressentit une douleur profonde et dans son cœur une haine farouche, avide de vengeance, contre le meurtrier. Un Vendredi Saint, il le rencontra dans un endroit où il était impossible de s'échapper. Se voyant perdu, le meurtrier se mit les bras en croix. A cette vue, Jean pensa au sauveur Jésus, crucifié à pareïl jour et étendant ses bras sur la croix en pardonnant à ses bourreaux. Cette pensée le toucha si profondément qu’il abaissa son épée, embrassa son ennemi et le traita avec bonté. Peu après, Jean entra dans l’église de San Miniato, se prosterna devant le crucifix, et la tête du Christ s’inclina affectueusement vers lui. C'était lui dire : Jean, je suis content de toi. Il abandonna le monde, se coupa lui-même sa belle chevelure et embrassa la vie monastique dans l’abbaye même de San Miniato. Plus tard, il fonda une congrégation bénédictine qui du lieu où elle s'établit prit le nom de Vallombreuse, la vallée d'ombre. Ses religieux étaient à la fois moines et apôtres. Et lui-même, le premier, il s'employa pendant toute sa vie, à défendre la foi. La charité du Christ dévorait ce cœur qui s'était ouvert devant elle à deux battants.

Jean Gualbert mourut en l’an mil soixantetreize. ‘

I fait bon de rencontrer en cette période si rude, en pleins siècles de fer, des âmes aussi nobles, aussi pénétrées du sens de l’évangile. Jésus parle toujours, et le fracas de ses ennemis n'empêche pas sa parole d’être entendue par les âmes de choix. Aujourd’hui, cette parole est la même, elle est éternelle : Aimez-vous les uns les autres.

Le Bienheureux Jacques de Varazze, Confesseur Pontife, de notre Ordre MESSE : Sfatuit, p. [12].

Oraison : « Dieu, qui avez fait du bienheureux Jacques, Confesseur et Pontife, un remarquable prédicateur de la vérité et un ministre de la paix, accordez-nous par son intercession d'aimer la paix et la vérité et d'arriver ainsi jusqu’à vous qui êtes la paix suprême et la pure vérité ».

Jacques de Varazze, son lieu de naissance, au diocèse de Savone, en Italie, est du XIII* siècle. 11 fit ses études à Gênes où il avait pris l'habit de l’ordre. Homme grave, fidèle à l’observance, il avait pour le travail intellectuel un goût très prononcé. Professeur dans l’ordre, prédicateur éloquent, il prit rapidement la première place dans sa province. On a de lui un livre qui fit les délices du Moyen-Age. Il l'intitula la « Légende dorée ».C’est un récit des actes des Saints, mélangé de nombreuses et curieuses légendes, qui ne résistent pas à la critique. Mais nos Pères n’y regardaient pas de si près et s’émerveillaient de ces pittoresques aventures. Nos cathédrales sont remplies dans leurs chapiteaux et leurs vitraux des détails de la Légende dorée. Ce fut un des livres les plus lus et les plus aimés pendant des siècles.

ÉLESE ML Et NR> S +.

Jacques devint archevêque de Gênes. Cité turbulente alors où la discorde régnait en souveraine. Deux partis divisaient le peuple depuis cinquante ans. Jacques eut le bonheur, par le prestige de sa science et de sa bonté, de réconcilier son peuple. Ce fut une grande assemblée où les chefs des partis renonçant à leur haine et à leurs prétentions, se donnèrent le baiser de paix et s’obligèrent par serment à maintenir entre eux la paix. Jacques de Varazze fut ainsi un des grands Paciaires du XII siècle. Il mourut en 1298.

Paciaires nous devons l’être tous. C’est l'esprit de Jésus. Qui répand la discorde fait œuvre de haine, contraire au Christ. Qui propage la paix, qui la réalise, même à ses dépens, est sür d’être avec le Christ, le Prince et l’auteur de toute paix.

Saint Bonaventure, Docteur.

MESSE : /n medio, p. [14].

Oraison : « Dieu, qui avez donné à votre peuple le bienheureux Bonaventure pour ministre du salut, faites, nous vous en prions, que celui que nous avons eu sur terre comme Docteur

de vie, nous méritions de l’avoir comme intercesseur dans le ciel ».

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