‹ La liturgie dominicaineChapitre 66 sur 178 · LE BIENHEUREUX JACQUES DE MEVANIA · texte numérisé non relu

LE BIENHEUREUX JACQUES DE MEVANIA

le cœur de Dieu même un amour plus profond et plus tendre.

Jeanne-Françoise monta au plus haut de la perfection et, son œuvre accomplie, elle mourut à Moulins en 1641.

Force et tendresse, telle se présente cette sainte femme, qui est tout à la fois le modèle des femmes du monde, des veuves et des religieuses.

Le bienheureux Jacques de Mevania,

MESSE : Justus ut palma, p. [16].

Oraison : « Dieu, qui avez daigné, par une prodigieuse aspersion de votre sang, rassurer le bienheureux Jacques sur son salut éternel, dilatez également sur nous les entrailles de votre miséricorde, afin que profondément marqués du signe de la Rédemption nous soyons comptés éternellement parmi les brebis de votre droite ».

Nous sommes dans le délicieux pays de l’'Ombrie, à Spolète, où Jacques prit l’habit des Prêcheurs, dans sa jeunesse. Saint, très saint religieux, homme de grande vie intérieure et de grande activité apostolique, il mit tout son zèle à prêcher et à défendre la foi. Son austérité

était rigoureuse. Il dormait peu et comme son Père, Saint Dominique, trois fois par nuit, il se flagellait pour attirer la miséricorde de Dieu sur les pécheurs. Mais lui, qui se montrait un directeur éclairé pour les autres, qui consolait les affligés, qui fortifiait les faibles, qui parlait de la bonté de Dieu avec une conviction profonde, lui dont la renommée remplissait lOmbrie et les pays d’alentour, il était accablé d’angoisses. II se demandait avec une terreur effrayante s’il serait sauvé. Si douloureuse et si poignante fut sa désolation d'une pareille incertitude que le bon Maître qu'il servait eut pitié de lui. Un jour qu’il se tenait anxieux, presque désespéré, devant l’image de Jésus Crucifié, un flot de sang sortit du côté du Sauveur et se répandit sur lui. En même temps, une voix lui dit: Que ce sang soit pour toi le signe de ton salut.

Grâce inouïe qui remplit l’âme de Jacques d’une céleste consolation. Toutes ses angoisses, tous ses scrupules disparurent, Il mourut ainsi dans la douce paix du Seigneur en 1306.

A tous ceux qui ont péur de Dieu, qui, au lieu de regarder sa bonté infinie, s’attardent douloureusement sur leur propre misère, Jacques de Mevania crie : Regardez plutôt le côté ouvert du Sauveur ! Regardez son Cœur et vous recevrez, par la vertu toute-puissante de son sang précieux, la consolation et la paix. On peut donner ce Bienheureux comme patron et protecteur aux âmes scrupuleuses.

Saint Barthélemy, Apôtre.

LA MESSE

Introït : « Dieu, vos amis ont été mis en grand honneur ; leur puissance s’est fortement établie. — Seigneur, vous m'avez éprouvé et vous me connaissez. Vous me connaissez au repos, et vous me connaissez quand je suis levé ».

Oraison : « Dieu tout-puissant, éternel, qui nous avez accordé de passer ce jour dans la vénérable et sainte joie de la fête de votre bienheureux apôtre Barthélemy, faites, nous vous en prions, que votre Eglise aime ce qu’il a cru et prêche ce qu'il a enseigné ».

Nous prions ce saint Apôtre pour l'Eglise, car l'Eglise est portée par les apôtres : ils en sont les fondements inébranlables. C’est leur grand honneur, c’est leur puissance. Et l'Eglise vit de ce que les apôtres de Jésus ont enseigné. C’est par eux que la parole de Jésus s’est répandue dans le monde ; c’est par eux que le sacrifice de la croix et avec lui tout ce qui sort de lui : la sainte Eucharistie, le baptême, la pénitence, toutes les sources de la grâce, est devenu la propriété des hommes. Nous possédons toute la vie divine par les apôtres, par leur ministère.

La liturgie dominicaine. -- VIII 10

Et c’est pourquoi l'Eglise, propriétaire de ce trésor divin, fête avec allégresse ceux qui le lui ont confié. Les uns ont prêché en Asie, les autres en Europe, d’autres en Afrique, d’autres aux Indes, en Perse, peu importe. Peu importe même que nous sachions avec précision où ils ont parlé et ce qu'ils ont fait. Nous savons qu'ils ont parlé de Jésus, qu'ils ont tout dit de lui, qu'ils sont morts pour lui. Cela suffit. Leurs voix éparpillées à travers le monde ne font qu’une voix, comme leur sang ne fait qu’un témoignage à la vérité de Jésus.

Barthélemy est allé aux Indes, il est revenu dans la grande Arménie, il y est mort de façon cruelle, écorché vif. Mais il avait dit au monde ce qu’il devait dire de Jésus, dont le doux, l’impérissable souvenir consola sa détresse.

Epître de saint Paul aux Corinthiens, I, c. 12.

« Frères, vous êtes le corps du Christ, et ses membres, chacun à son rang. Les uns, Dieu les a placés dans l'Eglise en qualité premièrement d’Apôtres, deuxièmement de prophètes, troisièmement de Docteurs. Puis, c’est le don des miracles, celui des guérisons, celui d’assister, de gouverner, de parler diverses langues, d'interpréter ce qui est dit. Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils docteurs ? Tous font-ils des miracles ? Tous ont-ils le pouvoir de guérir ? Tous parlent-ils diverses langues ? Tous peuvent-ils interpréter ? Aspirez cependant aux dons les meilleurs. »

Chacun à sa place, dit saint Paul, et tout ira bien. C’est à Dieu qu’il appartient de répandre ses dons comme il lui plaît. Mais nous pouvons lui demander ce qui est le meilleur pour nousmêmes et pour le bien des autres.

Graduel : « Le bruit de leur voix s’est fait

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