‹ La liturgie dominicaineChapitre 69 sur 178 · SAINT LOUIS · texte numérisé non relu

SAINT LOUIS

Il fut le juste, celui qui d’abord rend à Dieu ce qui est à Dieu, comme au premier créancier, le créancier suprême de toute créature, et aux hommes ce qu’il leur doit en vue de Dieu.

Juste, aimable, gracieux, comme il convenait au premier chevalier de France. Bon à tous, simple d’allure, pur de mœurs, brave devant le péril, et surtout aimant Dieu de toute son âme, tel se présente le roi Louis. Il avait un amour de préférence pour les Prêcheurs et les Mineurs, qui à l’époque exerçaient autour d'eux la plus féconde influence. Blanche de Castille, sa mère, le confia à leurs soins. Devenu roi, il aimait à venir s'asseoir sur la paille, comme les autres écoliers, au pied d’une chaire où était assis Frère Thomas d'Aquin, au couvent de Saint- Jacques de Paris. Il écoutait avidement ses doctes leçons et, désireux de l'entendre plus intimement, il l’invitait à sa table. Mais Thomas, le silencieux contemplatif, y était bien distrait. Chacun sait qu’un jour, à cette table royale, oublieux du roi, oublieux du repas, absorbé par une pensée, il donna soudain un violent coup de poing sur la table, en s’écriant : c’en est fini des manichéens | Le saint Docteur avait trouvé un argument décisif contre eux. Le bon roi saint Louis sourit aimablement et fit immédiatement écrire l'argument de Frère Thomas,

Il prit pour confesseur le dominicain Geoffroy de Beaulieu. C’est lui: qui, par ses conseils, ses prières, ses leçons, a dirigé et formé cette âme de saint, simple et loyal, mais en même temps soucieux des intérêts de ses sujets, soucieux aussi de la liberté de son gouvernement. Pendant vingt-deux ans, Geoffroy de Beaulieu est à ses côtés. Il le suit partout, il l’accompagne

dans ses voyages, il le soutient pendant les batailles. Fait prisonnier avec le saint roi par les Sarrasins, il l’assiste dans sa prison. Délivré avec lui, il le console de la mort de sa mère, Blanche de Castille. Quand la triste nouvelle arrive, seul avec le roi, il le laisse pleurer silencieusement, puis il lui dit: « N’avez-vous pas assez pleuré ? Il conviendrait de penser à Dieu ». Le roi se leva, consolé, et ils récitèrent ensemble l'office des morts. À Tunis, au chevet de saint Louis, Geoffroy de Beaulieu est là, le préparant doucement à paraître devant Dieu. Il reçoit son dernier soupir.

L’âme magnanime de saint Louis doit bien quelque chose à son confesseur.

Graduel : « Seigneur, vous l’avez comblé des bénédictions de la douceur ; vous avez posé sur sa tête une couronne enrichie de pierres précieuses. — Il vous demanda la vie et vous lui avez accordé la vie éternelle.

Alleluia, Alleluia. Ce saint doit avoir une mémoire de grande louange, parmi les hommes, lui qui est passé à la joie des Anges ».

- Evangile selon saint Luc, c. 19.

« En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : Un homme de noble naissance, s’en alla dans un pays lointain pour y prendre possession d’un royaume et puis revenir. Il appela ses dix serviteurs, leur donna à chacun dix marcs et leur dit: faites-les produire en attendant mon retour. Mais les citoyens du pays où il allait l’avaient en haine. Ils envoyèrent donc des représentants qui lui dirent : Nous ne voulons pas de vous pour roi. Il prit cependant possession de son royaume et rentra chez lui. Il ordonna d'appeler ses serviteurs auxquels il avait donné de l'argent, afin de savoir combien chacun avait gagné. Le premier vint et dit:

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