‹ La Localisation des Industries UrbainesChapitre 108 sur 126 · IX · texte numérisé non relu

IX

Les caractères de la ville dont on peut discerner l’action sont eux-mêmes de trois sortes : des caractères généraux de la ville, globalement considérée ; des caractères spéciaux de son centre : enfin des caractères de sa

limite ou périphérie.

I. — Dès l’origine la morphologie de la ville a tendu, par plusieurs de ses propriétés, à en déconcentrer les fonctions industrielles.

La dimension du cercle urbain offre l'exemple curieux de deux causes contraires tendant, par des voies diverses, à la production d'un même effet. On a vu comment, à l’origine même de la ville différenciée, la petitesse du centre d'attraction nécessitait l’établissement industriel et commercial qui venait s y agréger à prendre par rapport à lui une situation périphérique qui, plus tard seulement, par la formation de nouveaux faubourgs, se muait en une situation centrale. Mais on a vu aussi comment, à l'inverse, l'extension de l’espace urbain tendait à un stade plus élevé, à une déconcentration locale des anciens méliers, et à la formation d'importants centres industriels dans les faubourgs.

Mais ce ne sont là que des germes, dont le développement devait s’opérer par l'intervention d’autres causes. La /orme de la ville allait y travailler, en prenant, à partir d'un certain état de développement de la ville, certains caractères qui déterminent le caractère discontinu de sa périphérie, dont on mesurera plus loin l’action. Les villes tendent toujours à se développer irrégulièrement « en étoile »; même celles qui, enser-

rées dans leurs fortifications, conservent un caractère

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compact et une forme plus régulière, voient aussi leur périphérie prendre un caractère discontinu, par la simple adjonction de faubourss, irrégulièrement dispersés autour d'elles.

Enfin la séructure interne de la ville agissait aussi à titre de condition, exactement comme dans la déconcentration continue; l'accroissement de son unité et'de sa mobilité internes rendait plus facile cette systématisation entre le centre et la périphérie qui résulte de leur différence fonctionnelle, en rendant aisés les échanges et les mouvements qu’elle suppose. Mais cette cause est ici d’une importance beaucoup moindre que pour la simple dissémination des établissements industriels En effet. les mouvements des biens et des hommes entre le centre et la périphérie sont, dans le type orésent, beaucoup moins fréquents; car c’est maintenant l'ensemble des actions constituant chaque fonction industrielle qui s'accomplit à la périphérie. Tout pour ainsi dire se passe à la périphérie; et même les organes industriels périphériques peuvent être sans rapport aucun avec le centre commercial ; leurs produits peuvent atteindre directement le groupe consommateur, sans être achevés ni entreposés au centre de la ville. Alors celui-ci perd son caractère proprement économique ; les liens se brisent entre lui et la périphérie. Le centre reste seulement le siège de ce qu'on a appelé la circulation intellectuelle, c’est-à-dire que là s’accomplissent les phénomènes juridiques qui sont la condition des échanges de biens

économiques par où les divers groupes professionnels

échelonnés se transmettent le produit dans ses états

successifs.

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