LE TYPE INDIFFÉRENCIÉ tri
préformés,; mais au lieu qu'ils soient tous liés les uns aux autres par une force qui leur est extérieure, c'est l'un d’eux qui attire l’autre ou les autres ; c’est pourquoi nous donnons à ce mécanisme le nom générique d'attraction. Jusque-là régnait entre les parties de la ville une égalité relative; elles se supposaient toutes au même degré, et c'était en dehors d'elles qu'était la cause commune de leur rapprochement, il n’y avait dans aucune d'elles rien de particulier qui nécessitât es autres à s’y rattacher. Maintenant, au contraire, l’une des parties de la ville sert en quelque sorte de centre de ralliement, autour duquel les autres viennent s’ordonner, et ainsi, au lieu que la ville se forme d’un coup, c'est successivement que ses parties viennent s'agréger à l’une d’entre elles.
Par là encore cette formation est un pas vers la ville différenciée. Si les parties de la ville ne sont point encore différenciées dans leur fonction, elles le sont déjà dans leur importance : il y a entre elles une hiérarchie et par suite une organisation. La ville a maintenant un centre, avec des organes annexes qui lui sont subordonnés; mais ce centre n’est encore différencié
des autres organes que par son volume (1); autrement
1. Dans les villes ainsi formées, les faubourgs sont en effet normalement moins considérables que le centre d'attraction. V. Binger, Du Niger au golfe de Guinée, 1, 199 et sq. (Fourou, composée de trois villages, un très gros, entouré de deux murs d'enceinte et deux petits : v, plan, p. 200.) — G. Bourgin. Za Commune de Soissons, p. 262-263 (Senlis). V. le plan Caractéristique de Cambrai (deux parties de grandeur très inégale) dans Chastillon. Cartes des villes de France, p. 9%.
dit, la différenciation interne de ces villes est purement quantitative, el c'est pourquoi, au point de vue économique, ce sont encore des villes indifférenciées. Mais elles offraient un terrain tout préparé pour l'apparition
d’une différenciation fonctionnelle ou qualitative.
Mais ce processus lui-même présente des formes diverses selon la nature des éléments qui successivement viennent s’agréger les uns aux autres. Il y a ainsi quatre cas possibles.
Ao Attraction d'une agglomération simple par une agglomération simple. — C'est un village qui en attire un autre, moins important, ou bien une citadelle ou un château fort — qui n’est, dans son état le plus simple, qu’un village dont la fonction militaire, qui caractérise tout village, est particulièrement développée — qui attire un autre établissement simple. Les éléments d’une telle ville sont, ou deux villages (1), ou un château et un village (2), ou un château et une abbaye (3),
1. Alfoeld, formée de deux villages, l’altes Dorf et le neues Dorf qui se GÉVEIOREe à côté : l’ensemble est désigné comme ville dès 1297 (Nedderich, in Forsch. zur deutschen Landeskunde, XIV, p. 89-90).
2. Le centre manorial était souvent formé du château-fort et du village des tenanciers à peu de distance (Andrews. The Old English Manor, p. 108, 111-112) et constituait ainsi par luimême un embryon de ville.—V. aussi Stouff. La description de plusieurs forteresses et seigneuries de Charles le Téméraire, Rev. bourg. Ens. sup., XII, p. 14, 61. Hautain, petite cité, fermée d’une muraille et dépendant d’un petitchâteau. — V, aussi Vigié. Les Bastides du Périgord, p. 6-68 : nombreuses petites agglomérations formées d’un château et d’un bourg fortifiés.
3. Exemple : Foix à son origine (Expilly, Dict. g'éogr. des Gaules, 1IÏ, 195) ; Cannobio (Lattes. Zl diritto consuetudinario delle città lombarde, 1899, p. 159).