I. LE TYPE INDIFFÉRENCIÉ
Is s’éliminent d'eux-mêmes. La ville n'étant plus issue d’une simple contraction du milieu externe, son organisation ne peut plus s'expliquer comme un simple prolongement de celle de ce milieu ; l’état de guerre tendrait plutôt à fondre étroitement les parties et à faire de la ville une unité géographique compacte.
IL ne reste donc comme causes déterminantes que des caractères de la ville elle-même, ou plus exactement des propriétés de ses éléments puisque ceux-ci sont semblables. Mais un certein nombre de ces caractères peuvent aussi être éliminés. Parmi les caractères morphologiques, il y en a bien un qui est déterminant; la fortification qui entoure chaque partie est un obstacle puissant à leur fusion ; mais on va voir que ce caractère se rattache lui-même à la différence d'âge des parties. Quant aux caractères fonctionnels, leur action est écartée de plein droit; point de différence fonctionnelle entre les parties qui rende utile ou nécessaire leur séparation géographique. Il resterait comme cause possible une différence d’origine des établissements, qui pourraient être le fait de groupes d’origine ou de « race » diverse; mais l'identité du plan élimine cette hypothèse (1).
Ces caractères des parties éliminés, il n’en reste qu'un:
leur âge. La différence d’âge des parties est donc la cause
villes grecques(Hirschfeid. Zur Typologie griechischer Ansiedlungen, Mélanges Curtius, p. 358-359, et Baumeister. Denkmæler des Klassischen Altertums. V° Stadtanlage, HI, 1696- 1698, plans).
1. Dans les villes occupées ainsi par des groupes d’origine différente le plan des établissements est généralement difiérent (V. Fritz, op. cit.).
déterminante de leur séparation locale. Il faut voir par Leu intermédiaires l’une a pu conduire à l’autre.
Ce sont des nécessités diverses, à la fois mentales et matérielles.
Les premières sont les moins agissantes ; mais elles sont les plus spécifiques, les plus caractéristiques. L’opposition morale entre des groupes sociaux suffit à les séparer localement : or, la différence d'âge des éléments d’une société suffit à engendrer entre eux des oppositions morales de ce genre. Des nouveau-venus, sans même être de race différente, sont facilement tenus à l'écart par la population autochtone (1). La distance spatiale de leurs origines n’est pas seule à faire les individus et les groupes étrangers les uns aux autres : la distance temporelle y suffit.
Mais la différence d'âge des parties entraine avec elle des nécessités matérielles de séparation, qui sont plus impérieuses. La morphologie de l’agglomération initiale contraint les nouveau-venus à constituer un établissement à part ; en raison de l’état de guerre elle est petite et compacte et entourée d'une fortification qui gène son développement et limite en quelque sorte. sa
capacité. Mais sa fonction tend aussi au même résul-
1. Arboïs, villa gallo-romaine, reçut successivement deux colonies de Burgondes dont la seconde, tard venue, ne fut pas admise à habiter dans le village : « soit manque de place, soit désir d’éloigner des hôtes exigeants et grossiers, on les relégua de l’autre côté de la rivière ». (Stouff, Les comtes de Bourgogne et leurs villes domaniales, Nouv. Rev. hist. de droit, XXI, 1898, p. 354). Leur origine n’y était pour rien, puisque la première colonie burgonde avait été accueillie.