I. DÉCONCENTRATION DE L'INDUSTRIE
tion quant à son éfendue: les premières industries à domicile sont limitées au cercle urbain (1); puis elles s étendent aux faubourgs (2) puis au plat pays environnant (3), embrassant un cercle de plus en plus large qui dans les formes modernes, devient régional et même
national (4). Dans ces derniers cas l'organe lui-même
santes : v. à ce sujet Espinas et Pirenne, Documents, I 79 (constatation officielle d’impuissance).
b) Les corporations interviennent aussi directement dans la lutte contre l'industrie rurale. — Des Marez. Org. du travail à Bruxelles, p. 425 sqq. — Nübling. Ulm's Baumwollweberei im Mittelalter, Forschungen de Schmoller, IX, 5, 1890, p. 149 sq. — Gross. Gild Merchant, I, 52 (gilde marchande de Derby, 1330). — Thonnar. Le tissage de la laine en pays wallon, in In. dom. en Belgique, VI, p. 58, note.
c) Non seulement la ville et la corporation luttent contre l'industrie rurale; mais la ville lutte contre l’extension de son industrie à d’autres villes : la lutte entre Ypres et Poperinghe est célèbre : V. G. Van Severen. Coutume de Lombardside, Loo et Poperinghe, 1902, p. 320-321 et N. de Pauw. Ypre Jjeghen Poperinghe, Gand, 1899. — V. Gross. Gild Merchant, IL, 155 (Lutte entire Norwich et Lynn). — Espinas et Pirenne. Documents, 1, 623 sqq., 633 sqq. (Ypres et Commines.)
I. V. G. Espinas. Jehan Boine Broke, drapier douaisien (Vüiert. f. Soz. und Wirtschaftsgeschichte, XL, 1904, p. 53, 55), tous les établissements de l’entreprise sont renfermés dans la ville,mais il y en a dans toute l'étendue de la viile. De nos jours l’industrie parisienne du vêtement, qui a son centre commercial dans le quartier du Temple, est répandue dans toute la ville : V. Office du Travail. La petite industrie, 1, le vétement à Paris, p. 581 sqq.
2. Espinas et Pirenne. Documents, 1, 156 (Arras 1367 : « tout tisserand porront tistre toute draperie en la ville ef es fourbours.. » — V. Ogée. Dictionnaire géogr. de la Bretagne, W, 13 (Dinan : faubourgs occupés surtout par des tisserands). V. dans Hunter. Impérial gazetter of India, XW, 166, la description d'une ville hindoue (Salem) qui forme un centre commercial, les tissserands étant fixés dans un faubourg.
3. Espinas et Pirenne. Documents, I, 168, 169. «... que tous draps qui seront faits en la dicte ville et eschevinag'e, d’Arras. » — Cf. Coutumes de la ville de Gand, 1, 493 : obligation de fouler dans l’échevinage de Gand. En Angleterre la laine était le plus souvent filée dans un rayon de 15 à 20lieues (Mantoux. Révolution industrielle, p. 42).
4. V. Enquête sur l'industrie de la lingerie, 1, 1908, p. 34 : une seule maison de Paris fait travailler à la fois à Paris, dans le Centre et dans les Vosges ; elle a 80 ouvriers à Paris contre 720 en province.
devient aussi étendu que la fonction ; dans les premières formes, au contraire, l’aire géographique occupée par l'organe et celle de la fonction sont d'étendue différente, la seconde étant beaucoup plus considérable que la première.
Mais il existe des degrés aussi quant au nombre et à l'importance des fonctions décentralisées. À ce point de vue la déconcentration est toujours partielle ; maïs elle l’est plus ou moins. C'est dans les industries textiles — où, pour des raisons qui seront exposées, s’est surtout à l'origine développée la décentralisation de l'industrie — que se voient le mieux ces degrés. A l'origine, la déconcentration atteint seulement les premiers actes du processus productif (1), s’arrêtant après le plus important d’entre eux, le tissage (2); puis elle frappe le foulage (3),
et atteint enfin les opérations subséquentes (4). Quand
1. Le filage seul est d’abord fait à lacampagne. — Dechesne. Evolution de l’industrie de la laine, p. 55.— Hobson. Ævolution of modern capitalism, p. 32. — O. Wiedfeldt. Statistische Studien zur Berliner Industrie vom 1910 bis 1890, Forsch., XVL, 2. p. 165, 167. — Espinas et Pirenne. Documents, I, 326 (Béthune : interdiction seulement du fissag'e rural.
2. Le tissag'e rural est le cas le plus fréquent. — Dechesne, op. cit., p. 60. — Faucher. Etudes sur l'Angleterre, 1, 391. — D. Berten. Coutumes du vieux bourg de Gand, I, 96, Cf. G. Willemsen. Contribution à l'histoire de l’industrie linière en Flandre au X VIII siècle, Gand, 1907 (Tissage dans les faubourgs et à la campagne).
3. Coutume de la Ville de Gand, 1, 696 : lettre de 151x constatant que les tisserands et foulons demeurent presque tous hors de la ville. V.aussi Davidsohn. Geschichte von Florenz, 1, 783-586 (foulage du drap hors la ville dès 1113). — Doren, Studien aus Florentiner Wirtschaftsgeschichte, TE, 619. — V. Giry. Histoire de Saint-Omer, 357, 537 : texte défendant seulement de faire teindre hors de la ville, et permettant par conséquent hors de celle-ci le tissage et le foulage.