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La locomotion à travers l'histoire et les moeurs

QUELQUES DOCUMENTS ACCUMULATEURS DE CE LIVRE ESSAI BIBLIOGRAPHIQUE ET ICONOGRAPHIQUE

n nous attelant à cette lourde charge cle La Locomotion à travers T Histoire, il ne nous est point venu l’enfantine prétention de vouloir faire une œuvre complète et définitive. Aussi n’avons-nous point intitulé ce livre : Historique des moyens de Transports, depuis les temps les plus, reculés jusques à nos jours. Tout au plus avons-nous songé à tracer un ensemble panoramique des différents véhicules en usage principalement en France à dater du moyen âge jusques à l’année présente qui clôt ce siècle.

Notre unique souci fut nécessairement de faire court, et, ne pouvant nous développer à loisir, — avec l’agrément des amples et fastueuses descriptions et l’art des peintures stylisées, — de donner à notre galop de course le plus de souplesse et d’élasticité possible, de façon à ne pas lasser la curiosité du lecteur bénévolement monté en croupe derrière nous.

Jamais heure, nous semble-t-il, ne fut plus propice pour la publication d’un ouvrage de ce genre, écrit avec une érudition légère et d’allure accélérée normalement appropriée à toute étude relative aux inventions cinématiques. Le sujet, en effet, se

LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE

présente si complexe et en quelque sorte si encyclopédique que cinq ou six cents gros volumes ne parviendraient pas à l’épuiser.

Ce xixe siècle qui agonise et dont beaucoup d’écrivains contemporains, — à l’occasion de notre prochaine Exposition, — s’appliquent déjà à rédiger le prodigieux bilan littéraire, artistique et scientifique, a certainement apporté à la Locomotion, si longtemps en état stationnaire et peu progressif, un renouveau considérable et des éléments d’action si puissants qu’il est déjà permis d’envisager l’évolution prodigieuse des moyens de transports au xxe siècle et la vie singulièrement modifiée qui bientôt en sera la conséquence.

Nous avons dû ne nous arrêter nulle part, n’entrer dans aucun détail précis; ne pas nous intéresser à l’art de la carrosserie, de la bourrellerie, de la sellerie; ne stopper ni en Orient, ni au pays des traîneaux, ne nous occuper aucunement d’Ordonnances et d’Édits relatifs aux voitures privées ou publiques, ne faire que de vagues incursions dans le domaine de la littérature et des estampes; passer, éperdu, dans une course volontairement folle et forcée, avec la notion des montagnes de documents alignés, que nous étions contraint d’abandonner sur notre piste. Nous ne pouvions donner hospitalité ni à nos souvenirs de lectures ni à nos visions personnelles, avec cette sensation féroce que la moindre badauderie, la plus légère flânerie intellectuelle serait préjudiciable à la performance de notre livre, déjà si compact et que devaient grossir encore les illustrations en et hors texte dont nous ne pouvions ni augmenter ni réduire le nombre.

Certes l’histoire de la Locomotion telle qu’on la rêverait est irréalisable, quelle que soit la bibliothèque qu’on lui puisse consacrer. Elle embrasse tous les mondes, tous les temps, tous les arts, tous les usages, toutes les littératures et toutes les sciences mécaniques. Une encyclopédie formidable donnerait à peine l’inventaire des matières qui s’y rattachent, et le seul lexique des véhicules terrestres, aériens, nautiques mis en circulation ù toutes époques et sur tous points du globe formerait déjà un dictionnaire difficile à manier. — M. A. Jal a publié un Glossaire nautique , in-4° à deux colonnes, qui ne contient pas moins de seize cents pages, bien qu’il ne soit consacré qu’à la navigation

PROPOS AVANT-COUREURS

ni

des anciens. — Considérant à part le Cyclisme ou Y Automobilisme , bien que de récente introduction dans nos mœurs, nous constatons que ces inventions n’en ont pas moins fait naître déjà des centaines d’ouvrages ; en Angleterre, la librairie des auto-cars compte plus d’un millier de livres spéciaux, sans compter les journaux, revues et magazines.

Pour les Ballons, Gaston Tissandier a dressé une Bibliographie aéronautique en un gros volume grand in-8°, qui, à peine imprimé, demandait déjà des suppléments. — Que dirions-nous des voitures? — M. Joseph Grégo, à Londres, prépare sur le Coaching seulement une étude d’ensemble, et déjà il recule effrayé devant l’énormité des documents à coordonner et la multiplicité des gravures à iconographier .

Oserait-on aborder les chemins de fer en un seul ouvrage, alors que des bibliothèques entières, qui déjà défient le Bibliographe, leur sont consacrés à la fois en Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Italie et dans tous les pays du monde. Rails, locomotives, wagons, machineries, tracés des voies ont fourni matière à sept ou huit cents ouvrages, peut-être davantage.

Le regretté comte G. de Contades publiait d’autre part, sur le Driving en France, il y a quelques mois, une très intéressante bibliographie sportive de 1547 à 1896, qui est une source de renseignements précieux. — Nous-même, enfin, avant d’entreprendre notre course à travers l’histoire des moyens de transports, nous avons recherché nombre d’accumulateurs et avons formé un dossier tout particulier de Documents bibliographiques , dont il nous plaît aujourd’hui de publier la majeure partie, ne serait-ce que pour montrer combien sérieusement nous nous étions pourvu de matériaux, avant d’ériger notre petit monument.

Cet essai bibliographique sera, nous l’espérons, une sorte d’index utile à ceux qui consulteront notre livre par la suite pour y puiser des renseignements. Avec ce que nous avons dû abandonner en cours de route, ils seront à même de développer et de compléter notre étude générale à laquelle on ne saurait demander plus que ce que nous pouvions donner en quelques centaines de pages égayées d’illustrations. Nous livrons donc ce bagage bibliographique comme reliquat de provisions inutilisées :

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