‹ La locomotion à travers l'histoire et les moeursChapitre 27 sur 247 · LA CHINE. — L’ÉGYPTE · texte numérisé non relu

LA CHINE. — L’ÉGYPTE

race aux trésors de la numismatique, aux peintures sacrées des monuments et des vases, aux sculptures, à ce qui nous est parvenu des récits d’historiens d’antan, nous pouvons reconstituer relativement avec aisance l’histoire de la locomotion dans l’antiquité. Ce qui semble moins facile, sinon impossible à établir, c’est l’origine même de cette locomotion.

La locomotion de la préhistoire ! Sans doute était-elle fort fruste et consistaitelle seulement en quelques grossières planches de bois, réunies par des travées et posées sur un rouleau fait d’un fût d’arbre. L’invention du traîneau fut certainement, — à l’âge de pierre, — contemporaine de celle de la première barque et de la première tente. L’humanité primitive paresseusement s’éveillait du chaos; nul n’avait encore pensé à asservir la matière et les animaux; le joug n’avait point courbé le front des bœufs ; le mors n’avait point enserré la gueule vierge encore des chevaux sauvages ; le dos

LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE

de l’éléphant ne s’était point tendu sous le poids formidable des tours de guerre. Seules, des hypothèses nous sont possibles sur ce temps évanoui de la préhistoire. Le traîneau primitif devait être l’unique moyen de transport, en usage dans les tribus. Encore les rouleaux n’en étaient-ils pas évidés à la façon des roues futures.

Deharme, qui est un des historiens les mieux documentés de la locomotion1, nous apprend que les roues des chariots catalans modernes sont à peu près semblables, par leur forme massive et grossière, à celles des transports de l’âge de pierre. « Ces roues — dit-il — sont de'simples disques ferrés, ayant i ou 5 centimètres de largeur, assujettis d’une façon grossière au véhicule qu’ils supportent et produisant, dans les chemins montueux des Pyrénées, un bruit strident et criard que prolonge encore la lente allure des bœufs qui y sont attelés. »

Il est certain que les véhicules aratoires furent les premiers employés et que l’usage du soc de charrue, mû par le mouvement des bœufs, remonte aux premiers temps de l’agriculture 2 3 4 5. Que l’homme recherchât un moyen de labour ingénieux et simple, rien n’était plus nécessaire à son génie naissant :î ; mais qu’il cherchât aussitôt à étendre ce mode à des transports plus compliqués, qu’au lieu de bœufs paisibles il cherchât à dompter le fougueux cheval, cela, devenait plus difficile. 11 y parvint pourtant, et les peuples, successivement, adoptèrent les chars pour les commodités des transports, des voyages, des promenades, et aussi dans l’art de la guerre. « La Chine est, croit-on, le premier pays qui connut le char \ »

Ensuite vint l’Egypte.

D’après des fragments qui nous restent des bas-reliefs de la Thébaïde, nous pouvons recueillir quelques indications sur la première locomotion égyptienne. Des rois et des guerriers armés, montés sur des chars de combat, tiennent, entre leurs mains, les guides des chevaux cabrés. Le prince que nous voyons représenté, le plus souvent % est certainement Ramsès le Grand, le même qui fut surnommé Meïamoun et que les égyptologues désignent généralement sous le titre de Sésostris. Sur un bas-relief un lion apprivoisé et

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