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La locomotion aérienne;

La solution de ce beau problème « La navigation aérienne, » ne semble pas devoir donner d'autre résultat pratique que de permettre le transport d'un nombre très minime de voyageurs, en vue d'eflfectuer des courses rapides, soit dans un but scientifique, soit pour assurer un service d'éclaireurs pour les armées en campagne, soit pour établir un service de correspondance lorsque les communications ordinaires sont interceptées, soit enfin comme moyen de distraction.

A ces seuls points de vue déjà, la résolution du problème ne serait pas dépourvue d'importance.

L'avenir fera connaître ce qui est réservé à l'extension de ce système de locomotion et quelles seront ses conséquences, comme il en a été du reste de toutes les découvertes qui auront précédé celle-ci.

Depuis des siècles, la recherche du vol, par le seul emploi de la puissance musculaire de l'homme, a occupé certaines imaginations, et de temps à autres, des audacieux, mal dirigés dans leurs conceptions, faute d'instruction suffisante, imaginèrent des appareils avec lesquels ils réussirent à se tuer ou à se casser quelque membre; mais rendons hommage à leur courage, à leur amour de la science, et profitons de leurs essais; il n'y a pas d'essai, si infructueux qu'il soit, eu égard aux

espérances qu'on en avait conçues, qui ne soit la source de quelque observation, de quelque lumière.

Plus récemment, on a étudié cette question en ayant en vue l'emploi des moteurs mécaniques, et deux directions principales ont été suivies dans les recherches.

L'une dite du moins lourd que l'air, consiste à diriger les aérostats, c'est-à-dire à trouver un moteur convenable, assez puissant sous un faible poids, et pouvant animer, d'une vitesse de 10 à 15 mètres par seconde, un ensemble moins lourd que l'air déplacé.

L'autre dite du plus lourd que Vair, consiste à imiter plus ou moins le vol des oiseaux, et à trouver encore un moteur assez énergique pour exercer, sur le milieu ambiant, une pression capable d'équilibrer le poids d'un ensemble plus lourd que l'air déplacé.

Ce n'est que dans ces derniers temps qu'on a abordé le problème d'une façon pratique en étudiant le vol des oiseaux, l'action de l'air sur les surfaces et sur les corps en mouvement dans sa masse.

Bien des points sont obscurs ou inconnus, et bien des - phénomènes inexpliqués, et par suite niés par des personnes très instruites.

Tous les observateurs ont vu des planeurs se diriger dans tous les sens sans développer, pour ainsi dire, le moindre travail moteur; qui n'a vu le tiercelet arrêté immobile pendant plusieurs dizaines de secondes contre le courant qui semblerait devoir l'entraîner.

L'hirondelle, la buse, la mouette, l'albatros, l'aigle, le vautour, la corneille et bien d'autres espèces font des tours semblables d'équiJibre dynamique.

J'ai recherché les lois mécaniques qui régissent ces phénomènes remarquables; je pense les avoir touchées de très près.

Je livre donc cette étude aux amateurs pour ce qu'elle pourra contenir de bon et d'instructif.

La question se résume donc en ceci :

Dans Fétat actuel de la science, et des moyens mécaniques dont on dispose, peut-on :

1° Animer les aérostats d'une vitesse suffisante pour lutter contre des courants d'intensité moyenne ?

2"* Elever et diriger des appareils plus lourds que l'air? Je réponds affirmativement à ces deux questions. L'Etude qui va suivre traitera :

1^ Des machines à vapeur puissantes pour un faible poids ;

2° De l'action de l'air sur les surfaces et sur les volumes en mouvement dans sa masse;

3^ Des puissances comparées des oiseaux et autres ani~ maux, de l'homme et des machines; proportions des poids, surfaces et pouvoir mécanique;

4° Du vol des oiseaux;

5^ Des propulseurs, leur choix, leur rendement ;

6° Delà forme des aérostats; leur direction;

7^ Des appareils volants, aéroplanes ;

8° Des moyens de procéder aux essais.

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