‹ La locomotion chez les animauxChapitre 65 sur 130 · MATURE HÉLICOÏDALE DE L'AILE · texte numérisé non relu

MATURE HÉLICOÏDALE DE L'AILE

arrangement, la marge antérieure ou épaisse coupe tranquillement l'air, comme furtivement, la postérieure produisant en toute occasion une violente commotion, spécialement perceptible en plaçant une flamme derrière l'aile vibrante. Il est vraiment surprenant que la conformation spirale de l'aile, et son action spirale aient si longtemps échappé à l'observation; et Ton me pardonnera de m'étendre sur ce sujet, quand je dirai que dans ma conviction, il forme le trait fondamental et caractéristique du vol, dont doivent tenir compte tous ceux qui cherchent à résoudre par des moyens artificiels ce problème si compliqué et si intéressant. L'importance de la configuration tordue ou de la forme hélicoïdale de l'aile ne peut être surestimée. Un fait montre l'association intime de cette forme au vol, c'est que les plumes rémiges de l'aile de l'oiseau sont chacune d'une nature spirale ; en fait, une penne est équivalente — morphologiquement parlant — à une aile entière d'insecte. Dans l'aile du martin où les os sont courts et à quelques égards rudimentaires, les plumes primaires et secondaires sont grandement développées, et encastrées de telle manière que l'aile, dans son ensemble, présente les mêmes courbes que celles déployées par l'aile de l'insecte, ou par l'aile de l'aigle où les os, les muscles et les plumes ont atteint le développement maximum. La conformation de l'aile est telle qu'elle présente une apparence ondulée dans toutes les directions, les ondes courant longitudinalement, transversalement et obliquement. La plus grande partie de l'aile peut donc être supprimée sans affecter matériellement sa forme ou ses fonctions. Ceci se prouve en faisant des sections dans diverses directions, et en trou-

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vant, comme on Ta déjà montré, que, dans quelques cas, on peut enlever jusqu'aux deux tiers de l'aile sans affaiblir visiblement la faculté de voler. La nature spirale de Taile se reconnaît facilement quand on la voit de derrière et de dessous, et quand elle est repliée de l'avant. Elle est aussi bien marquée chez certains oiseaux océaniques à longues ailes vus de l'avant (fig. 82 et 83, p. 218) et ne peut en aucun cas manquer d'être découverte si on la cherche, — les ailes étant essentiellement composées d'une série de courbes également remarquables par leur apparente simplicité et la finesse de leurs détails.

L'aile pendant son action renverse ses plans et décrit dans Vespace une courbe en forme de 8. — La torsion ou rotation de l'aile autour de son grand axe est particulièrement observable pendant l'extension et la flexion chez l'oiseau et la chauve-souris, et également chez les insectes, particulièrement chez le scarabée et la blatte, et ceux qui replient les ailes pendant le repos. Chez eux, pendant l'extrême flexion, le bord antérieur ou épais de l'aile est dirigé vers le bas et le postérieur ou mince vers le haut. Pendant l'extension, les marges en vertu de la rotation de l'aile autour de son grand axe, renversent leurs positions : l'antérieure ou épaisse décrivant une courbe en forme de spirale de bas en haut, la postérieure ou mince décrivant une courbe semblable mais opposée de haut en bas. Ces conditions, j'ai à peine besoin de le faire observer, sont renversées pendant la flexion. Les mouvements des marges pendant la flexion et l'extension peuvent être représentés avec une grande exactitude par une courbe en 8 placée horizontalement.

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