‹ La loge du portierChapitre 19 sur 19 · M. SELMA K · texte numérisé non relu

M. SELMA K

Eu effet... Eh! bien , quand ma fille se mariera... ce qui ne va pas tarder... nous verrons.

PHILIPPE

Ah! Monsieur, je suis tranquille... c'est comme si c'était déjà fait...

M. SELMAR.

Hein! qu'est-ce que cela signifie?

PHILIPPE

Que quand même nous connaîtrions la vérité, ce ii'tst pas avec des domestiques aussi fidèles et aussi dévoués à leurs maîtres , qu'il y a jamais rien à craindre. M. RAYMOND, bas à M. Selrnar.

lis sont au courant de tout.

M. SELMAR.

Puisque vous étiez *i bien instruits, pourquoi dès hier ne m 'a voir pas averti ?

AX NETTE

Meusieur sait bien qu'hier c'était impossible.

M. selmar , troublé.

Ah ! c'était... allons; il n'en ont pas manqué un.

M. RAYMOND

Ce n'est pas étonnant... si vous aviez pris les mêmes précautions que moi.

Mad. JACOB ? faisant la révérence a 31. Jïaymond.

Puisque Monsieur n'a pas de portier pour sa maison de la rue de Tournon , n°. 52 , s'il voulait prendre mon fils Jacob.

M. RAYMOND

Comment ! vous savez qui je suis?

Mad. JACOB.

Qui ne connaît M. Raymond, riche propriétaire de Marseille... J'ose croire que Monsieur en serait content, et que pour le zèle, l'activité, et la discrétion...

M. RAYMOND

Oui... il est à bonne école.

M. selmar ? bas à 31. Raymond.

Eh bien !... qu'en dites-vous?... et quel parti faut-iî prendre , pour échapper à la maligne curiosité de ces arg us ?

M. RAYMOND

Aucun, mon cher ami, et puisqu'on ne peut se sous- Iraire à cette surveillance intérieure... u cette inquisition domestique ; puisqu'il est impossible de leur cacher aucune de nos actions, tachons qu'elles soient toujours telles , qu'on n'y puisse rien blâmer , et rappelons-nous toujours ce poète qui disait :

La loge du portier Est le vrai tribunal oii se juge un quartier.

Air : De la Petite Lampe Merveilleuse.

( Dieux ! que c'est beau ! )

M. RAYMOND , à Jacob ,

De mon hôtel je te crois digne D'être portier : sois donc heureux ;

Mais retïeYis bien cette consigne :

Quand il viendra quelque fâcheux, Ferme bien la porte sT;r eux :

Mais lorsque vient l'humble mérite , Quand la beauté me rend visite, Sur-le-champ en portier discret :

Le cordon s'il vous plait.

M. SEOIÀR.

Qu'une maison soit opulente , Que le maître occupe un emploi; Soudain l'amitié diligente Frappe a la porte... ouvrez, c est moi , Croyez a mon zèle , à ma foi :

Mais le jour du malheur arrive.

Soudain l'amitié fugitive, S'écrie .* en faisant son paquet , « Le cordon s'il vous plaît. »

PHïLirPE.

Que d'importuns on voit en Fiance!

Combien je plains nos grands seigneurs ! On les voit aux jours d'audience Accablés de solliciteurs :

L'un voudrait avoir une place , L'autre s'avancant avec grâce , Dit : en présentant son placct , « Un cordon, s'il vous plait. »

MORODAN.

Oui , j'en conviens : de la Turquie J'aime assez les goûts et les mœurs ; On y vit sans cérémonie , On y meurt plus gaîment qu'ailleurs ; Sitôt qu'un muet vous arrête, Loin de fuir pour sauver sa tutc, On dit : en baissant son collet, « Le cordon, s'il vous plait. >»

jacob , au public.

?ue de portiers, dans leur paresse .

raignent de tirer le cordon ; Moi , messieurs , je voudrais sans cesse Avoir du monde a la maison :

Aussi , messieurs , je vous exhorte A venir souvent a ma porte Dire : en prenant votre billet.

a Le cordon , s'il vous plait. »

Page 1