TROISIÈME PARTIE
C'est doTic une injustice à Aristoto de reprocLer h. ces anciens pliiloaopiieB d'avoir ignoré une chose qa'U es) impossible d'ignorer, el de les accuser de ne s'Élre pas servi, pour expliquer la nature, d'un principe qui n'cxpliijuû rien ; et c'est une illusion et un sophisme que d'avoir produit an monde ce principe do la privation comme un rare secret, puisque ce n'est point ce que l'on cherche quand on tâche de découvrir les principes do lu nature. On suppose, comme uns chose connue, qu'une chose n'est pas avant que d'être faite; mais on veut savoir de quds principes elle est composée et quelle cause l'a produite.
Aussi n'y a-t-il jamais eu de statuaire, par exemple, qui, pour apprendre à quelqu'un la manière de faire une statue, lui ait donué, pour première instruction, celte leçon par laquelle Aristote veut qu'on commence l'explication de tous les ouvrages de la nature : Mon ami, la ■crémière chose que vous devez savoir est que, pour faire ime statue, il faut choisir un marbre qui ne soit pas encore cette statue que vous voulez faire ' .
n. Supposer pour i
■s qui est en question.
C'est ce qu 'Aristoto appcUle pédcion de priticipe', c& qu'on voit assez être enliÈrcment contraire i. la vraie raison; puisque, dans tout raisonnement, ce qui sert de preuve doit Ctre plus clair et plus connu que ce qu'on veut prouver.
Cependant Galiléel'accuse, et avec justice, d'Ètretombé .lui-mflmc diuis ce défaut, lorsqu'il veut prouver, par cet argument que la terre est au centre du monde.
La nature des choses pesantes est de tendreau centredu monde, et des choses légères de s'en éloigner;
Or, l'expérience nous fait voir que les choses pesantes