OBJET DE CET OUTRAGE
Il était naturel aux hommes de .suppléer à la faiblesse de leurs bras par les înoyeas que la nature avait mis à leur portée ; et ils ont été mécaniciens avant de chercher à Têtre. C'est ainsi qu'ils ont été logiciens : ils ont pensé avant de chercher comment on pense. Il fallait même qu'il s'écoulât des siècles pour faire soupçonner que la pensée peut être assujettie à des ^ lois ; et aujourd'hui le plus grand nombre pense encore sans former de pareils soupçons. Cependant un heureux instinct , qu'on nommait talent^ c'est-à-dire, une manière de voir plus sûre et mieux sentie, guidait à leur insu ^ les meilleurs esprits. Leurs écrits devenaient des ^ modèles ; et on chercha dans ces écrits par quel . artifice « inconnu même à eux , ils produisaient ^ le plaisir et la lumière. Plus ils étonnaient , plus ^ on imagina qu'ils avaient des moyens extraor** E dinaires ; et l'on chercha ces moyens . extra or- S^ dinaires quand on aurait dû n'en chercher que ^ de simples. On crut donc bientôt avoir deviné
C^ Z.OCIQIJE. 1
iCst ainsi que la nature nous force de coinmeBcer, lorsque, pour la première fois, nous faisoDs ^quelque usage des facultés de notre esj)rit. C'est elle qui les règle seule , comme elle, a d'abord réglé seule les facultés du corps; et , si dans la suite nous sommes capables de les conduire nous-mÔ9ies, ce n*esfc qu'autant que nous eontiouons.cpnune elle nous a fait commencer, et nous devons nos progrès aux premières leçons qu'elle nous a données. Nous ne commencerons donc pas cette Logique par des définitions, des axiomes, des principes : nous commencerons par ot^serrer fef leçons que la nature nôas donne.
Pans la première partie^ nous Terrons que Fanaljse est une méthode que nous avons apprise de la nature même ; et nous appliquerons , d'après celte méthode, l'origine et la génération , soit de9 idées , soit des facultés de l'âme. Dans la seconde , nous , consjdéçerQps l'analyse dans s,es moyens et d:ans s.e^ effe^t^., p\ V^ti de faisoqner sera réduit à ii,ne Ifuig^e bien faite.
Cette liOgîquç ne ressemblq à aitofoi^ de celles qu'on a faites jusqu'^ pré^nt. M*i* la nian;ière neu^e dont elle es^ trail^lé^ vnà doit pas être sçul son avantage ; il f^ijif QiM^Qi^e qu'elle soit la plus 3imple , la plus Cécile et la plus lumineuse.