CORRESPONDANCE DES CONTEMPORAINS
19 Souvenirs du baron de Barante (1782-1866), publiés par son petit-fils, Ch. de Barante (Paris, Calmann-Lévy, 1898, 8 vol. in-8). En 1815, Barante était préfet de la Loire-Inférieure. Il était
donc bien placé pour apprécier le rôle joué à cette époque par les
Conseils généraux. Aussi trouve-t-on, dans le tome IT, quelques
détails curieux.
20 Mémoires de Barras, membre du Directoire, publiés avec une introduction générale, des préfaces et des appendices, par George Duruy (Paris, Hachette, 1895-1896, 4 vol. in-8).
Au tome IV de ces mémoires très suspects, on trouve une appréciation tendancieuse du rôle joué par le duc et la duchesse d’An-
goulême en mars 1815. On n’en a pas tenu grand compte.
30 Mémoires de la comtesse de Boigne, née d’'Osmond, publiés par M. Charles Nicoullaud (Paris, Plon, 1907-1908, 4 vol. in-8). Dans quelques chapitres du tome II de ses mémoires, Mme de
Boigne consacre quelques allusions malveillantes à la campagne
du duc d'Angoulême. On ne s’y est guère arrêté.
ICS
40 Souvenirs (1785-1870), du duc de Broglie de l'Académie française (Paris, Calmann-Lévy, 1884-6, in-8).
On y trouve quelques renseignements, trop généraux pour être bien utiles.
59 Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (Paris, Plon, 1895- 1897, 5 vol. in-8).
Le maréchal notait ses impressions au jour le jour. Quelques remarques, relatives aux mois de mars et avril 1815, ont leur intéret.
69 Châteaubriand, Mémoires d’outre-tombe. Nouvelle édition, avec une introduction, des notes et un appendice, par Edmond Biré (Paris, Garnier frères, 6 vol. in-16).
Dans cette autobiographie, Châteaubriand ne s'arrête guère aux détails qui ne le concernent pas directement. Nous n’y avons trouvé qu’un récit très sommaire, et en style souvent emphatique, de la crise provoquée par le retour de l’Ile d’Elbe.
70 Mémoires du comte Ferrand, ministre d'Etat sous Louis XVIII,
publiés par le vicomte de Broc (Paris, Picard, 1897).
Ces mémoires nous renseignent sur les discussions provoquées au sein du cabinet, par le débarquement de Napoléon à Cannes et sur les décisions prises en Conseil des ministres du 5 au 20 mars
80 M. Guizot. Mémoires pour servir à l’histoire de mon temps. Nouvelle édition, Paris, Michel Lévy, 1872, 8 vol. in-16).
Guizot nous montre le désordre qui régnait partout en mars 1815 et nous fait toucher du doigt l’impuissance du gouvernement de Louis XVIIT. Surtout, il dépeint avec vigueur l'espèce d’indifférence, le laisser-faire qui caractérisait la population française lors de ce bouleversement général.
90 Mémoires et souvenirs du baron Hyde de Neuville (Paris, Plon,
1893, 3 vol. in-8).
Ces mémoires, fort intéressants pour les mois de mai et juin 1815 le sont beaucoup moins pour la période immédiatement antérieure. On y trouve c2pendant quelques détails utiles.
PNA es
100 Mémoires du chancelier Pasquier, publiés par M. le duc d’Audiffret-Pasquier (Paris, Plon, 1894-1895, 6 vol. in-8).
Au tome ITT, pages 148 et suivantes, Pasquier, alors directeur des Ponts-et-chaussées, expose le plan de résistance de Louis XVIII et des princes à la date du 19 mars 1815. Il conclut à l’inefficacité d'efforts fondés sur l'espoir d’une offensive provinciale contre Paris occupé par Napoléon. Cette opinion et d’autres, de même intérêt, font de ces mémoires une source assez importante.
110 Noël Joseph Proché. Annales de la ville d’Agen (1789-1819), publiés par M. Ad. Magen (Agen, Michel et Médan).
L’auteur de ces annales fut bibliothécaire de la ville d’Agen de 1810 à 1826 ; il a noté, au jour le jour, tousles événements saillants qui se passèrent en ville, toutes les nouvelles intéressantes qui lui parvenaient.
Sa bonne foi est évidente. Son récit des années 1814 et 1815 est toutefois légèrement teinté de royalisme. Par contre, M. Magen, qui a publié cet ouvrage, a des tendances nettement bonapartistes.
120 Mémoires du Prince de Talleyrand, publiés par le duc de Broglie (Paris, Calmann-Lévy, 1891, 5 vol. in-8). Talleyrand était à Vienne, en mars 1815. Cela enlève à ses mémoires, d’ailleurs suspects, la majeure partie de l'intérêt qu’ils pouvaient offrir pour cette époque.
139 Mémoires et correspondance du comte de Villèle (Paris, Perrin,
1904, 5 vol. in-8).
Villèle était, en 1815, un des membres influents du Conseil général de la Haute-Garonne. A ce titre, il a donné, dans le tome Ier de ses mémoires, des renseignements fort utiles sur l’organisation de la résistance à Toulouse, lors du retour de l’île d’Elbe. Il se montre très sévère pour Vitrolles, dont l'insuffisance lui a paru notoire en la circonstance.
140 Mémoires et relations politiques du baron de Vitrolles, publiés par Eugène Forgues (Paris, Charpentier, 1884, 3 vol. in-8). Vitrolles, commissaire extraordinaire du roi dans le Midi, en
Die
mars 1815, tend, selon sa coutume, à exalter son rôle et à dénigrer l'attitude des principaux personnages qui l’entou raient. C’est ainsi qu’au tome II de ses relations politiques, il critique, de manière acerbe, la conduite de Villèle et l'incapacité de Damas. Cependant, exagération mise à part, il n’en reste pas moins que, pour tout ce qui concerne le gouvernement royal du Midi en marsavril 1815, et le rôle des Conseils généraux à cette époque, les mémoires de Vitrolles restent les plus complets. Mais il ne faut s’en
servir qu'avec une extrême prudence,
3. — OUVRAGES ET MONOGRAPHIES POSTÉRIEURS CONTENANT DES RENSEIGNEMENTS UTILES
Ernest Daudet. La Terreur blanche (épisodes et souvenirs) (1815)
(Paris, Hachette, 3° éd. 1906, in-16).
Ce recueil d’anecdotes, dont la document ation n’est pas toujours suffisante, contient quelques renseignements sur le rôle joué par le duc d'Angoulême en mars et avril 1815 et sur l’organisation de son gouvernement. Malheureusement, l’auteur, malgré tous £es efforts, n’est pas toujours impartial, et ses assertions ne doivent être acceptées qu'après vérification.
Vicomte de Guichen. Le duc d'Angoulême (1775-1844) (Paris,
Emile Paul, 1909, in-8.
Cette sorte d’apologie ne présenterait pas un grand intérêt au point de vue historique, si son auteur n’avait pas eu l’heureuse chance de pouvoir consulter, entre autres, les archives privées de la famille de Blacas. Il y a puisé quelques documents de la première utilité, relatifs à la campagne et au gouvernement du duc d'Angoulême dans le Midi en 1815.
Henri Houssaye, de l’Académie française. « 1815 », tome Ie, La première Restauration, le Retour de l’Ile d'Elbe, les Cent Jours (Paris, Perrin, 1898, in-16).
Comme on l’a déjà signalé, la documentation de M. Houssaye,
lan, 5. +
par ailleurs si abondante, est très insuffisante pour ce qui a trait à l’ordonnance du 41 mars 1815 et à son application.
Paul Masnou. Le département des Pyrénées-Orientales endant les
Cent-Jours (Perpignan, Payret, 1899).
L'auteur de cette plaquette x très consciencieusement utilisé tous les documents dont il disposait à Perpignan. C’est dire que sa monographie contient un récit complet de l’agonie de la première Restauration dans les Pyrénées-Orientales.
O. Monge. La capitulation de Lapalud. Campagne du duc d’Angoulême dans Vaucluse (mars-avril 1815) (Avignon, Seguin frères, 1894). | L'étude de M. Monge rend, pour le département de Vaucluse,
les mêmes services que celle de M. Masnou pour les Pyrénées-
Orientales.
Alph. Paillard, préfet du département de Lot-et-Garonne. Histotre de l’hôtel de la Préfecture d'Agen. Recueil de travaux de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts d'Agen, 2° série, t. I (Agen, 1863, p. 70-123).
Cet article, assez bien documenté, et suffisamment exact dans Pensemble, a cependant un grave défaut, c’est qu’il affiche trop nettement des tendances bonapartistes. On ne peut donc l’utiliser qu'avec précaution.
Abbé Ph. Torreilles. Le Roussillon de 1789 à 1830, d’après les mémotres et la correspondance de M. J'aubert de Passa. Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales (38e vol. 1897, p. 201-274.)
Jaubert de Passa était sous-préfet de Perpignan pendant les
Cent Jours. La façon dont il narre les événements de 1815 dénote
un témoin averti et aussi impartial que possible.