D RO U VILLE
Je veux dire un refus.
MADAME RICHAUD, avec une douce sévérité.
J’avoue que l'idée ne m’en est pas venue ; je suppose seulement qu'Horace aura pu se dire que certains sacrifices doivent se faire à l’insu des parties intéressées, que si on en parle, on a l'air de demander un avis, et que, si on le demande, l acté perd ce caractère spontané qui le rend assez noble pour s’imposer, en allant droit au cœur.
DROUVI L LE.
Il n’y a rien à objecter; mais moi, chère madame Richaud, en conscience, puis-je rester ainsi vis-à-vis de votre fils?
MADAME RICHAUD, se levant..
Que pressentez-vous donc ?
DROUVILLE.
Que sais-je? Quand j’ai vu monsieur Horace et sa femme venir tous deux dans mon cabinet, m’intimer l’ordre de couvrir de leurs deniers le désastre paternel... J’ai été fort ému, je l’avoue... et d’autant plus que, par un singulier contraste, Morin sortait de mon étude quand ils y sont entrés I Lui... dont le fils...
MADAME RICHAUD
' Hein ?
DROUVI LUE.
Rien...
MADAME RICHAUD, à part.
Je m’en doutais!
DROUVILLE.
Et je crois qu’un moment je me suis dit, moi, l’homme des contrats : « C’est bien!... Et c’est le devoir, peut-être ? »
LA LOI DU COE U K
MADAME RICHAUD, A part
Peut-être !...
DBOIIV 1 1. LE.
Mais quand, resté seul à mon bureau, je me suis mis à libeller froidement les actes qui allaient leur enlever plus d'-un tiers de leur avoir... et cela, pour un intérêt étranger...
MADAME RICHAUD, vivement.
Étranger!...
... A la communauté !
M A D A M lî RICHAUD, A part.
Ils ont des mots ! . •