II Cor., XI
S. Paul n'entend pas le corps en tant que matériel comme si la matière était mauvaise en soi ou l'œuvre d'un principe mauvais, mais il entend les inclinations perverses de la nature déchue, les passions déréglées qui résident principalement en la chair, et qui chez l'homme non régénéré par le baptême entraînent la volonté loin du bien qu'elle approuve, vers le mal qu'elle voudrait éviter, et l'asservissent à la loi du péché ^.
Chez le baptisé lui-même, il reste quelque chose de ces tendances mauvaises, qui n'ont pas été entièrement effacées par le bain de la régénération. L'élément mortel qui est en nous n'a pas encore été transformé par la vie, et nous retient loin du Seigneur 2. Nous sommes encore, comme tout le reste de la création, emprisonnés dans le monde matériel^. Aussi la chair, quoique immolée en droit avec Jésus-Christ, n'est-elle pas en fait entièrement morte; le vieux levain demeure encore en nous malgré la célébration de la Pâque chrétienne, et nous devons nous en purifier chaque jour ^. Car nous ressentons au fond de l'âme les désirs de la chair opposés à ceux de l'esprit ^.
De là, pour quiconque veut vivre en chrétien, le
1 Rom., VII, 14-23.