Act., XVIII, 22 et xxi
mêmes. Paul et Barnabe vont trouver les apôtres et conférer avec eux au sujet de l'admission des Gentils dans l'Eglise. Quelques judaïsants veulent imposer à tous les fidèles, sans distinction d'origine, la circoncision et les observances mosaïques, mais S. Paul est d'un avis contraire et les apôtres approuvent son sentiment. Donc même problème, mêmes personnages pour le discuter, même solution. Cette similitude n'est-elle pas la preuve qu'il faut identifier les événements contenus dans les deux récits?
Toutefois d'autres critiques, parmi lesquels Weber, Belser, M^' Le Camus, ne croient pas devoir faire l'identification proposée, et admettent que le deuxième voyage de S. Paul raconté par l'épitre aux Galates coïncide non avec son troisième, mais avec son deuxième voyage raconté par les Actes. C'est l'hypothèse adoptée par les éditeurs de la traduction française du Nouveau Testament faite par M. le chanoine Crampon.
Les partisans de cette théorie insistent sur les divergences des deux récits. Les Actes parlent d'une assemblée générale des apôtres et des anciens, l'épître d'une conférence particulière de S. Paul et de ses compagnons avec les principaux apôtres. Les Actes citent une lettre contenant une décision définitive rendue au nom du Saint-Esprit par les apôtres et les anciens, l'épître ne dit rien
de cette décision solennelle et se borne à rappelé r que les apôtres ont constaté la conformité de l'enseignement de S. Paul avec le leur. Enfin, d'après le livre des Actes, le concile avait apporté au principe de la liberté des Gentils quelques restrictions nécessitées par les circonstances ; l'épître dit au contraire que les apôtres n'imposèrent aucune obligation spéciale aux chrétiens convertis par S. Paul.
Voici, sous forme de tableau, les principales divergences :
Gai., II, 1-2.
Je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabe, ayant pris Tite avec moi; je montai d'après une révélation et je leur exposai l'Évangile que j'annonce parmi les Gentils, je l'exposai en particulier à ceux qui sont considérés (xax' îSfav oè -otç ôoxouatv) de peur de courir ou d'avoir couru en vain.
3. On n'obligea même pas Tite qui m'accompagnait et qui était grec à se faire circoncire... 6-10. Ceux qui sont considérés ne in imposèrent rien de plus, au contraire...
Jacques, Céphas et Jean
Act., XV, 4-6.
Arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par toute l'Église, les apôtres et les anciens, et ils racontèrent ce que Dieu avait fait avec eux...
Les apôtres et les anciens s'assemblèrent pour examiner cette question.
23. Les frères, apôtres et anciens aux frères d'entre les Gentils qui sont à Antioche en Syrie et en Gilicie, salut... 28-29. Il a paru bon au Saint-Esprit et à nous de ne vous imposer aucun fardeau
qui sont regardés comme des colonnes nous donnèrent la main en signe de communion pour aller, nous aux Gentils, eux aux circoncis; ils nous recommandèrent seulement de nous souvenir des pauvres.
au delà de ce qui est nécessaire ([irjSèv îrXéov i;rtx{6sa6at
UpV PapOÇ îiXtjV TOÙTtOV TWV
ÈTïâvaY/Eç), savoir de vous abstenir des viandes offertes aux idoles, du sang, de la chair étouffée et de l'impureté.
On a cherché à supprimer ou du moins à atténuer ces divergences. Il y aurait eu par exemple des conférences avant la réunion générale. S. Paul, dit-on , insiste surtout sur les événements qui se sont passés dans ces conférences parce que les fidèles les connaissaient moins, et que ses adversaires en donnaient un récit contraire à la vérité.
C'est là sans doute une hypothèse qui parait concilier les deux récits, mais ce n'est qu'une hypothèse; et elle a cela de surprenant qu'aucun des détails du récit des Actes ne figure dans l'épître, et vice versa. En particulier, le silence de S. Paul sur le Décret du concile paraîtra singulier. Gomment, si l'Apôtre des Gentils peut se servir de ce Décret, ne dit-il pas aux fidèles : « Geux qui veulent vous obliger à vous faire circoncire désobéissent aux ordres du Saint- Esprit et de l'Eglise » ? Sans vouloir diminuer la valeur des explications données à ce sujet, la solution la plus simple n'est-elle pas celle qui consiste a supprimer toute difficulté en disant que
la décision n'avait pas encore été prise quand fut composée l'épître ?
Par contre, on peut fort bien admettre que S. Paul, après avoir été approuvé par S. Pierre, S. Jacques et S. Jean lors de son second voyage, se serait de nouveau heurté à l'opposition des judaïsants, que ceux-ci lui auraient suscité encore des entraves en Galatie et à x^ntioche, et qu'il aurait jugé nécessaire alors d'obtenir une décision écrite tranchant le différend d'une façon définitive.
En outre, il est vraisemblable que S. Paul a eu des conférences de cette nature avec les apôtres lors de son second voyage à Jérusalem. Il venait d'Antioche avec Barnabe et celui-ci avait été envoyé dans cette ville par les apôtres pour aviser aux mesures à prendre relativement à la conversion des Gentils. Si S. Paul passait sous silence ce second voyage, les Galates ne seraient-ils pas en droit de lui en demander le motif, et ses ennemis n'en prendraient-ils pas prétexte pour dire qu'il aurait alors reçu un blâme ? Du reste, à lire * l'épître, on est amené naturellement à penser que l'apôtre au chapitre second raconte son second séjour à Jérusalem, et qu'il était encore à cette époque « inconnu de visage aux églises de la Judée i » ; et pouvait-il se dire inconnu après deux vi-