M. DE FALLOUX A LA CONSTITUANTE
Comité du travail, et il y joua, dans des circonstances mémorables, un rôle qui a été violemment incriminé. Avec deux de ses collègues, il avait été chargé de conduire une enquête sur les ateliers nationaux. Il suivit cette question de près, dès le début. Il fut le rapporteur du Comité du travail pour le décret du 30 mai. Il fut aussi le rapporteur de la Commission spéciale, élue à sa demande, pour examiner le projet de loi relatif à ces ateliers, dont le ministre des travaux publics, Trélat, avait S^isi TAssemblée le 14 juin. En cette qualité, il monta à la tribune, le 23 juin, quand déjà Témeute grondait, et il y donna lecture d'un rapport concluant à la dissolution des ateliers nationaux, puis, à Touverture d'un crédit de 3 millions pour indemnités et secours à domicile à des ouvriers sans travail. Le dépôt de ce rapport, la lecture publique qui en fut faite, à l'heure même où naissait l'insurrection, ont été maintes fois taxés de provocation à la guerre civile^. M. de Falloux s'est défendu contre cette accusation. Il a affirmé d'une part, que ses collègues du Comité du travail, et ses collègues de la Commission chargée d'examiner le projet Trélat, parmi lesquels se trouvaient des républicains avancés, avaient été unanimes dans leurs résolutions, et d'accord avec lui, jusqu'au bout, à l'exception de deux dissidents qui, à la dernière minute, s'étaient montrés favorables à la temporisation ; et, d'autre part, que l'Assemblée, comme son rapporteur, avait obéi, le 23 juin, à un seul sentiment : le désir de prouver aux défenseurs de l'ordre qu'ils seraient soutenus, qu'ils pouvaient compter sur l'énergie de la représentation nationale^. On a répliqué que M. de Falloux, en s'inscrivant au Comité du travail, et en évoquant à lui, dès le premier moment, la question des ateliers nationaux, avait eu son plan. Ce plan, a-ton dit, consistait à pré-
1. a Tous ceux qui Vont entendu lire ce rapport ont gardé, à près d'un demi-siècle de date, le souvenir de cette voix claire, froide et posée, d'un son argentrn, qui sonnait le tocsin de la guerre civile avec la plus effrayante placidité. » Spuller, Jlist. pari., p. 134.