‹ La loi salique, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 30 sur 59 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

Christine, la relevant.

Je le crois !... je te crois !... relève-loi !... (En faisant signe de ne rien dire.) A personne! entends-tu Lien?

MARGUERITE

Soyez tranquille!... vous... moi... et Dieu... pas d'autres !

Christine.

C'est bien!... une femme!... moi... une femme!.., comme toi...

MARGUERITE

Dame ! il parait que oui.

CHRISTINE

Voilà donc d'où venaient cette timidité que je ne pouvais vaincre... cette faiblesse... ces frayeurs dont je m'indignais... oh!... je les comprends main tenant.., et bien d'autres choses encore... qui se passaient... (Portant la main à sa tète et à son cœur.) là... et puis là... ce cœur que j'ignorais... pour qui, mon Dieu, bat-il ainsi?

MARGUERITE

Madame...

CHRISTINE

Tais-toi... je ne te demande rien... je ne veux rien savoir... (La regardant.) Mais toi, Marguerite, tu es bien heureuse...

MARGUERITE

Moi...

Oui... l'on peut l'aimer... tu es jolie... tu es belle... mais moi... que sais-je?

MARGUERITE

Vous...

CHRISTINE

Qui me l'aurait dil ?... ah! si 'y pouvais...

MARGUERITE

Quoi donc ?...

CHRISTINE

Mon amie... ma compagne... la seule à qui je puisse me confier... il dépend de toi de me rendre un service... le plus essentiel, le plus grand...

MARGUERITE

Eh! mon Dieu. ..c'est tout simple... entre femmes!...

CHRISTINE

Oui... entre femmes... c'est vrai... nous sommes femmes! alors on peut tout se dire...

MARGUERITE

Certainement...

Christine, hésitant.

Eh bien !... eh bien!...

marguerite, la pressant.

Parlez donc?...

Je voudrais me voir en femme...

MARGUERITE

Est-il possible !...

CHRISTINE

Avec une robe... une jolie robe... j'en meurs d'envie.

MARGUERITE

Cest si naturel.

CHRISTINE

Mais la moindre imprudence peut me perdre... si l'on me voit ainsi... j'expose à la fois... ma couronne et mes jours, peut-être.

MARGUERITE

Oh! n'y songeons plus.

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