SCENE I
DANIEL
Oui.
MARGUERITE
Pardi, monsieur, le beau mérite ! si je vous donne des preuves claires et évidentes, comme le jour... vous daignerez y croire!... v'ià une belle marque d'estime et de confiance!... Quand on aime, monsieur... on se dit : « J'ai vu... vu par mes yeux... mais elle me dit le « contraire... il faut donc que j'ai tort!... » voilà l'amour, monsieur... l'amour véritable! je n'en connais pas d'autre.
C'est le mien... c'est celui que j'éprouve!... La preuve, c'est que je me creuse la tête à te justifier... sans en venir à bout... Je cherche toujours quelle raison le roi pourrait avoir à l'embrasser... Que diable !...ce ne sont pas des raisons d'état ..
MARGUERITE
Au contraire... c'en étaient !
DANIEL
Ah bah !... et comment ça?...
MARGUERITE, à dtlHf-Voix.
Je suis obligée de me taire dans notre intérêt à tous deux... tels sont les ordres que j'ai reçus... et les ordres du roi...
DANIEL
Mon Dieu ! je les respecte!... mais sans y manquer... tu peux bien me dire au moins... car j'étais venu pour l'interroger.
MARGUERITE, (l part.
C'est bon à savoir...
DANIEL
Tu peux me dire... d'où tu viens... il n'y a pas d'indiscrétion à cela !...
MARGUERITE
Et si je te faisais , à toi , la même question... que nie répondrais-tu?...
damel, embarrassé.
Je dirais. ..je dirais. ..que je viens de chez unegrande dame, la duchesse d'OIdembourg.
MARGUERITE
En vérité !
DAMEL
Mais il n'y a pas de danger... tandis que toi... explique-moi seulement...
MARGUERITE
Il ne s'agit pas de moi, monsieur; je vous demanderai ce que vous alliez faire chez cette grande dame...
DAMEL
Rien... c'est elle qui m'avait emmené... dans son palais.
marguerite, avec défiance.
Dans son palais!...
DAMEL
Pour des affaires de la plus haute importance.
marguerite.
Lesquelles?
damel.
On m'a défendu d'en parler.
marguerite.
Lesquelles ?
DAMEL
Ça concerne le roi...
On frappe à la porte de la chambre de Marguerite.
Silence !...
DAMEL
11 y a donc quelqu'un qui est là... renfermé dans ta chambre... (Covrant à la porte.) El la clé n'y est pas!
MARGUERITE
Silène:', te dis-je!
dahiel, près de lu porte.
Si c'était le roi!
MARGUERITE, à part.
Ciel!... (Haut.) Y penses-tu ?...
daniel, regardant par la serrure.
Une jeune fille...
MARGUERITE
Une de mes compagnes.
DANIEL
Devant une glace... elle est à sa toilette...
MARGUERITE
Eh bien! qu'est-ce que vous regardez donc?...
DANIEL
Impossible de savoir... mais c'est une jeunefille... Je suis rassuré!... (On frappe de nouveau.) Air : Car, il faut qu'on pense qu'au château d'Aymon, (des i fils Aymon).
MAIIGCEB1TE.
Va-t'en ! va m'attendre Au bord du canal.
De toi j'veux apprendre Ce secret fatal !
DANIEL
Vous êtes bien bonne .
Mais on me l'défend !
Marguerite.
El moi je l'ordonnei...
DANIEL
Ab ! c'est différent...
Je Tais vous attendre Au bord du canal,
oi ACTE II,
Et j'vas vous apprendre - Ce secret fatal !
MARGUERITE
Va-t'en ! va ni'altendre, etc.
(Daniel sort par la porte du fond. ) SCÈNE II.
MARGUERITE, allant ouvrir la parte. CHRISTINE,
qui n'est pas encore complètement habillée.
CHRISTINE
Mais viens donc, Marguerite; viens à mon aide... Estce que j'ai l'habitude de tout cela?
MARGUERITE
Me voilà, Sire...
A la bonne heure, car je ne m'y reconnaissais pas !... (Lui montrant ce qu'elle lient à la main.) Qu'est-ce que c'est que ces tuyaux plissés ?
MARGUERITE
C'est une collerette... mais sans elle, vous serez mieux... ça cache moins ! car c'est étonnant comme vous êtes gentille sous ces habits... on dirait que vous avez été demoiselle toute votre vie.
CHRISTINE
En vérité !
marguerite, lui montrant le miroir.
Regardez-vous plutôt... hein! et maintenant, Sire...
je veux dire, madame, laissez-moi vous attacher ce
cœur et cette croix d'or... tout ce que j'ai de bijoux...
Christine, se mirant dans la glace.
Ah! je les aime mieux que les joyaux de la couronne.
marguerite.
Et moi aussi... maintenant... car c'est bien de l'hon-