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LA LOTERIE NATIONALE DE SAXE

Au xvuie siècle, le nombre de loteries organisées par les villes de la Saxe s'élevait à 40. A cette époque de guerres, on se servait des bénéfices procurés par ce jeu pour le règlement des engagements des municipalités endettées.

Vers 1713, la Saxe organisa une première loterie comprenant 10.000 billets du prix de 100 thalers chacun. Celle-ci, comme les deux suivantes, dont les bénéfices devaient être destinés aux œuvres d'utilité publique, fut défavorablement accueillie par la majorité de la population. D’autre part, la loterie de Brunswick faisait une grande concurrence aux loteries organisées par l'Etat de Saxe. Ce n’est que vers 1789 que l'interdiction de la

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vente des billets de loteries étrangères permit à la loterie nationale de s'organiser définitivement dans le pays et, par suite, d'augmenter le nombre des billets en le portant à 32.000. A la fin du xvinre siècle, une nouvelle loterie fut organisée à Dresde, dont les bénéfices devaient servir à la construction de prisons et de maisons pour les ouvriers. Toutes ces loteries durent jusqu’en 1831 et ne se ressentent point de la Révolution française ni des guerres de 14806 à 1813.

En 1831 s'ouvre une nouvelle période par la fusion de deux loteries existant en Saxe, celle de Dresde et celle de Leipzig. C'est en cette année que la première loterie royale de Saxe, avec 35.000 billets, fut organisée.

La ville de Leipzig, qui se voyait accorder au début 45 % des bénéfices, céda définitivement ses droits à la loterie contre un paiement forfaitaire de 190.000 thalers. À partir de ce moment, nous assistons à un développement continu de la loterie qui fait passer le nombre de ses billets de 35.000 à 100.000.

En même temps, pour faire face à la concurrence des loteries des petits Etats, la Saxe régla ce problème épineux à l’aide de conventions. D’après celles-ci, les petits Etats accordent, pour une période déterminée, à la loterie de Saxe, la concession de la vente des billets sur leurs territoires contre une certaine indemnité. Mais, avec l'augmentation de la vente des billets, les parlements des petits Etats réclamèrent une majoration de leurs indemnités. Ces demandes exagérées forcèrent la Saxe à ne plus renouveler les conventions avec les pays en question. Ceux-ci,

pour ne pas perdre leurs bénéfices, organisèrent des loteries à.

part ou entrèrent en relations avec la loterie de Prusse (1). Au commencement du xx® siècle, une crise des loteries éclata

dans toute l'Allemagne. Les petits Etats qui augmentèrent le

nombre de leurs billets de loterie, malgré le rétrécissement du débit national, s’efforcèrent partout de conquérir les débouchés du voisin. La Saxe souffrit particulièrement de cette crise puisque, à cause de la dénonciation des traités, la vente de ses billets diminua de plus en plus. :

D’autre part, le gouvernement central du Reich, par l’augmentation de l’impôt sur lesbillets, rendit leur placement

1. W. Oehme, Die Sächische Landeslotterie, Dresden, 1926, chap. III,

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encore plus difficile. En même temps, des pourparlers furent engagés entre la Saxe et la Prusse afin d'aboutir à une entente convenable entre les deux loteries. Mais la Prusse, qui poursuivait une politique d'absorption d’autres loteries, ne voulait pas accepter les propositions formulées en vue d’un contingentement des billets ni d’une participation aux bénéfices de la loterie de Saxe. Les conditions posées par la Prusse marquèrent une tendance très nette à obliger la Saxe à renoncer à l’exploitation indépendante de la loterie nationale. Par là même, le gouvernement saxon se vit forcé de renoncer à l’idée d’une entente convenable entre les deux pays.

Cependant cet insuccès temporaire ne découragea pas la Saxe, qui sut, par une politique prudente, surmonter une situation gênante. La loterie regagna son ancien prestige et elle était

. même arrivée, avant la guerre mondiale, à augmenter le nombre

de ses billets.

Avec la période de guerre et d’inflation, nous-constatons les mêmes effets et les mêmes préjudices que ceux causés à la loterie de Prusse et de l'Allemagne du Sud. La dépréciation de la mon-

naie favorisa la participation au jeu d’une grande partie de la

population. Le nombre des billets et leur prix durent être augmentés, en suivant de loin l’avilissement de l’unité monétaire. Lors de la stabilisation de 1924, on fixa le nombre des billets à 140.000 et leur prix à 150 marks (au lieu de 250 marks avant guerre).

A l'heure actuelle, la loterie nationale de Saxe comprend

160.000 billets avec 72.000 lots et 21 primes d’une grosse valeur.

Le prix des billets revient au niveau d’avant-guerre :ilest fixé pour les 5 classes à 250 marks.

$ 3. — La Loterie D’Érar De HAmBourc.

La loterie fut importée de Hollande à Hambourg au commencement du xviie siècle.

En 1614; la ville se décida à organiser une loterie dont les bénéfices, s’élevant à 70.000 marks, devaient être réservés aux œuvres de bienfaisance. Les lots étaient attribués sous forme d’objets précieux, de sommes en numéraire et de rentes viagères. Grâce aux bénéfices des loteries, on arrivait, au xvire siècle, à

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payer l’armée et à faire partiellement face aux difficultés de la trésorerie.

Vers 1732, la ville de Hambourg créa la première loterie d'Etat ayant pour base une exploitation commerciale et dont le produit devait fournir un élément budgétaire stable. Mais les riches Hambourgeois trouvaient le nombre des billets et des lots de leur loterie insuffisant, aussi souscrivaient-ils à la loterie anglaise, laquelle comprenait, parmi ses lots, un de 20.000 livres sterling. Pour éviter l’exportation de l’argent de ses citoyens, la ville de Hambourg, avec l’autorisation du Sénat, organisa, en 1804, à côté de l’ancienne loterie, une nouvelle, dotée de lots importants (1).

Les changements politiques du x1xe siècle, et plus spécialement ceux résultants de la guerre de 1866, ont permis à la loterie hambourgeoise de trouver un terrain favorable à son développement. Après la suppression des loteries de Hanovre et de Francfort, la loterie de Hambourg jouit d’une telle faveur à l’étranger, que la direction se vit obligée d’augmenter le nombre de ses billets, qui passa de 55.000, en 1870, à 118.000, en 1897. Cette prospérité fut secondée par une propagande bien organisée sous forme de traduction du plan de la loterie en plusieurs langues européennes.

La crise de la loterie au xxe siècle a légèrement atteint la loterie de Hambourg. Seule la majoration de l'impôt sur les billets de loterie prélevé par le Reich fut ressentie par cette institution.

Il est à remarquer que le Reich a été, avant la guerre, plus intéressé que les Etats à l’existence de ces nombreuses loteries, vu le rendement de son impôt qui s'élevait, en 1913, à 41 muillions 364.500 marks, tandis que les bénéfices réalisés, à la même époque, par la loterie de Prusse et de l'Allemagne du Sud était de 12.416.335 marks, ceux de Saxe, 4.671.945 marks, ceux de Hambourg, 3.500.000.

La guerre et, par la suite, les années d’inflation ont causé un grand préjudice à la loterie de Hambourg. Outre les conséquences que nous avons étudiées, lors de l’examen des autres loteries allemandes, la dépréciation de la monnaie contribua à la

1. Predohl, Die Entwickelung der Lotterie in Hamburg, 1908, Partie historique.

désaffection de nombreux joueurs étrangers, jusqu'alors souscripteurs fidèles de cette loterie.

À l’heure actuelle, la loterie ne comprend plus que 40.000 billets (100.000 avant la guerte) avec 15.803 lots et 13 primes importantes. Le prix des billets est fixé à 204 marks, au lieu de 200 d’avant-guerre, et le nombre des classes d’un exercice entiér est de 6 (7 avant la guerre).

Cette loterie, comme les précédentes, n’est pas exploitée directerment par l'Etat. C’est un consortium de particuliers qui exploite la concession.

Séction IV. — EN ITALIE.

On est disposé à considérer l'Italie comme le berceat des loteries pécuniaires, L'usage de la loterie fut connu dans la république de Florence vers 1530: C’est là que cette forme de jeu a pris ses assises sous le nom de blanque de Bianca. Les Italiens la nommaient ainsi, en sous-enténdant le mot carta, à cause des billets blancs qui étaient en plus grand nombre que les noirs, et encore parce qu’au tirage la coutume fut, en Italie, lorsque sortait un billet blanc, de dire à haute voix Bianca ; ainsi ce mot souvent répété dès l’origine a donné ce nom au jeu (1).

L'Italie à vu naître les types fondamentaux de la loterie : la loterie en classes qui s’est répandue en Europe Centrale, surtout dans les pays germaniques, et le Lotto qui s’est développé plus particulièrement dans le péninsule italique.

Le Lotto tire ses origines de Gênes où il fut de bonne heure, vers 1620, compris parmi les sources de revenus de l'Etat, sous forme de monopole (privativa del lotto).

L’inventeur de ce jeu, Benedetto Gentile, membre du Conseil de Gênes, conçut l’idée d’exploiter l’effervescence habituelle de la campagne électorale lors de l’élection du Grand Conseil Entre 90 candidats, on devait élire cinq personnes sur le choix desquelles les Gênois tenaient des paris. Ces deux chiffres, 90 et 5, sont demeurés, jusqu’à nos jours, à la base du règlement de cette loterie (2).

1. Delamare, Traité de police, Paris, 1722, p. 502. 1 CE 2, Volkmann, Historisch-kritische Nachrichten von Italien, Leipzig, AA CTI 21899

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Pr pu

Nous ne nous attarderons pas sur le fonctionnement et l’organisation de la loterie italienne, attendu que nous avons précédemment donné la description du mécanisme du Lotto lors de l'examen de quatre types de jeu. Retenons toutefois que la direction italienne fixe les chances des lots de la manière sui-

vante :

Pour l'extrait simple, Ja mise multipliée par 10, 1/2 (au lieu

de 18); Pour lextrait déterminé, la mise opte par 59, 1/2 (au lieu de 90).

Pour l’ambe, la mise multipliée par 250 (au lieu de 400, 1/2) ; :

Pour le terne, la mise multipliée par 4.500 (au lieu de 11.748) ;

Pour le quaterne, la mise multipliée par 60.000 (au lieu de 511.038).

Quant à la combinaison du quine et de l’ambe déterminé, elles furent définitivement supprimées.

L'opinion publique éclairée d’Italie s’est dressée contre le

lotto. Les moralistes intransigeants ont, à maintes reprises, réclamé l’abolition de ce genre de jeu. Leurs efforts se virent couronnés d’un succès éphémère, puisque la loterie d'Etat ne fut supprimée que pour peu de temps. Mais le lotio avait profon-

dement poussé ses racines dans les masses populaires, et il était.

trop ancré dans les mœurs du pays. En effet, vers 1863, sous la pression des réclamations continues du peuple, le gouvernement fut obligé de rétablir la loterie. Par la loi du 27 novembre 1863, qui voulait apaiser l’opinion éclairée de la nation et ceux qui réclamaient la suppression du jeu, l'Etat s’engagea à rétablir la oterie provisoirement. Ce provisoire dure toujours.

La loterie italienne, qui est régie par le décret royal du 29 juillet 1925, occupe un poste assez important dans les ressources budgétaires de l'Etat. Dès le début du xx® siècle, le Lotto connaît des jours vraiment heureux et son rendement ne fait que croître. La marche ascendante des recettes produites par la loterie se présente de la manière suivante :

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