‹ La lumièreChapitre 9 sur 35 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Effet» électriques produit» sous l'influence do l'action

chimique «le la lumière.

§ 1. Effets observés avec les lames métalliques et les substances

imp cession nabi es.

Chaque fois que des réactions chimiques ont lieu, les corps entre lesquels elles s’exercent manifestent des effets électriques qui peuvent être

EFFETS DE TV LUMIÈRE

rendus sensibles à l’aide des galvanomètres, si ces corps sont suffisamment conducteurs de l’électricité ; or, la lumière produisant de nombreuses réactions, comme on l’a vu précédemment, on doit pouvoir obtenir des effets électriques en disposant convenablement les appareils. Les premières tentatives que j’ai faites dans celte voie datent de 1839 (1) : J’avais remarqué qu’en faisant agir un faisceau de rayons solaires sur deux liquides agissant chimiquement l’un, sur l’autre et superposés avec soin dans un vase en verre, il se développait un courant électrique accusé par un galvanomètre très-sensible dont les deux extrémités étaient en relation avec deux lames de platine plongeant dans chacune des dissolutions; Je me suis aperçu plus tard (2) que dans ces expériences on observait un phénomène complexe, et que les résultats présentaient également l’effet produit sur les lames métalliques elles-mêmes. J’ai donc été conduit à faire plusieurs séries d’expériences louchant l’action des rayons solaires sur les lames métalliques.

Pour observer les effets du rayonnement solaire, on prend une boîte en bois ou bien un vase en verre, fig. 50, noirci inférieurement et divisé,

Fig. 50.

au moyen d’une membrane très-mince, en deux compartiments que l’on remplit de la solution d’essai. Dans chacun de ces compartiments, on plonge des lames de platine ou d’or A et B, après les avoir préalablement chauffées au rouge. Ces lames, placées horizontalement dans

(1) Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. 9, p. 145, juillet 1839."

(2) Id., t. 9, p. 5G1 . — Thèse à la faculté des sciences de Paris, publiée le 4 août 1840. — Biblioth. univ. de Genève, nouvelle série, t. 35, p. 13G (1841). — Ann. de chimie, et de physique, 3e série, t. 50, p. 99.

l’appareil, sont mises en relation avec un multiplicateur qui doit être à très-long fil pour être plus sensible; on peut le prendre de 25 à 30 mille tours. Enfin , on recouvre chaque compartiment avec une planchette, afin d’intercepter l’action de la lumière solaire; quand on veut opérer, on enlève successivement chacune d’elles.

En opérant avec une solution alcaline, on trouve que la lame exposée aux rayons solaires directs prend au liquide l’électricité négative; avec une solution acide, elle prend au contraire l’électricité positive. Les déviations de l’aiguille aimantée du galvanomètre peuvent être de plusieurs degrés.

On est porté naturellement à admettre d’abord que ces effets sont dus uniquement au rayonnement calorifique qui échauffe une des lames, tandis que l’autre reste à la température ordinaire; mais il n’en est pas ainsi, comme on le verra ci-après.

On a déterminé l’influence de plusieurs écrans de verre coloré sur la production du phénomène, en évaluant la déviation maximum de l’aiguille aimantée du galvanomètre par première impulsion, quand ces écrans ont été interposés sur la route des rayons lumineux avant de frapper chaque lame; les 'déviations ne doivent être considérées que comme donnant le plus ou le moins d’effet produit sur les lames.

Voici le résultat d’une des expériences qui ont été faites : on a- placé dans le même tableau les résultats des effets calorifiques observés à l’aide d’une pile thermo-électrique exposée aux rayons solaires en interposant les mêmes écrans sur la roule des rayons solaires ; les nombres qui sont dans les troisième et cinquième colonnes du tableau expriment les rapports des effets produits par les rayons solaires sur les lames métalliques et sur la pile thermo-électrique, en représentant par 100 l’action exercée sans l’interposition d’aucun écran :

Page 1