‹ La lumière électrique, son histoire, sa production et son emploi dans l'éclairage public ou privé, les phares, les théatres, l'industrie, les travaux publics, les opérations militaires et maritimesChapitre 111 sur 183 · I.ES PBÉCI'HSKLnS IIP. GIIAMMF · texte numérisé non relu

I.ES PBÉCI'HSKLnS IIP. GIIAMMF

Comme cela n'arrive que trop souvent pour les découvertes nportantes, les travaux de M. Gramme avaient été, sans qu'il I eût connaissance, précédés par des études analogues exécual860 par un étudiant italien, M. Pacinottî, aujourd'hui irofesseur de physique à l'Université de Cagliarî. Les modèles originaux de cet inventeur (fig. 135), qui liguaient h l'Exposition internationale d'électricité de Paris eu , présentent avec la première invention de M. (iiumme une

LA MACHl.NK PACINOTTÏ. '

ressemblance si surprenanle, que l'on se demande pourquoi la machine dv M. PîicinoUi esl restée complètemeut oublii^w jusqu'à ce qiiu le tiuct'ès exlraoï-dinaire desmacliinesde M. Gramme en ait fait comprendre la valeur. C'est sans doute, parce qu'à l'époque où lo savant italien faisait ses recherches, un s'occupait principalement de la production de la force motrice par l'vlectricité et que ses appareils devaient être des électro-mott'Ui's ; sous celte forme ils étaient voués k l'impuissance, aussi longtemps que l'on devait être réduit à employer des piles pom* ta production do l'électricité.

Du reste, l'inventeur, alors simple étudiant, fut Lieiitâl attaché, comme assistant de Donati, ji l'observaloire d'astronomie de Florence, et obligé, k ce litre, de diriger ses études dans un tout autre sens.

M. Pacinolti indique bien, dans la description de ses machines, publiée en 1864 par un recueil scientifique italien, // miovo Cimenta, qu'on pourrait sans doute transformer son électro-moteur en générateur magnéto-électrique de courants continus; maïs il n'ii pas saisi l'importance capitale do cette transformation, et, les circonstances aidant, il a laissé de côté ses travaux sur ce sujet. U&tous-nous d'ajouter que le jury de l'Exposition n'a pas hésité à reconnaître le mérite des inventions de M- Pacinotti, et qu'il lui a déconié, en même temps qu'à M. Gramme, la plus iiaulu récompense dont il disposait, le diplôme d'honneur.

Dans la machine de M. Pacinolti, l'inducteur esl un électroaimant donl les pôles s'épanouissent en un arc do cercle, à l'intérieui' duquel tourne l'anneau induit, que l'inventeur nomme électro-aimanl transversal; c'est un anneau en for muni do saillies extérieures, entre lesquelles sont logées les hélices eu fil de cuivre. Ces hélices sont enroulées dans lo mémo sens, et les extrémités des fils sont soudées ii autant de pièces de cuivre incrustées dans un petit tambour eu hoïs; leur réunion constitue un commutateur sur lequel appuient Jeux frottcurs métalliques; le passage du courant dans les hélices aimante le

Iles

loyau annulaire en fer, qiii peut ôlrc considéré, ainsi que le M. Pucinollî, comme formé de deux aimants demi-cîrcuires réunis par leurs pôles de même nom. Les pôles magné- [Ues de l'anneau étanl allirés cl repousses par ceux del'élec- Iro-aimant fixe, l'anneau prend un mouvement do rnlatîon. Le même courant circule successivement dans Ip fil de l'anneau et dans les hélices magnétisantes do l'inducteur. F En indiquant comment on pouvait transformer son moteur en ^nérateur d'électricité, M. Pitcinotti explique lo mode de production des courants do même sens et les règles à suivre pour la position des frolteiirs. Il y avait doue là, en germe, des 1860. tout ce qui constitue les meilleures machines actuelib; et encore doit-on ajouter que M. Facinotli lui-même avait précédé huit ans plutôt par un savant américain, M. Pdge, îcn connu des électriciens. Dès 1852, M. Page avait construit il Washington un moteur à électro-aimants circulaires avec lequel il réussit presque j'i faire marcher une petile locomotive.

Parmi les antériorités, non réalisés, de ta machine Gramme,

tous citerons encore le modèle breveté et exécuté en 186(5

rM. Wnrms de Ilumilly, d'apri-s une théorie très différente

•elle qui a guidé M. Gnimnie. Aussi en était-il arrivé k en

Rjulev ses hubines partielles dans des sens différents, ce qui

robligcait à redresser les courants. Nous avons expliqué plus

)But que ce redressement était irréalisable dans la pratique.

[ L'Exposition d'électi'icité de Paris nous a montré, du reste,

D modèle beaucoup plus ancien encore, puisqu'il date de 1842;

|fe.st un moteur inventé pur M. Elias et qui figurait dans la

Ktiou Hollandaise. On y trouve en jinucipe tous les éléments

^8 machines modernes, enroulements, commutation, etc.;

ut cela, il est vrai, dans la fonction de moteur, comme chez

%. Pacinolti. Du a doue perdu ini quart de siècle, parce que

question avait été mal posée, et que l'on n'avait pas songé

i porfecliouuer les appareils de production avant ceux d'utili-

jtlion.

Cn.VPITRE VII

CHINES SIKMEN

Les diflerenles maisons de MM. Siemens frères el Siumeri-s Pi llalskif emploient acluclh^meiit pour leurs éclairages dpux types de machines dont ta comliîuftison est due fc M. Heffuer vou Altencr.k ; l'une est à courants continus et remonte à l'aiméi' 1872; l'iiutre, à cotirntits allernatif-s. date de 1878. Nous joindrons les deux études, parce qu'elles composent généralumeut un L'USKimblc dans lequel la première sert d'excitatrice à la seconde.

La machine ù courants continus (ti^. 136) a pour inducteurs deux électro-aimants h polos conséquents; ces pôles, au lieu d'être massifs comme ceux do M. Grammn, sont formés do harres de for doux méplates, cintrées en arc de cercle et rangées Les unes à côté des autres sans se touctioi', de fac^on que l'air circule dans los iatenallos et conti'ibue h empêcher réchautfemcut de la machine.

L'induit difTfere essouLiellement de celui do M. (jramme ; c'est un cylindre en for, dont la longueur est à peu prôs le ti-iple du diamètre ; le fd de cui\Te est enroulé exclusivement autour de ce cylindre, parallèlement à l'axe de rotation ; il ne rentre pas h l'intérieur. Ce sont donc les hranches diamétralement opposées d'une même hélice qui sont soumises simultauément ù l'induction, taudis que dans l'anneau de M. Gramme ce sont les deux hélices situées aux extrémités d'un mi>me plan diamétral qui subissent en même temps l'action des pôles inducteurs; il eu

TAMBODR HEFFNER VON AtTEKECK.

résulte que, ilaos ce dernier systêniG, ce sont les fils logés k l'iatérieur de l'aoneau que l'on peut considérer comme inactifs, 'li l'on admet que le noyau de fer no sert que d'écran magnétique ; dans le tambour de HelFner von Alleneck ce sont les portions do fil qui se croisent sur les extrémités du cylindre qui sont [înactives. On peut en déduire qu'à conditions égales, la supé-

riorité d'un syslëmt- sur l'autri» peut être évaluée d'après le ^rapport entre les portions de fd utilisé et de lil inactif.

Pour construire ce tambour, on euTdo sur l'aibre delumalehine, et à côté les unes des autres, des rondelles île bois qui instituent un premier nuyuu, sur lequel on enroule circulairenent plusieurs couches do lil de fer recuit. Celto première tnv«]oppe est destinée à sm-exciter le champ magnétique des pôles inducteurs. On recouvre le tiimboui* ainsi furmé avec du

LES UACEONES SIEMENS.

□ vernis isolunt, ot oale tei^miao on enroulant

tufTeUs enduit d

lo lîl de cuivre longitiidinalemenl comme il a élé dit plus baul.

Co lîl est purtiigti en un nombre pair de faisceaux, on bilicM,

ig. 137. Schéma de l'«aroulemeat

placés les uns .'i côté dos autres et reliés par leurs lils d'entrée ai de sortie ; l'ensemble forme un circuit suûs lin que l'oD peut suivre h l'aide des chilTi'es dt^ la figure 137, dans laqueUe jin ■ supposé te» faisceaux, réduits rlincuu h un seul fît. Sur les jonctions dos faisceaux, sont établies de» dérivt-

Ki^. i:fii.

lions tiboutissaiit aux lames d'un cullocteur analogue & celui dp M. (îrnmnitï et fixé sur It^ même arbre que le tambour. La (ifrui-e f;ij} représente le schonui de ces attaclies; on voit qu'elles sont établies de fatjou que le circuit total des faisceaux se trouve toujours partagé en deux moitiés, dans lesquelles les

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