ANNEAU BRUSH
deux à deux' en reliant ensemble leurs fils d'entrée , et les fil» de sortie, restés libres, représentent les pôles de nom contraire de chacun des circuits ainsi formés, et sont dirigés vers les commutateurs^
Au lieu de collecteurs, M. Brush emploie autant d'anneaux commutateurs séparés qu'il y a de paires de bobines induites ; et chacun de ces commutateurs est divisé en trois segments isolés , de grandeurs inégales ; Tun d'eux ne représente qu'un huitième de la circonférence, dont le surplus est partagé entre les deux autres; en outre, les commutateurs sont réunis en deux paires, sur chacune desquelles appuient deux ressorts frotteurs pour recueillir les courants.
Pour un anneau contenant huit bobines, il y a quatre commutateurs, dont les huit grands segments sont reliés aux fils de sortie des quatre paires de bobines ; chacun des segments d'un même anneau reçoit un fil de signe contraire. Les petits segments ne reçoivent aucun fil et sont complètement isolés.
Nous avons vu qu'il y avait trois bobines d'influencées a la fois dans chacun des espaces interpolaires; il en reste donc deux dans les espaces neutres, dans lesquels les courants produits sont insignifiants et ne compensent pas la perte occasionnée par la résistance de leurs fils. M. Brush a préféré les retrancher du circuit au moment où elles traversent ces espaces neutres, et c'est à ce moment que passe devant les frotteurs l'un des petits segments complètement isolés.
Sur les trois paires de bobines actives , deux sont associées en quantité par le passage simultané sous les frotteurs des segments qui les représentent, et fournissent le courant de travail du circuit extérieur. La troisième paire forme un circuit spécial employé à l'excitation des inducteurs ; celle disposition offre l'avantage de rendre le courant d'excitation indépendant des variations du circuit extérieur. Par suite du mouvement de l'anneau, les bobines changent de rôle successivement; mais la répartition reste toujours la même.
Il existe trois types de ces machines pouvant alimenter res-
111-2 ilKCENTES MACHINES DVNAMO-l-LKi. IIIUJI hs.
peclivemenl 6^.16 et iO laiii|jes. Dans la machine h 16 fnyere. les noyaux (leamjin'teui's sont enriulés rimcuu.avec environ . 900 niMxns do -fi) de 4 milliniêlres de diamètre ; cliacuun des bobines induites contient environ 270 mètres de fil de 2 millimètres. La vitesse est de 7S0 tours par minute et la force motriee dépensi''L' est d'environ 16 elievuux.
Les machines de M. Brush sont établies pour fournir des oom"nnts de très grande tension, qui permettent de placer toutes les lampes nn une seule série, dont le circuit peut atteindre
10 à 13 kilomètres. Dons l«s expériences d'éclairage faites & i'aris au théâtre de l'Opéra, les lampes de ce système, qui éclailaiont le gi-und escalier, étaient alimentées par une machine installée dans le palais de l'Exposition, aux Champs-Elysées.
11 en résulte évidemment une grande économie dans l'installation; mais remploi de ;^reils courants exige des isolenieuls très soignés et présente des dangers sérieux dont il faudra tenir compte.
La description des autres machines de celle catégorie nous entraînerait trop loin; elles n'offri-nt guère de particulaiités intéressantes, si ce n'est la machine de M. Giilchcr, dans laquelle les pûtes des inducteurs qui sont en face les uns des autres sont reliés par une pièce do fer intermédiaire, dans le but de .soumettre à l'induction les portions de fd qui se trouvent sur la tranche extérieure du disque.
MACniNES ïiKSS I.ESQURLLKS LES NOYAUX LES nOBINES ISnUITKS JOUENT U> ROLE PRÉPONnÈRAM-
Il ne nous reste plus qu'à examiner les machines dans lesquelles les changements d'état magnétique des noyaux de fer des bobines imluiles jouent un rôle prépondérant, comme c'était le cas dans les machines de Clarke et de NoUet , par 1 jsquelles
MAniIlNP. FAHMKIl-WALLACE.
noua avons commencé, Les machines de MM. Nîauilct, Farmer- 'Wallace et Lotitiii, reiitrenl dans cette catégorie; les machines <le MM- Rurgin e( de Méritens occupent une place intermédiaire.' onlre les deux systèmes.
Nous rappelons ici la machine créée par M. Niaudet, en 1 872.
bien qu'elle ne Fasse pas l'ohjet d'une exploitation, parce (]uc
l la première de cette catégorie qui ait fourni des courants
ontinus ; elle avait pour induits une série de bobines enroulées
Fig. 1S5. Miichiiii) Knriiier-WullaL".
sur des noyaux de fer; c,eux-c.i étaient implantés circulaircment sur un plateau eu bois et tournaient entre les pôles de deux aimants parallèles. Les courants étaient recueillis h l'aide d'un collecteur comme relui de M. Gramme.
La machine de MM. Farmer-W'ullace (fi(^. 15S). dont on a heauCflup parlé il y a deux ans, et qui cependant ne Ogurait pas il l'Exposition d'électricité, est une machine analogue à celle de M. Niaudet, Toutefoi.s le plateau est en fonte; il y a deux plateaux juxtaposés, et deux couronne,-* de bobines; le.s noyaux sont aplatis et percés d'uil trou pour augmenter la surface de refroidissement et diminuer la formation des courants parasi-
MAGHT-NK LONTIN A COLHANTS COSTIM'S. taircs. Dans ces machines le plan de cogimutatîon se ronfoml avec celui qtii passe par les pôles. -
M. Lontin a combiné en 1874 une» machine do k même catégorie, mais en disposant les bobines induites iltfTéremment, An lieu d'avoir leurs axes parallèles k l'axe de rotation, elles sont rayonnantes autour de cet axe, ce »jui l'a fait nommer par son inventeur machine h pignon.
Dans les premiers appdreils do ce système les bobines induites étaient platos et adaptées sur Parhro suivant dcî génératrices parallèles h l'axe do rotation. Actuellement (fig. lo6) it>s noyaui out une forme conique, destinée à empêcher la projeclion de leurs hélices sous l'action de la force centrifuge, et grâce h l'arrangemenl des disques sur larbre. leurs extrémités polaires, échelonnées, se présentent successivement, à des intervalles «^gaux niiiis plus fréquents, à l'action des pûles inducteurs. Ceux-ci sont mieux utilisés et les courants sont plus réguliers.
Les hélices en fil de cuivre qui enve- ^''"''"- lopprnt ces noyauxsont enroulée» dans
le même sens, et chacune d'elles a son bout d'entrée relié au liout de Jsortie de l'hélice suivante, mai» d'un anneau à l'autre et dans l'ordre ofi elles se succèdent devant les pôles, de sorte que l'ensemble constitue un circuit eutiferement fermé.
Les fils de dérivation qui partent de ces jonctions aboutissent aux lames d'un collecteur analogue à cehii de M. Gramme. Mais les frotteurs sont des prismes en alling;e dans le genre de l 'anti-friction ; ces prismes glissent dans des coulisses en bronze bien isolées et sont pressés sur le collecteur par des poids ou des ressorts.
L'inducteur est un électro-aimant ordinuire h deux branches, excité par le courant de la machine; les pftles sont quelquefois
316 LA MACHINE BÛRGIN.
fils des hélices en tenant compte du sens dans lequel marchent les courants, r.' est-à-dire réunir altcmativemtfDt les entrées di's unes et lo.s sorties des autres. Les courants successifs iiVn sont [tas moins inturvertis, par suite de l'effet dû Jl l'éloigncment et au rapprochement (ir>s inducteurs.
Le courant d'excitation des inducteurs est fourni par une miichiue à courants continus ilu même inventeur.
("est avec ci's machine» qu'a ('.lé fait en 1877 le premier l'ssai d'éclairage électrique de la gare du chemin de fer de l'aris- Lyon->l(';diterranée, et ce sont elles qui sont employées aujour-
d'hui iiiiui' li's cssiiis d'éclainifre de lu |il;icc du CiUTuiis»"''' l'aiis.
I.a niiichini' inventée paiM. lliirf;inetad(qitéc jiar M. Cnniililiiii [mur siiu sysliïmc d'éclairiitrc, se rapproche plnti'it ilcs iiiacliiucs à lunieau par la forme de snu induit ; mais elle rciilrc diMis i;i calé'.'-oi'je des niachiucs précédoiites pur son modi' <l'iii- ■ dni'tion.L'induil csl eu i-iïct cnustitiié pnrunimyau eu lil de fur reçu il, de firme licxafionale: le lil de cuivre est enroulé Iransvt'j'salruient sur iliacuu des lôlés de l'iiexafroiie. qui se frouvc iiîiisi ^'iirni ili' six lioliines dislincles, un peu rerdlêes au niilii-u : les portions du noyau formant les sonnnots de riiexas-nne sunl à déionvert i-t passent très iirès des pùles inducteurs: il en résulte dans le noyau des iliaiipMiitMits d'étal nni^nétiqui- tris énerfîiqnes. qni joni'iit le principal rôle dans la producliDU dos t-ourants.
Chacun des anneaux ainsi constitués serait trop faillie : on l'u
MAGHINK BORGIN. 317
reunit un certain nombre sur le même arbre, en les échelonnant de façon qu'ils se présentent sous la forme d'un tambour k génératrices hélicoïdales (fig. 1S7). C'est la même disposition que celle des bobines rayonnantes de M. Lontin, pour obtenir le même résultat. Le mode de liaison est le même, c'est-à-dire que les attaches de bobine à bobine se suivent de la première bobine du premier anneau jusqu'à la première bobine du dernier anneau, qui est à son tour reliée à la deuxième bobine du deuxième anneau et ainsi de suite. C'est la sixième bobine du dernier anneau qui se rattache au second fil de la première bobine du premier anneau et qui ferme le circuit ; de chacune de €88 Jonctions part une dérivation allant au collecteur, qui contient autant de lames qu'il y a de bobines dans le tambour.
L'inducteur est formé par deux électro-aimants à noyaux méplats et à pôles conséquents; les noyaux et les pôles sont en fonte et d'un seul morceau. La machine peut s'exciter ellemême ; mais dans les grandes installations d'éclairage employant plusieurs machines, on préfère recourir à des excitatrices séparées.
La vitesse de l'anneau est ordinairement de 1 ,500 à 1 ,600 tours par minute ; une machine de 48 bobines peut alimenter trois on quatre lampes Crompton reliées en série ; la dépense de force varie aver l'intensité des foyers.