CONDUCTIBILITÉ ET HÉS1STA^'CE
leur grossit, et Ohm a démontré qu'elle âlait inversement propoKionaelle à la seclioa de ce conducteur, c'est-à-dire à la surface de la tranche obtenue en le coupant perpendiculairement ji sa longueur. En revanche, si le conducteur s'amincit, la résistance augmente, les molécules se serrent eu quelque sorte enfin de pouvoir passer sans être eu retard sur leurs camarades, elles bousculent en passant les molécules du conducteur dont les vibrations de\ienuent plus rapides ; le fil métallique s'échaulFe, ce qui diminue encore sa conductibilité, et bientôt il rougit. Si le courant est îuleuse, cl la résislance eonsidérable, la température s'élfeve rapidement et le conducteur arrive k l'incandescence. Ptous voici tout prJis de la lumière électrique.
Ainsi tant que le courant électrique ne rencontre pas de résistance, il passe k travers les molécules du conducteur sans les déranger, ou lo dérangement est si faible, que la chaleur qui en résulte est compli;temenl balancée par le refroidissemenl dû au rayonnement; mais s'il se présente, sur un poïnl du circuit, un obstacle particulier qui empêche lo courant de continuer sa route librement, comme il faut que la même quantité de molécules électriques traverse dans une même durée de temps Ions les points du circuit, il se produit une bousculade à l'endroit où existe l'obslacle ; les molécules électriques cèdent une partie do leur force vive aux molécules du conducteur, et c'est l'augmeutalion de mouvcmeut imprimée à ces dernières qui engendre la chaleur et par suite la lumière.
Cet obstacle particulier peut être réalisé do diverses façons, à chacune desquelles correspond un genre de lumière électrique différen t.
U peut d'abord se faire que le circuit proprement dit soit interrompu de toUo sorte que le courant doive traverser l'air par un conducteur intermédiaire gazeux : il se produit alors entre les deux bouts du circuit coupé, ou pâles, un jet do molécules électriques qu'on appelle arc voltaîque. C'est lo premier genre de lumière électrique connu, car Ilumphry Davy lo produisit dès 1813. Pour posséder le grand éclat qu'on lui connaît, l'arc
40 COMMENT NAIT LA LlMIÈttE ÊI-KCTRIQUE.
voltaïque doil contenir une grande quantité de particules. matérielles très divisées portées au rouge bhinc. Ces particules sont arrachées et entraînées par le courant, grâce à l'énorme température des bouts coupés du circuit. Comme parmi les corps suffisamment conducteurs c'est le charbon qui supporte la chaleur la plus intense et par conséquent qui jicut fournir le plus de lumière, c'est lui que l'on a choisi pour former les exlrémités du circuit (fig. 15).
Si le courant électrique parvient à vaincre la résistance de Tair, c'est parce que les gaz deviennent moins mauvais conducteurs en s'échaulfant, ce qui arrive naturellement au contact des électrodes incandescents. Mais, malgré cela, il faut encore que la couche d'air à traverser soit mince. Or, le passage du courant électrique détruit assez rapidement l'extrémité des électrodes de charbon, de telle sorte que si on ne rapprochait pas ces électrodes au fur et à mesure de cette destruction, le courant cesserait bientôt de passer, et la lumière s'éteindrait. Pour opérer ce rapprochement régulier, il faut employer des rég:ulateurs dont le perfectionnement a été le grand problème de ce genre de lumière électrique. On peut donc l'appeler le système à régulateur.
Au lieu déplacer lesdeus éleclrodes de charbon l'un au-dessus de l'autre, ce qui oblige à employer un régulateur pour les rapprocher, on peut les mettre l'un contre l'autre, en les séparant par une substance solide isolante qui se volatilisera parallèlement à l'usure des charbons, sous l'action de Parc voltaïque lui-môme. C'est le système à bougie, du nom donné par M. Jablochkoff à ces appareils nouveaux par suite de la ressemblance entre leur mode d'usure et celui de la combustion d'une bougie.
Nous avons dit que l'arc voltaïque se produisait lorsque le circuit parcouru par le courant électrique était interrompu; cette rupture du circuit ne doit pas être faite trop rapidement, c^r elle ne produirait qu'une étincelle, une espèce d'éclair très brillant et très rapide ; il faut que les deux pôles s'écartent assez lentement pour que l'écbaulTenicnt se produise et qu'il s'éta-