LAMPES A DÉRIVATION
Quand un courant rencontre devant lui deux chemins, il fait comme ferait un cours d'eau ; il se divise entre les deux chemins proportionnellement à la facilité du passage ou inversement à la résistance. Donc si la résistance augmente sur une des branches du chemin, il se jettera en plus grande quantité sur l'autre. Dans les régulateurs polyphotes, le courant est divisé ainsi en deux circuits, l'un qui va à l'arc voltaïquc, l'autre qui va à l'électro-aimant chargé de régler la marche de Tappareil. Le fil qui enveloppe cet électro-aiman.t est beaucoup plus fin que le reste du circuit; il offre donc une grande résistance, et il n'y passe ordinairement qu'une très faible dérivation du courant, insuffisante pour le rendre actif. Mais lorsque la résistance de l'arc voltaïque augmente, cette dérivation devient plus intense dans l'électro-aimant, et celui-ci, à l'aide d'un mécanisme analogue à ceux que nous avons décrits précédemment, lâche les charbons, qui se rapprochent, diminue la résistance de Tare et rétablit les choses dans le premier état. On doit, bien entendu, proportionner d'une manière convenable les résistances relatives du circuit de l'arc et du circuit de Télectroaimant. Avec cette distribution du courant le réglage des lampes se fait d'une manière indépendante , parce qu'il passe
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toujours d'une lampe à l'autre la même quantité d'électricité, quelle que soJL la manîi-re dont s'cPTectue le pansage. Dans les expériences faites par le jury de l'Exposition universelle de 1878 , on a pu faire fonctionner douze régulateurs sur le circuit unique d'une machine à courants alternatifs. Le premier emploi du courant de dérivation pour refiler
Fig. 36, R^gTilaleur BjstÈm(^ Serrin, modifié avec la dérivation, pair la Société Lontiu.
l'avancement des charbons a été fait, en 1885, par MM. Lacassagne et Thiers; il était même déjà combiné avec celui du courant principal do façon à utiliser l'action différentielle, comme nous le verrons plus loin.
En 1877, la société Lontiu l'employa de nouveau dans les régulateurs du système Serrin avec lesquels eurent lieu les essais d'éclairage de la g'arede Paris-Lyon-Méditerranée. Voici
[ comment los appareils avalent été modîBéa : l'électro-aimant Là gros fil, du modèle orilitiaire, est remplacé (fig. 36} par un I électro-aimant k fil fin A. disposé verticalement. L'ai-malure B. ftplncée au-dessous, est attirée lorsque le courant de dérivation t une intensité suffisante; en se soulevant, elle dégage J'étoile d'encliquetage et pennel le rapprochement des char- Itons ; elle relève en même temps un peu le charbon inférieur. IZiorsque le passage de couraut de lumière par les charbons est Irétablî, cette armature retombe, embraye le mouvement et ■rapproche en même temps le charbon inférieur de laciantilé ■ nécessaire pour produire t'arc.
Avec le réglage par dérivation, le nombre de foyers qui
ppiivent fonctionner dans un même circuit n'est plus iànité que
par la tension du courant dont on dispose; aussi ce système
I esl-il employé aujourd'hui dans un grand nombre de réguhi-
k leurs, et nous venons do montrer qu'il élait facile d'y adapter
Fies anciens modèles. Nous décrirons seulement l'un des apjia-
reils les plus récents, celui de M. Gramme.
Dans cet appareil le charbon supérieur est seul mobile et la tîge qui le soutient entraîne à l'aide d'une crémaillère une série
^de rouages dont le dernier mobile porte une étoile d'encliquetage. L'électro-aimant à fil fin commande une armature chargée d'embrayer cette étoile, mais disposée d'une façon particulière. Elle porte un interrupteur qui coupe le courant de dérivation chaque fois que l'armature a été attirée et a dégagé une brandie B l'étoile. L'action du ressort antagoniste est ainsi beaucoup Eplus facile, et l'armature forme une espèce de trembleur qui s laisse défiler rencliquclage que dent par dent. Un éleclro- ■aimant a gros fil, placé tout en haut de l'appareil, soulève à f aide de son aimature le cadre qui supporte le charbon infépeor, toutes les fois qu'il faut produire l'écart de ralluina^e.
Le» perfectionnements se succédèrent rapidement ; mais.
lorsque l'on passe du laboratoire dans le domaine de la jtra-
Btique industrielle, tes difficultés surgissent à chaque pas. Dès