‹ La lumière électrique, son histoire, sa production et son emploi dans l'éclairage public ou privé, les phares, les théatres, l'industrie, les travaux publics, les opérations militaires et maritimesChapitre 45 sur 183 · L'ACTION DIFFÉRENTIELLE · texte numérisé non relu

L'ACTION DIFFÉRENTIELLE

LAMPES DIFFÉRENTIELLES

Tout cela n'était pas encore suffisant ; car il restait toujours le ressort antagoniste de Tarmature, ressort dont nous avons signalé rinconvénient et qu'il fallait supprimer pour éviter le réglage à la main qu'il exige chaque fois que l'intensité du courant est modifiée, soit par les changements dans le nomhre des lampes en activité, soit par les variations dans le fonctionnement des générateurs.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, ce sont MM. Lacassagne et Thiers qui ont employé les premiers un électro-aimant de dérivation pour remplacer le ressort antagoniste de l'armature d'un électro-aimant à gros fil, de sorte que le mouvement de cette armature était dû à Vaction différentielle des deux courants.

Dans leur appareil, le charbon inférieur était seul mobile, la tige qui le supportait était reliée k un piston soulevé progressivement par du mercure. L'écoulement de ce mercure dans le cylindre en fer qui contenait le piston était réglé par la compression plus ou moins grande du tube en caoutchouc par lequel il arrivait. Cette compression était exercée par une armature soumise à la fois aux actions de deux électro-aimants, l'un à gros fil, l'autre à fil fin. La sensibilité "était telle, que l'armature se maintenait régulièrement dans une position fixe, laissant passer constamment un petit filet de mercure , de sorte que le rapprochement des charbons se faisait d'une manière continue et sans secousse.

C'est sur le même principe que M. Siemens à établi &es lampes différentielles (fig. 41) dans lesquelles le courant principal et la dérivation agissent simultanément dans deux directions oppo-

LAMPES DIFFÉRENTIELLES

Bées, de sorte que c'est la difTércnue entre leurs effets qui opère le réglage du l'appareil .

roche l.actJDunâe ptr un petit p<|pioii.qui aDgrêDs

c e A Kc' PsralldIogranimB Brliaolé dont Is bru (Upéri( T T SDléaalds k SI Hd.

■fllsr, Iji ti|^ Z ducaDd ei rappFoebe lo cbarbua irieur du chirboo fixa.

Im parai lélagniDine est relié b une petite pompe 1 il r«ituliu-lae les iDauvemanu. Ko eu d'aitlnctioi

et KCll0DD« 1ID •

rtmiiiUÈre Z lË cbnrbuni.

Comme lians le type Archereau. un seul des charbons est mobile. L'organe électro-magnétique de réglage se compose de deux solénoides placés dans le prolongement l'un de l'autre et

l eni'ouI(-s en sens învoisi'. celui du bas avec un fil gros cL eourl, cpltii du haut avec un (il long cl lin dont la résisfanco est à peu près cptit fois plus grande que celle du courant principal. Ils cnntienDonl nn lube en fer doux qui peut se mouvoir librement

tel dont le poids est ^'quilibré par celui des autres pièces mobiles dp l'appareil. Sur ce tube, et au milieu de l'espace qui sépare les solénoïdes, est articulé un levier qui commande le mouveinont du chaibon mobile. Comme on le voit, le lube est sollitàlé par deux forces opposées et l'équilibre ne dépend plus I que du rapport des résistances, rapport qui reste le mi^me, quelles que soient les variations d'intensité du courant, lin petit pislou il rainures, qui comprime l'air dans un cylindre, assure ■ lu tranquillité des mouvements.

Ce systijme -permet de placer jusqu'à dix lampes sur un mc^me fcircuit. tout en conservant leur indépendance.

Les lampes dilférentiellcs représentent la dernière ])hiiso du

l.pro^rès en matière de régulateurs, et nous n'avons plus qu'à

Isignaler. comme dernière amélioration, l'installation du foyer

I su-dessous du méctmismn, ce qui pcnnet de suspendre les

L lampes et d'en mieux utiliser la lumière. Ou est également

Lrevenu Ji l'emploi d'un seul charbon mobile, parce que l'ou a

nnu que la fixité du foyer lumineux dans l'espace n'était

kment indispensable que pour les appareils optiques ou les

lecteurs mathématiques. Dans les éclairages ordinaires, le

^placement de ce foyer, dû k l'usure du charbon fixe, est

utant moins appréciable k l'œil que les lampes en sont géné-

alement très éloignées ; avec l'éclairage pur réflexion sur les

ïfouds. il n'a plus aucune importance. En simplifiant le mé-

I, on augmente la sécurité du fonctiomiement , et on

Htminue le prix de l'appareil, ce qui est aujourd'hui la principale

Question, en matière d'éclairage par l'électricité.

Les inventeurs ont fait leur profit de ces perfectionnements uccessirs, et on trouvait à l'E-tpcsition d'électiùcité d'exceiappareils, donnant une lumière assez fixe, tant que

LAMPES DIFFERENTIELLES.

le courant qui les «limciite n'éprouve pas de variations exagérées. Nous citerons, entre autres, les lampes Crompton. Pilsen {Piclli* et Krizik), Gérard, Bi-usli et Wcslon.

Lit lampe Ci'onipton se rapproche du type Siemens; mais le rouagw est simplifit' par l'emploi d'une vis sjins fin comme dernier mnbile ; cette vis est placée sous l'action d'un frein ii ressort sur lequel afçissent en sens inverse deux électro-îiiniiints, l'un k gros 111, l'autre il fd fin.

La lampe Pilsen ressemble également au Ij-pe Siemens; elle contient deux soRmoïdes superposés, l'un à gros fil. l'autre à fil fin. C'est le eharbon positif supt-rieur qui est mobile ; mais le charbon inférieur reçoit un léger mouvement de soulèvement destiné à produire l'écart lorsqu'il retombe. L'armature plongeante a une forme particulière ; elle est fonnée par deux cônes allongés réunis par leurs bases, de manière à former une espèce de fuseau. M. lirizik a trouvé qu'avec cette Forme d'armature l'attraction exercée par un soléuoîde reste égale pour toutes les périodes de l'enfoncement.

Dans la lamiie Gérard (fig. 42}, le charbon supérieur traverse un électro-aimant tubulaire placé au-dessus de l'appareil, et descend librement par son poids ; mitis sa descente est réglée par une vis senant do frein et placée à l'extrémité d'un levier articulé dont l'autre bout porte l'armature sur laquelle sigit l'électro-aimant. Un ressort antagoniste raniëne le fieiu en arrifre et dégage le charbon dès que la dérivation vient à faiblir.

Entre les montiints du cadre qui .sup]iorle le charbon inférieur, et immédiatement au-dessous de l'éleclro-aimauL, est fixée une traverse en fer isolée qui foi-me une seconde annalurc. Au départ, les charbons sont écartés; la dérivation active l'électi'o-aimant qui attire les deux armatures; l'une dégage le charbon supérieur qui descend, et l'autre relève le chai'bon

CHOMPTON. — P1I.SEN. — liEHAnO. Ml

infi'rieur ; les pointes se tomhent : dès (]up le courant passe,

Fig, IJ. Ljim|iB Oeranl.

IV'lcctro-aimant s alTaiblit et Iob l'rux armatures sont rujipcléos par lours ressorts i-espectifs. L'une ;;ppuie lu vis-froin sur le

LAMPKS DirFÉHENTlELLES.

charbon supérieur ol l'an-èto ; l'autre descend , cutralnaut avec elle le charbon inférieur; l'écart ijui en résulte fait naitre l'arc, et la marche continue ainsi régulièrement.

La lampe Bcuah est k charbon inférieur fixe ; elle n'a qu'un soléooïdu sur lequel les deux Hls, gros et fin, sont enroulés en couches superposées et en sens contraire. Le charbon supérieur tombe librement; mais la ttgo qui le soutient passe au travers d'une bague métallique qui ne lui permet de descendre qu'autant qu'elle est horizontale. Lorsqu'elle est soulevée obliquement, elle se coince avec lui. et non seulement arrête la descente, mais soulève le charbon de la quantité nécessaire pour maintenir l'écart et produire l'arc. Le solénoïde contient un tube-en fer doux, armé d'un crochet, qui opère ce soulèvement en temps utile, sous l'action (Hfférentielle d'attraction exercée par le com'ant et la dérivation (fig. 43).

Afin .d'empêcher la chute complète du porte-chaibon , et de l'obliger au contraire, lorsqu'il est libre, h descendre d'un mouvement lent et continu , la partie supérieure de la tige est creuse, et le tube ainsi formé est rempli de glycérine (fig. 44). Du haut de -la cheminée qui le recouvre descend une tige portant unepetile cloche do cuivre formant piston, et ne laissanl au liquide qu'un passage annulaire très étroit. La descente de la tige entraîne le déplacement du liquide ; lu résistance due à l'étranglement du passage régularise le mouvement.

Le même moyen est employé pour adoucir les mouvements de l'armature plongeante du solénoîdo, et le petit cylindre rempli de glycérine auquel celle-ci est reliée se voit en avant de la bobine {figJ 43).

Une troiflifeme bobine, plus petite, visible sur le devant du mécanisme, est placée dans le même circuit de dérivation. Elle présente une résistance un peu plus jurande et n'entre en action que pour fermer un contact de su; (.lé, dans le cas où une interruption trop prolongée de l'arc v dlaïque exposerait les fils do dérivation à être brûlés par un aldux trop considérable du courant.

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