‹ La lumière électrique, son histoire, sa production et son emploi dans l'éclairage public ou privé, les phares, les théatres, l'industrie, les travaux publics, les opérations militaires et maritimesChapitre 81 sur 183 · L'INCANDESCENCE DANS LE VIDE · texte numérisé non relu

L'INCANDESCENCE DANS LE VIDE

Le fil de charbon destiné jï devenir incandescent n'a ni la même origine ni la même ntiture. Le plus souvent cVst un brin de chiendent, comme on en met dans la tisane, carbonisé avec des précautions spéciales. D'autres foi» on le fabrique avec diverses fibres viigétales vulcanisées et imprégnées d'oxychloruro de zinc. Du reste, lo fil charbonneux devionl aussi dur que celui de M. Swan, et se purge également de f air caiïhé dans ses porcs, grâce à la même précaution ; on le maintient & l'incandesccnco pendant l'opération même du vide.

Au lieu de faire le vide à l'aide de ia pompe de Sprengel, M. Laue-Fox préfère une méthode analogue Ji celle qu'emploie en Franco M. Alverguiat pour la fabrication des tubes do Geiss- 1er, où la lumière produit de si jolis elfels dans les dilTércnts gaz. Celte méthode consiste en somme'à obtenir le vide tel qu'il existe au-dessus du mercure du baromètre, dans ce qu'on appelle la chambre barométrique.

Mais on prend des précautions ingénieusement combinées pour se débarrasser des vapeurs mercurielles qui remplissent d'ordinaire cette chambre.

La lampe de M. Lauo-Fos est encore raractérisée par la manière dont le fil do charbon incandescent vient se relier aux hls métalliques qui lui amènent le courant électrique (fig, 107). Au lieu de se renfler en approchant des points de contact comme le filament de M. Swan, le fil de M. Lane-Fox conserve au contraire le même diamètre. Mais ses deux extrémités s'engagent dans l'axe de deux petits cylindres do plombagine, où ils rejoignent des fils de platine relativement gros, qui se rat-

Pig. 107. Lamp« à iacandes cence, système Laos-Foi.

LAMPE LANE-FOX. 20a

[tachent plu» loin aii\ fïls de ruivre ordinairos du coui'ant. Oii |iouiTail crainJre que, malg^ré leur diamètre assez considt''-

[ rabli-, les lils de plaline ne vinâsont k s'échauffer trop ou même

I à fondre, ce qui délruiruil la lumpe. Pour écarter ce danger, U. LaDU-Fox entoure ces HIs de platine de petits manchons de verre, munis de renflcmonls sphériques à leur extrémité : on verse dans ces manchons une certuiae quantité de mi^rcure qui absorbe lu chaleur produite en excès, on termine le remplissage

i avec de la ouate de coton bien tassée, et on rtftouvre le tout d'une épaisse coucbc de plâtre qui ferme l'ampoule ofi so réunissent les deux petits manchons do verre.

La lampe de M. Lane-Fox possède à peu près la même intensité lumineuse que celle de M. Swan, c'est-à-dire, au moins une fois et demie colle d'une bonne lampe carcel ou d' un liée de gaz urdinaire, peut-être m^me deux becs cjircels. Il est difficile de préciser tout à fait, puisque le pouvoir éclairant dépend, en somme, de l'intensilé du courant employé,

Pas plus que M. Swan, M. Lane-Fox n'a encore combiné aucun système de distribution ni de production de l'éleclricitô. Mais il a imaginé un appareil qui règl% automatiquement l'intensité du courant et la maintient à peu pr es constante au point voulu, ou du moins restreint ses variations dans certaines lioiilcs, sans qu'on ait à s'en préoccuper.

Cl' régulateur automatique fonctionne sous l'action du courant même qui parcourt les lampes, comme le régulateur des lampes k lumière voltaïque, et il est monté, lui aussi, sur une dérivation spéciale du courant. Seulement, au lieu de rapprocher des baguettes de charbon, il înterc^e dans le passage du courant, au moment opportun et en quantité convenable, des appareils de résistance, qui augmentent la résistance naturelle du circuit et, par suite, diminuent la force du courant qui parvient à le traverser.

Les lampes du système Lane-Fûx sont moins employées jusqu'ici que les autres lampes d'incandescence, et nous n'en connaissons pas d'applications assez importantes pour valoir la

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peine d'èlre signalées. Il est vrai qu'il ne s'esl pas encore orfïanisé de société pour leur exploitation.

La lampe améncaine de M. Iliram Maxim diirtre h plusieurs points de vue des aulics liimpes h inrandescience. Sa forme extérieure et ses dimensions sont fi peu près les mêmes; c'esl bien toujours un Tilament de charbon enfermé dans un globe de verre ; mais ce filament de charbon est beaucoup plus gros, et. ai le g;lobe do verre a été aussi purgé d'air, on l'a rempli ensuite d'un autre gaz.

Le filament de charbon incandescent n'est [dus, il proprement parler un fil flexible. II prend la forme d'une M qu'on découpe toute faite dans un carton da papier bristol simplement rous.si entre deux plaques de fonte fortement ehaulTées, et que l'on maintient ensuite plongée dans de l'hydrnp>ue fortement carboné, qui forme fi la surface un dépât charbonneux suflisammenl conducteur.

C'est lorsqu'il est déjà fixé dans la lampe qu'on achève de li* carboniser, en y faisant passer le courant électrique, qui le rend incandescent. La forme aplatie de ce fdament et sa largeiir assez considérable siniplilîent beaucoup sa mise en rapport avoi^ les hls qui amènent l'élcclricité. Il suffit d'aplatir un peu les extrémités de ces fils en y perçant deux trous, et on peut alors les boulonner, en quelque sorte, aux deux bouts du filament charbonneux avec un petit érrnu (fig. iOK).

La lainpe est fermée pur une sorte de cimeni bleufltre, assez semblable à l'émail, et que les fila électriques doivent traverser pour sortir. Ce ciment a l'avantage de se souder au verre d'une manière parfaite, et de se dilater de la mAme manière que lui sous l'influence de la chaleur, de sorte qu'on n'a pas à craindre ia production de fuites, qui seraient lout aussi dangereuses

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