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dans le verre était plus grand, la réfraction serait plus grande .
Les deux éléments de la rapidité de propagation du son et de la lumière, au sein d’une substance quelconque, sont Y élasticité et la densité , la vitesse augmentant avec le premier et diminuant avec le second. L’énorme vitesse de la lumière dans l’espace stellaire a pu être atteinte, parce que l’éther a à la fois une densité infiniment petite et une élasticité énorme. Cela posé, l’étlier entoure les atomes de tous les corps, mais il n’est pas indépendant d’eux. Dans la matière pondérable, il agit comme si sa densité était accrue, sans un accroissement proportionnel d’élasticité, et c’est ce qui explique la diminution de la vitesse de la lumière dans les corps réfringents. Nous voici parvenus à un point de la plus grande importance. En vertu de l’architecture cristalline que nous avons déjà étudiée, l’éther, au sein de beaucoup de cristaux, possède des densités différentes dans les différentes directions } et la conséquence est que quelquesuns de ces milieux transmettent la lumière avec des vitesses différentes. Mais comme la réfraction dépend entièrement du changement de vitesse à l’entrée du milieu réfringent, et comme elle est plus grande là où le changement de vitesse est le plus grand, nous avons, dans plusieurs cristaux, des réfractions différentes. Par de semblables cristaux, un rayon de lumière est partagé en deux. Cet effet s’appelle double réfraction.
Dans l’eau ordinaire, par exemple, il n’y a rien dans ïe groupement des molécules qui puisse altérer la parfaite homogénéité de l’éther 5 mais lorsque l’eau est cristallisée en glace, il en est tout autrement. Dans une plaque de glace, l’élasticité de l’éther dans une direction perpendiculaire à la surface de congélation est différente de ce qu’elle
LEÇON III
est dans la direction parallèle à la surface de congélation } la glace est, par conséquent, une substance doublement réfringente. La double réfraction se déploie d une manière très-frappante dans le spath d’Islande, lequel est du carbonate de cliaux cristallisé. La différence de densité de l’éther dans les deux directions au sein du cristal est vraiment, grande , et voilà pourquoi la séparation du rayon en deux moitiés est particulièrement remarquable.
Je 11e veux pas abandonner ce sujet avant de l’avoir rendu parfaitement clair à vos esprits. Les vibrations de l’éther étant transversales, l’élasticité en jeu dans la propagation de tout rayon est celle qui est à angle droit avec la direction de propagation . Dans le spath d’Islande, il est une direction autour de laquelle les molécules cristallines sont symétriquement distribuées : cette direction s’appelle l’ axe du cristal. En conséquence de cette symétrie, l’élasticité est la même dans toutes les directions perpendiculaires à l’axe, et voilà pourquoi un rayon transmis le long de l’axe ne subit pas la double réfraction. Mais l’élasticité le long de l’axe est plus grande que l’élasticité à angle droit avec l’axe. Considérons donc un système d’ondes qui traverse le cristal dans une direction perpendiculaire à l’axe. Deux directions de vibrations s’ouvrent devant ces ondes : les particules de l’éther peuvent vibrer parallèlement à l’axe ou perpendiculairement à l’axe. Elles font les deux , et se partagent immédiatement en deux systèmes propagés avec des vitesses différentes. La double réfraction est la conséquence nécessaire de ce partage.
Au moyen du spath d’Islande taillé dans une direction convenable, la double réfraction peut être facilement mise en évidence. Vous voyez actuellement projetée sous vos yeux l’image de nos pointes de charbon. Faisons passer le