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ANNEAUX ET BANDES DE LA SÉLÉNITE

dinalement, et la surface concave, celle qui touche mon genou, est pressée longitudinalement. Mais, dans la portion étirée comme dans la portion comprimée, l’étlier est amené à une condition qui rendrait le Lois, s’il était transparent, doublement réfringent ; car, dans des cas semblables au présent, l’étirement longitudinal des molécules est toujours accompagné de leur rapprochement latéral, tandis que le tassement longitudinal est accompagné d’un retrait latéral. Chaque moitié de la barre subit cette antithèse et devient par conséquent doublement réfringente.

Répétons cette expérience sur une barre de verre. Entre les prismes croisés de Nicol j’introduis une semblable barre. Par le résidu de lumière confuse que lèche l’écran, vous voyez l’image du verre 5 mais il n’a aucune action sur la lumière. Je courbe simplement le verre par la pression de l’index et du pouce, en rendant sa longueur oblique à la direction des vibrations des Niçois : tout aussitôt la lumière jaillit sur l’écran. Les deux côtés de la barre sont illuminés', ils le sont plus sur les bords, car là la tension et la pression sont les plus grandes. En passant de la traction longitudinale à la pression longitudinale, nous traversons une portion du verre où ni l’une ni l’autre 11’existe. Cette région s’appelle la région neutre de la barre de verre et le long de cette région vous apercevez une bande sombre, indiquant que le verre, dans la direction de son axe, 11’exerce pas d’action sur la lumière. En employant la force d’une presse, au lieu de la force de l’index et du pouce, on augmente grandement l’éclat de la lumière.

Maintenant je prends une plaque carrée de verre que l’on peut insérer dans une presse d’une autre sorte. J’introduis entre les prismes la plaque carrée de verre non comprimée 5 elle déclare sa neutralité ; il est cependant difficile de

lui laisser dans la presse assez de liberté pour empêcher son action de se manifester d’elle-même. Déjà, quoique la pression soit infinitésimale, vous apercevez de la lumière aux points où la presse est en contact avec le verre. Je tourne maintenant la vis. Aussitôt l’image du carré de verre ressort brillante sur l’écran, et les espaces lumineux se montrent séparés l’un de l’autre par des bandes sombres.

Chaque couple d’espaces lumineux adjacents est dans des conditions mécaniques opposées. Sur un des côtés de la bande sombre, nous avons de la tension, tandis que la bande, obscure entre les deux, marque l’axe neutre. Je serre encore, et vous voyez apparaitre les couleurs, aussi richement que lorsqu’il s’agissait d’un cristal. Dès que je desserre la vis, les couleurs s’évanouissent subitement-, en serrant soudainement, je les fais reparaître. Newton a pu déduire des couleurs delà bulle de savon l’épaisseur de son enveloppe, unissant ainsi par le lien de sa pensée des choses en apparence très -étrangères. Des couleurs que je vous présente ici, je puis conclure la grandeur de la pression que j’ai mise en jeu. Feu M. Wertheim, de Paris, a effectivement inventé, pour la détermination des tractions et des pressions par les couleurs de la lumière polarisée, un instrument qui l’emporte de beaucoup, par l’exactitude, sur tous les instruments employés antérieurement.

Vous savez que les cristaux sont dilatés par la chaleur et contractés par le froid. Lorsque la chaleur est employée avec une uniformité parfaite, aucune traction ou pression locale n’entre en jeu; mais, si l’on chauffe une portion d’un solide sans chauffer les autres, la dilatation de la portion chauffée introduit des tractions et des pressions qui, soumises à l’épreuve de la lumière polarisée, se révèlent d’elles-mèmes. Quand je place entre les Niçois un carré de verre à vitre

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