CHALEUR DU FAISCEAU DE LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
aussi en grande partie transparente pour cette dernière portion, et, par conséquent, elle n’est que très-peu fondue par elle; c’est ainsi qu’en employant cette portion particulière du rayon nous laissons notre lentille intacte et apte à produire un foyer nettement défini (*).
Placé à ce foyer, le papier blanc n’est pas enflammé, parce qu’il ne peut pas absorber les rayons émergeant de la lentille de glace. A cette même place, au contraire, le papier noir prend feu instantanément, parce qu’il absorbe la lumière qui a traversé sans absorption la lentille de glace. A ces manifestations du pouvoir calorifique nous pourrions ajouter la combustion du diamant dans l’oxygène par le faisceau concentré de la lampe électrique.
Sur le chemin du faisceau issu de notre lampe , nous avons placé une auge à parois de verre contenant une solution d’alun. Toute la lumière du faisceau traverse cette solution ; à sa sortie , elle est reçue par un puissant miroir convergent argenté à sa surface. Vous pouvez voir ce faisceau conique de lumière réfléchie traçant lui-même sa route sur la poussière de la chambre. Une bande de papier blanc placée au foyer brille d’un éclat éblouissant, et elle n’est pas seulement roussie ; mais si nous enlevons l’auge d’alun, le papier s’enflamme instantanément : il faut donc qu’il y ait dans ce faisceau quelque chose de plus que sa lumière. La lumière n’est pas absorbée par le papier blanc,
(*) La comète de 16S0, lorsqu’elle fut le plus près du Soleil, n’était distante de sa surface que d’un sixième du diamètre solaire. Newton estima qu’en ce point sa température devait être 2000 fois celle du fer fondu. 11 importe de faire remarquer que la température de la comète ne peut pas se conclure de sa proximité du Soleil. Si son pouvoir d’absorption est suffisamment bas ou faible, la comète peut garder au voisinage du Soleil la température des espaces célestes.
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et, par conséquent, elle ne doit pas enflammer ce papier} mais il y a là quelque chose en dehors et au-dessus de la lumière, qui est absorbé et qui produit la combustion. Qu’est cette autre chose ?
Dans l’année 1800, sir William Herschel fit passer un thermomètre à travers les diverses couleurs du spectre solaire, et marqua l’élévation de température correspondant à chaque couleur. Il trouva que l’effet d’échauffement augmentait du violet au rouge 5 mais il ne s’arrêta pas au rouge, il poussa son thermomètre jusque dans l’espace sombre au delà du rouge ; là il trouva que la température était de fait plus élevée que dans toutes les autres parties du spectre visible. Par cette importante observation, il prouva que le Soleil émet des rayons de chaleur obscure qui sont tout à fait impropres à exciter la vision. Ce sujet fut ensuite étudié par Seebeck, Melloni, Muller et autres , et en quelques années 011 a pu constater qu’il avait reçu une extension considérable et des applications importantes. O11 a inventé une méthode à l’aide de laquelle le faisceau de lumière solaire ou électrique peut être tellement filtré, tamisé, qu’on en détache et isole, pour la garder intacte, toute l’émission invisible ultra-rouge, tandis que les émissions visibles et les émissions ultra-violettes sont complètement interceptées. Nous pouvons ainsi opérer à volonté sur les ondes purement ultra-rouges.
Dans l’acte d ’ écb auffe ment des corps solides portés à l’incandescence , cette émission invisible est nécessairement la base de l’émission visible. Je tends en avant de la table un fil de platine, et je le fais traverser par un courant électrique. Il est échauffé par le courant, et peut être senti chaud par la main} il émet ainsi des ondes de chaleur, mais non de lumière. En augmentant la force du courant, le