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PAR PHOSPHORESCENCE APRÈS L’INSOLATION

Spath d’Islande très-pur.

Jaune orangé.

Chaux de spath.

Jaune orangé moins vif.

Marbre blanc (de Carrare).

Jaune, lumière émise très-faible. 1

Chaux de marbre blanc.

Jaune , lumière émise très-faible.

Chaux de coquilles d’huîtres.

Jaune (phosphore de Canton).

Chaux de calcaire grossier, ou bien liy-

drate de chaux.

Jaune, lumière très-faible.

Craie et chaux de craie.

Jaune, lueur à peine visible.

Arragonite de Vertaison (crist. bacill.)

Verte, intensité lumineuse moyenne.

Chaux d’arragouite.

Verte , lumière faible.

Arragonite fibreuse.

Teinte dominante violette; quelques parties verdâtres.

Chaux d’arragonite fibreuse.

Verte, phosphorescence très-vive.

On voit que le calcaire et l’arragonite ne donnent pas les mêmes

effets; le premier donne une lumière jaune et la deuxième une lumière en général verte. On doit remarquer, au reste, que la réfrangibilité de la lumière émise ne tient pas à l’action de la chaleur ni à sa durée, car on obtient les mêmes effets de couleur en élevant la température de la masse au-dessus du rouge à des degrés différents; mais l’intensité lumineuse en dépend, car on obtient des matières plus ou moins phosphorescentes, et qui peuvent même cesser de l’être si l’on ne prend pas les précautions indiquées plus haut.

Il est curieux de rapprocher ces effets des phénomènes de phosphorescence que présentent les carbonates de chaux eux-mêmes avant toute réaction : en effet, le spath d’Islande n’est pas lumineux dans les conditions ordinaires; mais en se servant du procédé qui sera indiqué plus loin, on trouve qu’il émet des rayons de teinte orangée. L’arragonite au contraire est assez vivement lumineuse après l’insolation, et donne une émission de rayons verts. Ces résultats tendent donc à indiquer que l’état particulier de ces carbonates se conserve encore dans les sulfures que l’on obtient après leur calcination préalable avec le soufre. Ces effets paraissent peut-être tenir à d’autres causes que celles d’où dépend l’état cristallin; car si l’on échauffe l’arragonite jusqu’à ce qu’elle se brise , on admet qu’elle se transforme alors en petits cristaux spathiques; mais la masse sous cette forme conserve la faculté d’être phosphorescente avec une nuance verte à peu près semblable, et ne donne pas de lumière orangée comme le spath. D’un autre côté, nous allons voir qu’en faisant subir d’autres réactions à ces deux carbonates de chaux on tend à leur donner un pouvoir de phosphorescence uniforme, différent des deux précédents, et de telle manière que leurs sulfures présentent une teinte violette.

J’ai voulu voir quels étaient les effets produits en attaquant ces carbonates ou leurs bases par des acides, en formant ainsi des sels solubles, et en précipitant de nouveau ces sels par un carbonate alcalin, afin d’examiner de quelle manière les effets différents présentés par le spath, l’arragoîiite et d’autres calcaires seraient modifiés après ces diverses réactions chimiques. J’ai reconnu d’abord qu’il faut faire dissoudre les carbonates ouïes bases de façon à ce que la dissolution soitneutre ou , mieux encore, légèrement alcaline; on précipite ensuite la chaux par un équivalent de carbonate d’ammoniaque, et cela à la température d’ébullition du sel de chaux, puis on lave longtemps le précipité de carbonate formé. Il est nécessaire que le sel de chaux reste en dissolution et ne soit pas dessé-

ché ni fondu préalablement avant de servir à la préparation du carbonate, car sans cela les effets pourraient être modifiés : ainsi, en se servant d’acide nitrique , si l’on évaporait les différents nitrates de chaux jusqu’à siccité et qu’on les fît fondre de façon à atteindre la fusion ignée et la décomposition du nitrate, ils donneraient tous ensuite un carbonate qui calciné avec du soufre présenterait une masse phosphorescente violette d’une manière à peu près uniforme.

Les résultats contenus dans les deux tableaux pages 222 et 223 ont été obtenus en traitant le même poids de chaux ou de carbonate par les mêmes quantités d’acide nitrique ou chlorhydrique, et en se servant des mêmes quantités d’eau et de carbonate d’ammoniaque afin d’obtenir le carbonate de chaux précipité ; on a opéré à la même température, et les expériences ont été répétées à plusieurs reprises :

On reconnaît d’abord que les carbonates naturels étant transformés en chaux, puis ensuite la chaux servant à préparer les nitrates qui, précipités par le carbonate d’ammoniaque , donnent de nouveau des précipités de carbonate de chaux, ces derniers présentent après leur calcination avec le soufre une teinte verte plus ou moins caractéristique , mais qui est très-vive quand il s’agit d’arragonite fibreuse ; dans ce dernier cas, on obtient un des plus beaux phosphores artificiels que l’on puisse préparer (vert légèrement bleuâtre). Mais si , au lieu de transformer préalablement les carbonates en chaux, on les attaque directement par l’acide nitrique, les matières obtenues donnent par phosphorescence une lumière orangée, jaune ou violette.

On voit en outre qu’après plusieurs transformations successives les carbonates de chaux traités par le soufre donnent une phosphorescence violette, comme lorsqu’on fond préalablement les nitrates desséchés. Ainsi, la cause ou l’arrangement moléculaire en vertu duquel le spath, l’arragonite et différents calcaires se comportent diversement quant aux teintes de la lumière émise après l’action du rayonnement solaire , se conserve encore dans quelques circonstances après la dissolution dans les acides et même après la transformation de ces carbonates en chaux par l’action de la chaleur; mais, après plusieurs transformations ou certaines réactions, telles que la fusion ignée des sels formés, toute trace de l’origine primitive du carbonate disparaît, et les différents- composés tendent à donner une seule et même teinte lumineuse par phosphorescence, laquelle est autre que celles que l’on observe avant ces transformations.

SOURCES DE LUMIÈRE

PHOSPHORESCENCE PAR LA LUMIÈRE. 22S

SOURCES DE LUMIÈRE

On reconnaît également que la nature de l’acide qui attaque la chaux ou le carbonate a une influence sur la manière dont le carbonate précipité se comporte quand on le traite par le soufre. En effet, quand on se sert d’acidé azotique, on a de préférence une teinte verte; l’acide chlorhydrique, au contraire, employé pour la transformation préalable en chlorure ne donne que des teintes jaunes ou violettes.

Les résultats suivants montrent quelle est l’influence de la nature de l’acide ou du sel de chaux, et celle du carbonate soluble qui donne le précipité de carbonate de chaux :

On a d’abord pris du carbonate de chaux précipité pur (donnant une très-belle teinte verte par calcination avec le soufre), puis on a traité un poids déterminé de ce carbonate par différents acides pour former des sels solubles, que l’on a précipités par un même poids de carbonate d’ammoniaque à la température de 100 degrés; les carbonates de chaux obtenus ont donné, après la réaction du soufre à la môme température et pendant le même temps, les résultats suivants :

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