VALEUR
du
coefficient
Sulfure de calcium rouge orangé
De 0’
Sulfure de calcium jaune orangé
De 0'
Sulfure de calcium lumineux
ire expér.
De 5’
vert.
2e expér.
De 5'
Sulfure de calcium lumineux bleu clair.. .
De 7'
Sulfure de strontium lumi-
lre expér.
De t'25" à 20'
5 2e expér.
De 8’
neux vert.
! 3e expér.
De 25'
Sulfure de strontium lumi-
lre expér.
De 6'
neux bleu violet.
T expér.
De 2'
Sulfure de barium lumineux vert
De V
Dans toutes les expériences précédentes l’unité de temps est la seconde.
On n’arrive pas au même nombre pour l’expression de m et de c dans • / ■ les diverses déterminations faites avec une même substance; ce résultat
peut tenir non-seulement à ce que l’intensité de la source lumineuse n’est pas restée la même dans chaque série d’observations, mais encore aux erreurs d’observation dues à la difficulté avec laquelle les intensités lumineuses sont déterminées.
Les résultats précédents permettent de montrer de quelle merveilleuse faculté l’organe de la vision est doué et quelles sont les plus faibles intensités lumineuses qu’il puisse comparer ainsi que celles qu’il
PHOSPHORESCENCE PAR LA LUMIÈRE. 297
peut distinguer. Prenons pour exemple l’effet obtenu avec le sulfure de strontium lumineux vert :
L’intensité maximum de la lumière émise lorsque les rayons solaires frappent ce corps dans le phosphoroscope a donné, comparativement à la lumière émise par le phosphate d’urane, des rayons de même nuance, mais dont l’intensité est les 0,027 de cette dernière; or, on a vu que le phosphate d’urane excité par les rayons solaires réfléchis donne une intensité lumineuse égale. à 0,08 de la partie moyenne de la flamme d’une bougie : si donc on admet que la réflexion sur la surface métallique fasse perdre 0,30 de la lumière incidente, on voit que le sulfure de strontium, au moment où ayant été exposé à l’action des rayons solaires directs il est rentré dans l’obscurité, a un éclat qui est au maximum les 0,0031 de celui d’une bougie.
Or, on peut suivre dans l’obscurité la loi du décroissement de l’intensité lumineuse de ce corps pendant lh 19' 40" ou 4780 secondes, et la formule
rend suffisamment compte de ce décroissement; au delà on ne peut plus mesurer les intensités lumineuses, mais on peut encore voir la substance, qui continue à émettre de la lumière pendant longtemps; au bout de 30 heures cette substance est encore visible, et sans doute on pourrait distinguer quelques traces de lumière après un temps plus long. Si l’on admet que la loi précédente s’applique encore à cet instant, on trouve que si après 4780 secondes l’intensité lumineuse mesurée est 0,0000989 de ce qu’elle était d’abord ou 0,000 000 31 par rapport à celle d’une bougie, après 30 heures cette intensité serait les 0,00000207 de l’intensité première ou 0,0000000067 de celle d’une bougie.
En supposant que l’éclat du soleil soit 50000 fois celui d’une bougie, et en prenant la lumière solaire pour unité, on voit que l’œil peut comparer des intensités lumineuses comprises entre des limites qui dépassent 1 et 10M, et que lorsqu’un observateur est placé dans l’obscurité pendant quelque temps, il peut saisir encore de faibles traces lumineuses dont l'intensité est inférieure à une fraction qui aurait pour numérateur l’unité, et pour dénominateur l’unité suivie de 13 zéros, c’està-dire 1013.
Ces résultats montrent combien on peut aller loin dans l’étude de la
SOURCES DE LUMIÈRE
lumière émise par les corps, même lorsque ces effets sont très-faibles, car l’organe de la vision, qui peut distinguer les différences les plus légères dans la composition de la lumière, est impressionnable entre des limites d’une étendue vraiment prodigieuse.