‹ La lumière, ses causes et ses effetsChapitre 48 sur 92 · LUMIÈRE ÉMISE APRÈS L’ÉTINCELLE · texte numérisé non relu

LUMIÈRE ÉMISE APRÈS L’ÉTINCELLE

N° 1. Faible, nuance indécise. | N° 2. Id. |

N° 3. Bleue-indigo, assez vive, j

N° 4. Verte, très-vive j

N° 5. Bleue I

N° 6. Bleu-indigo, assez vive, j

SOURCES DE LUMIÈRE

dance de la matière à présenter trois nuances différentes dans le phosphoroscope : 1°, une émission de rayons^bleus de longue durée ; 2°, une lumière jaune-orangé d’une durée plus courte ; et enfin3°, des rayons verts d’une persistance moindre. Les cristaux de spath fluor n° 3, et surtout la chlorophane n° 4 présentent très-nettement ces différents changements.

On sait que si l’on élève la température des fragments de fluorure de calcium colorés, ces fragments deviennent phosphorescents jusqu’à ce qu’ils aient perdu toute leur couleur; dans cet état ils ne sont plus aptes à devenir phosphorescents par une nouvelle élévation de température. L’expérience a montré que les fragments ainsi décolorés donnent dans le phosphoroscope les mêmes effets qu’avant l’action de la chaleur. L’émission lumineuse qui accompagne l’action de la chaleur, laquelle est en rapport avec l’effet lumineux qui suit l’insolation, n’indique donc pas une destruction de l’état moléculaire en vertu duquel l’effet se produit dans le phosphoroscope, puisque cet effet persiste même après que la matière a cessé d’être phosphorescente par élévation de température.

Le fluorure de calcium présente des effets remarquables quant à la composition de la lumière émise et à la réfrangibilité des rayons actifs ; nous prendrons pour exemple l’échantillon de fluorure de calcium n° 4, (chlorophane ou fluorine verte) comme présentant les effets les plus marqués.

Si l’on analyse la lumière émise en éclairant le corps avec la lumière solaire blanche et en tournant très-lentement la roue du phosphoroscope, on voit que le spectre se compose d’une partie bleue S (fig. 39, n°9) qui se prolonge jusque dans le vert, et qui donne la lueur bleueverte indiquée plus haut. En tournant plus vite l’appareil, et pour une durée de persistance qui n’est pas moindre que ^ de seconde, on voit apparaître une bande orangée assez vive 6 ainsi qu’une autre a moins lumineuse, et une bande verte assez étroite y; quant à la teinte bleue S, elle subsiste toujours. Enfin, quand on fait tourner encore plus rapidement le phosphoroscope et pour une durée de persistance qui ne dépasse pas lTr^ de seconde, et qui peut être moindre, aux parties lumineuses précédentes vient s’ajouter une bande verte y , très-voisine de y, et meme avec une certaine vitesse, les deux bandes se réunissent en une seule, et l’on aperçoit également un peu de lumière entre ^ et y.

PHOSPHORESCENCE PAR LA LUMIÈRE

On voit que les changements de nuance correspondent à des parties du spectre différentes : les rayons les plus réfrangibles persis^ tent plus longtemps, puis les moins réfrangibles , et enfin ceux de la partie moyenne du spectre. Ces résultats montrent que le fluorure de calcium, comme le diamant et le spath d’Islande, donne des effets lumineux successifs sans que les rayons qui ont une moindre durée détruisent ceux qui persistent plus. Cependant, on doit remarquer qu’au moment où l’on fait tourner l’appareil de plus en plus rapidement, sans dépasser la vitesse de 300 tours par seconde, il semble que la lumière qui était répandue dans tout l’espace compris entre B et y' diminue d’intensité. Mais je n’ai pu distinguer si l’effet ne résulte pas d’une illusion d’optique due à ce que, les espaces voisins de la partie du spectre dont il est question et surtout y augmentant d’intensité, 8y' devient en apparence plus sombre.

Si l’on suit les changements lumineux qui résultent de l’action des rayons différemment réfrangibles sur le fluorure de calcium, on trouve des effets plus complexes qu’avec l’alumine, le diamant et le carbonate de chaux, précisément par ce motif que la persistance de ces différents effets varie dans des limites plus étendues. 11 faut opérer avec la fluorine verte pour obtenir les résultats dont il va être question : les limites des parties actives du spectre sont d’une part l'orangé ou près de la ligne C, et d’autre part les rayons ultra-violets. Il y a un premier maximum d’action près de E dans le vert et un autre vers G dans le bleu indigo; entre ces deuxmaxima se trouve une partie du spectre où l’action est beaucoup moins vive, et qui correspond au commencement du bleu en F. Si l’on cherche à reconnaître les nuances émises, on remarque que dans le premier maximum , le fluorure placé dans le phosphoroscope a une teinte plus verte, et que cette teinte devient orangé très-faible dans l’orangé à la limite de la partie active du spectre solaire ; mais la lumière émise par ce mode d’expérimentation est trop faible pour permettre une analyse complète à l’aide d’un prisme. On ne peut y parvenir qu’en éclairant successivement le corps dans le phosphoroscope à l’aide de rayons qui ont traversé différents écrans colorés, comme l’indique la figure 38, page 333, et en analysant la lumière émise à l’aide du prisme en sulfure de carbone.

On a placé successivement sur la route de la lumière incidente avant sonaction sur lefluorure de calcium (fluorine verte), disposé dans le phosphoroscope, les écrans colorés ci-après désignés ;

SOURCES DE LUMIÈRE

1° Aucun écran;

2° Un écran bleu, formé par une dissolution ammoniacale de sulfate de cuivre;

3° Un écran vert, fait avec une dissolution de bichlorure de cuivre;

4° Un écran jaune, formé par une dissolution dechromate de potasse;

5° Un écran orangé, fait avec une dissolution de bi-chromate de potasse ;

6° Un verre rouge , coloré par le protoxyde de cuivre.

On a ensuite successivement examiné la teinte du fluorum de calcium quand on a mis le phosphoroscope en rotation, ainsi que la composition de la lumière émise au moyen de la réfraction dans un prisme. On a eu :

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