‹ La lumière visibleChapitre 12 sur 89 · I. P. Mir. L'Aeeord dt ta Seimtet M de la Foi · texte numérisé non relu

I. P. Mir. L'Aeeord dt ta Seimtet M de la Foi

nourrirent des millions d'âmes, que les variations du protestantisme avaient déjà désemparées. Sous l'effet de ces désolantes doctrines, elles finirent par perdre toute notion de vie chrétienne pour en revenir aux mœurs du paganisme. A la place des vertus évangéliques, on a vu fleurir le froid scepticisme, un égoïsme hideux, un orgueil, inconnu jusqu'ici, un mépris absolu des faibles, un esprit de domination allant jusqu'à enseigner que la force prime le droit. Cet enseignement nous a valu d'abord la guerre de 1870, puis celle de 1914, devenue mondiale, avec toutes ses horreurs, ses cruautés et sa barbarie.

De l'Allemagne, le mal s'étendit à toute l'Europe jusqu'en Amérique. En France, Renan fut le principal propagateur du rationalisme. De fait, les systèmes bizarres des songeurs d'outre-Rhin n'auraient jamais percé les brouillards de leur pays, s'ils n'avaient pas été traduits et expliqués en français. Renan alla donc chercher dans les ouvrages des incrédules allemands ses idées contre la révélation. Comme eux, ii rejette le miracle. A l'exemple de Strauss il publie, lui aussi, sa scandaleuse et fictive Vie de Jésus, et nombre d'ouvrages de critique biblique, que l'on a justement comparés à des romans. Il n'est pas sûr cependant que le miracle existe, car "si le miracle a quelque réalité, avoue-t-il, mon livre (sa Vie

de Jésus) n'est qu'un tissu d'erreurs A la base

de toute discussion sur de pareilles matières est la question du surnaturel. Si le miracle et l'inspi-

ration de certains livres sont choses réelles, notre méthode est détestable." Elle est d'autant plus détestable, sa méthode, qu'il manipule, élague ou supprime les textes avec un sans-gêne vraiment incroyable. Elle est non seulement détestable, mais criminelle, à cause des fruits empoisonnés qu'elle a produits et dont nous souffrons aujourd'hui. Nombre d'esprits, incapables de contrôler la fausseté de tous ces systèmes de critique soi-disant scientifique, ont perdu la foi au surnaturel et à la révélation, attendant en vain que quelque chose de meilleur naisse de ces mines.

La Russie n'a peut-être connu du rationalisme que le nom, mais elle a eu le tolstoïsme, dont les prétentieuses et subversives théories ont fini par produire le bolchévisme *. Aujourd'hui, dans le

1. L'auteur principal de la révolutioQ russe, non peut-être dans l'effort de sa t^rrerir et dan^ l'horreur de sa domination saniTJinaire, c'est le comte Tolstoï. D se peut que ses sermons, ses noiivnllefl, ses romans aient été de sa part d'aimables paradoxes ; m^n rr-i paradoxes ont porté ; ils ont démoli l'Ei^ise, en même t'iiwK 'l'iils ont répandu dans toutes les classes, dans les hautes particulièrement, le mépris, la haine, la dérision de la religion révélée. Ce sont les hommes de la haute noblewe qui ont été les propaoateurs de l'anarchie, qui ont amené «n Russie le règne décisif des antirhrétions. L«8 antichrétiens "n'ont rien trouvé de minus que d<> faire faire l'autopaie des corps sains les plus Téoérés de la Russie et de faire cinématoKraphior cette opération". On peut se demander dans quel but. Est-ce poiu- nupprimer les miracles possibles ou pour découvrir la raison d«* r*<ux ((ui s'ao» eomplisaent ? Est-ce pour profaoïsr les morts ou faut-il penser que les auteurs d*' ces prmtiqttss se sont proposé d'accomplir une de ces impiétés rriniineOes où les e«prits forts prétendent affirmer leur incrédulité et ne marquent que leur sottise ? D y a des diseurs de mMtes noires de pitis d'un genre et PM seulement cbes leschréliaM. (Frédéric Masson.)

monde entier, le ciel est sombre de nuages et l'orage nous menace. Dieu veuille que ce ne soit pas à la lueur des incendies que nous apprenions où mènent toutes ces nouvelles philosophies sociales, issues du rationalisme et du rejet dédaigneux de la religion révélée.

En 1794, l'un des plus fervents admirateurs de Voltaire, celui que le patriarche de Ferney, (qui avait prédit dès 1764 que les jeunes gens, grâce à la lumière qu'il répandait dans le monde, verraient bientôt de belles choses, et dont le plaisir consista à monter sur l'échafaud, Laharpe que le patriarche de Ferney, dis-je, appelait " mon fils",) était enfermé en prison avec bien d'autres victimes. "Il eut beau chercher des consolations dans cette philosophie qu'il avait tant prônée, il n'y trouvait qu'un vide affreux. Abandonné, privé de tout, même de livres, il tombait dans l'abattement , quand une personne pieuse avec laquelle il eut le bonheur de faire connaissance dans sa prison, chercha à le

consoler Cette vertueuse personne n'avait à

lui offrir (pour le distraire) que le seul livre qu'elle eût à sa disposition, et ce livre ne convenait guère à un vétéran de la philosophie du siècle : c'était la Bible. Cependant Laharpe le prend et l'ouvre par désœuvrement. Il lit. Les premiers mots l'étonnent, la suite le confond, l'ensemble le transporte d'admiration. Eh quoi ! s'écriet-il, je ne connaissais pas ce livre ! Il contient tout ce qui peut exciter la curiosité humaine,

tout ce qui peut la satisfaire. C'est un chefd'œuvre ; jamais l'esprit de l'homme n'a pu concevoir ni s'exprimer ainsi ; oui, ce livre est divin ! . Et Laharpe est convertie"

Une parfaite honnêteté d'esprit est une des dispositions essentielles pour lire avec fruit les Livres Saints.

Des livres de l'Ancien Testament, celui qui a été l'objet des attaques les plus persistantes est le Pentateuque, composé par Moïse. Bien des siècles avant Homère et dans un temps où la Grèce ignorait toute civilisation, Moïse donnait des lois à son peuple, fondait une société politique et religieuse, et célébrait par un chant sublime la puissance du vrai Dieu.

Le Pentateuque est la partie essentielle de toute la Bible, celle sur laquelle repose la religion juive et chrétienne. Si Moïse n'en est pas l'auteur, n ce livre a été écrit plus ou moins longtemps après les événements qu'il raconte, il perd de son autorité et de son caractère surnaturel. Il ne peut plus être question de l'origine divine de la loi mosaïque, de la vocation du peuple élu, de la révélation primitive, de tous les grands faits qui sont le fondement du Christianisme. " C'est l'importance même de cette question de l'authenticité du Pentateuque qui nous explique l'acharnement avec lequel les incrédules reviennent sans

1 Peignot, RtehtrcKtê turlawUêl UtoutnoMdêM, de Laharp$.

cesse à la charge contre la croyance traditionnelle. Ils veulent renverser cette forte muraille pour pénétrer au cœur de la place, car ils savent qu'ils ne peuvent rien contre la religion tant qu'ils n'auront pas détruit ces remparts qui la défendent. Sous l'apparence d'une question purement littéraire, c'est le principe de la religion qui est en jeu. Il s'agit bien moins de savoir qui est l'auteur et la date d'un livre que de ruiner ou de défendre l'existence du surnaturel et de la révélation. La question de l'origine du Pentateuque est devenue celle même de la religion ^".

Le Pentateuque est le nom collectif que l'on donne aux cinq premiers livres de la Bible. Ces livres sont : la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome. Ils racontent les origines du monde et l'histoire du peuple de Dieu jusqu'au moment où il se disposait à prendre possession de la Terre promise.

Jamais il n'est venu à la pensée des Juifs que Moïse ne fut pas l'auteur du livre qui décrit si bien leur histoire, le culte et la législation qu'il leur donna. La foi publique et constante de la nation, le caractère d'antiquité que le Ivre comporte, l'impossibilité qu'il ait pu avoir été écrit par un autre que celui dont il porte le nom, font que le Pentateuque est authentique, et que son authenticité est aussi certaine que celle des livres les plus anciens, aussi certaine que l'existence

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