B. Poszy, La Terre et /- récit biblique de la création
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primitives, aux époques du mammouth et de l'ours des cavernes.
L'espèce est immuable. L'homme ne peut la créer. Tout au plus réussit-il parfois à obtenir de nouvelles races dans l'espèce : deux mots qu’il ne faut pas confondre. Chaque fois qu’il a essayé d'intervenir dans l'ordre de la nature n croisant arbitrairement entre elles certaines espèces animales, les résultats ainsi obtenu ont toujours été négatifs et n’ont produit que des êtres anormaux, lesquels, lorsqu'ils ont vécu, n’ont pas retardé à revenir au type primitif. Mais ces croisements entre espèces sont presque toujours stériles. Si le produit est fécond à la première génération, il devient stérile à la seconde, à la troisième, etc. et, finalement, l’hybridité disparaît par la loi de retour au type. “Si l'espèce changeait, l’hybridation serait assurément le moyen le plus direct et le plus efficace d’opérer ce changement. Point du tout, l’hybridation est le moyen qui met le plus complètement dans son jour la fixité des espèces !.”’
Il n’y a donc pas de fait mieux établi aujourd’hui que toutes les tentatives pour produire des espèces nouvelles stables au moyen de deux espèces différentes ont été Sans succès, que tous les efforts de la sélection artificielle la plus habile ont échoué contre les lois de la nature.
1. Flourens, Examen du livre de M. Darwin sur l'origine des espèces, Paris, 1864.
Il en est de même pour le règne végétal ; les plantes hybrides ne peuvent se perpétuer d’une manière durable : après un certain nombre de générations, elles retournent naturellement et spontanément au type primitif de l’une ou de l’autre des deux espèces productives !.
Lisez Aristote, et comparez les descriptions extérieures et anatomiques qu'il fait des animaux et des plantes de son temps d’avec celles des naturalistes de nos jours, vous les croiriez écrites de la même main, tellement elles se ressemblent.
Dans la vieille Egypte, de même qu’à Babylone et à Ninive, en même temps que des monuments qui r-montent à cinq ou six mille ans, on a trouvé des gravures et des débris d'animaux et de plantes qui ne diffèrent pas de ceux de nos jours. Bien plus, on a retrouvé, près de Robenhausen, dans le canton de Zurich, au milieu de marais tourbeux, encaissés dans des lignites dont la formation doit remonter, au dire de certains géologues, entre les deux périodes glacières, toute une végétation forestière, tels que l’if, le pin silvestre, le mélèze, le bouleau, le chêne, l’érable, le noisetier même, avec ses deux variétés ; leur comparaison avec les forises végétales de la même espèce qui croissent encore aujourd’hui, n’a point montré de diffé rence.
“Des transformations ont eu lieu, des transformations se feront”, révètent les transformistes.
1. E. Blanchard, L'origine des êtres, dans la Revue des deux Mondes, 1er octobre 1874.
Ces assertions sont plus faciles à émettre qu’à prouver. Si on leur demande quand et comment ces transformations se sont produites, aucun d’eux ne peut le dire ; aucun d’eux n’a rencontré dans le passé les chaînons qui relient généalogiquement une espèce à l’autre, et aucun ne peut les montrer da's le présent. Quant à l'ancêtre supposé de l’homme, le pithécoïde, ou autre, qu’on cherche en vain, il est sans doute enseveli dans les anciens continents, submergés aujourd’hui par les eaux.
Ces appels à l'inconnu n’ont pas la moindre valeur au point de vue scientifique. Tout se réduit à des hypothèses, à des conjectures fantaisistes sur lesquelles on essaierait en vain d’asseoir une dortrine. ‘“La doctrine de l’évolution est aussi peu démontrée qu’elle est séduisante ; il faut prendre garde en l’adoptant d'adopter un dogme non contrôlable 1.
“ La nature, avait déjà dit Buffon, a imprimé à l'espèce certains caractères inaltérables. L'espèce n'est autre chose qu’une succession constante d'individus semblables et qui se reproduisent. L'empreinte de chaque espèce est un type dont ls principaux traits. sont gravés en caractères ineffaçables et permanents à jamais, quoique toutes les touches accessoires varient ou puissent varier. La transformation des espèces est impos-
sible ; mais il faut reconnaître en elles une variabilité illimitée.”
ne Stanislas Meunier, L'Evoiution et la Vie, Masson, éditeur,
“Le transformisme n’est qu’une hypothèse, et ceux qui l’envisagent froidement, avec la rigueur de la méthode scientifique, doivent reconnaître qu’elle ne repose sur aucune preuve directe ! ”.
“ Le plus grand fait de l’histoire naturelle est celui de la fixité des espèces”, proclame M.
Flourens.
Voilà des déclarations d'autant de savants dont l’autorité est universellement reconnue.
Les causes modificatrices invoquées par Darwin, la sélection naturelle, la lutte pour l'existence, l'accumulation par l’hérédité, l'influence des milieux, sont aujourd’hui définitivement reconnues insuffisantes pour prour-er l’évolution. Elles ren-
dent compte de l’origine des variétés et des races, mais n’affectent pas l’espèce. Ce sont des “mots vagues qui ne donnent qu’une ombre d’explication”, dit le professeur Oskar Hertwig, recteur de l’Université de Berlin. Ces différents agents exercent jusqu’à un certain point un pouvoir modificateur réel ; l’observation nous montre dans la nature une tendance à la variation ; mais créer des organes qui n'existent pas, c’est autre chose, et les temps géologiques, préhistoriques et actuels, ne nous fournissent aucun exemple d’une telle transformation. “Des variétés d’une même espèce peuvent se produire, non pas des espèces distinctes. A un moment, toujours un
PS 1. P. Broca, Congrès international d'anthropologie, Paris, 1869.
fossé infranchissable creuse la frontière !”’. “Qu'ils soient sauvages ou sédentaires, les canards restent canards ; ici avec tel plumage, là avec tel autre. Le cou de la girafe ne s’est pas allongé dans telle contrée parce que les arbres dont elles aiment les feuilles étaient plus élevés. Ce sont là des contes pour les enfants. Depuis qu’on connaît la girafe, elle n’a pas varié, pas plus que le pivert, dont les efforts n’ont pu allonger la langue. lin possède une longue, comme tel autre oiseau en a une courte. Nous ne voyons donc pas les vivants chercher leur forme 2,”
“Quiconque ose avancer sérieusement, dit Cuvier, qu’un poisson, à force de se tenir au sec, pourrait voir ses écailles se fendiller et se changer en plumes et devenir lui-même un oiseau, ou qu’un quadrupède, à force de pénétrer dans des voies étroites, de se passer à la filière, pourrait se changer en serpent, ne fait autre chose que prouver sa profonde ignorance de l’anatomie... (C’est du ridicule et non de la science.”
La création va du néant à ia :natière, de la matière aux organes végétaux, de ceux-ci à l’animalité, de l’animalité à l’homme. Chacun dr ces étages est séparé par une tranchée que la toute-puissance créatrice seule peut combler.
Pasteur et J.-Henri Fabre, en ces derniers temps, ont achevé d'enlever au Transformisme le peu ns
1. Dr Ch. Fiessinger, Erreurs sociales et maladies morales, 1909. 2. Guy de Charnacé,
de prestige qui pouvait encore lui rester : le premier en réduisant à néant la théorie de la génération spontanée, le second, en faisant voir, dans ses longues années de patientes observations des mœurs des insectes, la fragilité de la base sur laquelle repose l’œuvre entière de Darwin. Or, pour les transformistes décidés à se passer de l'intervention divine dans l’œuvre de la création, il leur fallait, outre la matière, qu’ils supposent éternelle, la génération spontanée comme première assise, comme point de départ. Cette dernière condition était de toute nécessité. Pasteur, en prouvant que nul être vivant n’a pu naître spontanément de la matière, en détruisant la légende de la génération spontanée, a porté au Transformisme un coup mortel. Je ne dis pas que le coup a atteint Darwin lui-même qui, ne pouvant se l'expliquer, était bier: L:+ 6 À attribuer à l’intervention divine l’app::ioa de la vie sur la terre, mais pour les transformistes matérialistes, il a été fatal !.
M. Henri Fabre, mort en 1915, est une des plus fortes autorités que nous puissions citer sur le sujet qui nous occupe. Dans ses Souvenirs entomologiques, il cite quantité de faits, vus et observés
1. Le système de la génération spontanée a succombé sous les expériences de Pasteur, “expériences décisives, et sur lesquelles il n’y a pas à revenir”, a dit l’illustre Flourens. Et le jugement de Flourens est confirmé par l’Académie des Sciences. Un chimiste distingué, converti malgré lui, a été réduit à dire : ‘Encore un illusion qui s’en va.” La génération spontanée est une théorie aujourd’hui définitivement condamnée par la science,
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LA LUMIÈRE VISIBLE 119 par lui, qui détruisent plus que ne pourrait le faire aucun raisonnement, les doctrines évolutionnistes. J’extrais d’une étude que j'ai déjà publiée sur les travaux de ce savant observateur, les lignes suivantes, à cause de leur étroite relation avec les données transformistes :
Les soixante années d’études entomologiques de M. J.-H. Fabre ne sont pas assurément de nature à faire revivre les hypothèses darwinistes. M. Fabre a résumé en dix volumes (Souvenirs Entomologiques), véritable monument scientifique, ces nombreuses et patientes recherches, et les conclusions qui en découlent vont toutes à l’encontre des principes exposés dans le retentissant ouvrage de Darwin sur l’origine des espèces. Bien que M. Fabre n’ait étudié qu’un coin très modeste de l’histoire naturelle, bien que ces souvenirs ne renferment point en la matière de corps de doctrines, qu’on n’y trouve que des études éparses sur les mœurs d'insectes, les faits qu’il a recueillis, les expériences qu’il a notées, lui font rejeter toutes les causes que le darwinisme invoque pour expliquer la formation des espèces. ‘‘Les faits tels que je les observe, dit-il, m'éloignent des théories de Darwin.” Le petit monde qu’il a pendant si longtemps et si patiemment étudié ne lui a pas apporté la moindre preuve que les conditions du climat, du milieu et du régime puissent influer sur la formation de l'espèce. Sous ce rapport, ces influences, dont les transformistes font si grand cas, sont de nul effet. “Elles sont commodes,
dit M. Fabre, pour faire varier l'animal au gré de nos théories ; mais rien de plus vain que cette explication démentie par les faits.” Que ces influences produisent des variations sur la taille, le pelage, la coloration, accessoires extérieurs de l’animal, donnant ainsi naissance à des races nouvelles, il le reconnaît volontiers, comme tous les naturalistes d’ailleurs. Ces variations ne changent point la nature des organes, soumis à des règles que rien ne fait fléchir. Jamais la charpente de la bête n’est modifiée par les conditions changeantes de la vie, qui n’atteignent tout au plus que la surface des êtres. De même si “le vertde-gris des siècles altère les médailles en les recouvrant d’une patine, il ne peut rien substituer à la légende première.” Ce n’est donc pas le milieu qui fait l’animal, c’est l’animal qui est fait pour le milieu, et il le prouve par plusieurs exemples. La théorie évolutionniste veut que l'usage et le non-usage, la fonction, soit une cause de transformation de l'organe et de l'espèce. M. Fabre n’a rien vu qui puisse justifier cette assertion. Contrairement à un si grand nombre de transformistes lesquels, visant souvent un autre but que celui de la science, argumentent avant de s’assurer du fait, M. Fabre ne s’en tient qu’à la réalité des choses. “Voyez d’abord, vous argumenterez après.” C'est ainsi qu’il a vu que l’organe ne dépend pas de la fonction, ni la fonction de l’orgare. Il en est de même de l’idée d’acquisitions graduelles dues au hasard. “Toutes les fois, dit-il,
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que je veux appliquer la sélection à des faits observés, elle me laisse tournoyer dans le vide. C’est majestueux, mais stérile.’ Et les exemples sur lesquels il appuie ses conclusions sont disséminés en des pages tellement nombreuses de ses Souve
nirs que le lecteur, du moins celui qui croit que la science s’édifie par des constatations de faits bien prouvés et non par des hypothèses, reste convaincu que le darwinisme est mort, bon tout au plus pour alimenter la conversation des esprits superficiels ou peu renseignés. Les espèces ne se transforment pas les unes dans les autres. Chacune d'elles est ‘à l'effigie d’un prototype immuable.” Les modifications qui peuvent survenir sont de surface. L’animalité entière, y compris l’homme, ne provient pas d’un être unique, d’où seraient issus tous les êtres vivants dont on connaît l’existence. ‘Le transformisme, dit encore M. Fabre, affirme dans le passé ; il affirme dans l'avenir, mais le moins possible il nous parle du présent. Des trois termes de la durée, un seul lui échappe, celui-là seul qui est affranchi des fantaisies de l’hypothèse.” Ce serait par trop compromettant pour la théorie de parler du présent, d’explorer le domaine des faits actuels, de voir, en un mot, la nature telle qu’elle est.
La lecture attentive des dix volumes de Souvenirs du savant entomologiste laisse l'esprit dans la conviction que les idées transformistes ne sont que e résultat d’une théorie arbitraire, nuisible au progrès de la science.
Du reste, si M. Fabre ne croit pas à la transformation des espèces, il admet volontiers que cellesei ont apparu dans le temps à des époques différentes. Quant à leur origine, il faut la chercher, ajoute-t-il, dans l’Intelligence qui régit le monde. “Plus je vois, plus j'observe, et plus cette Intelligence rayonne derrière le mystère des choses.”
En un mot, les résultats acquis par tous ceux qui
‘ont voulu voir avant d’argumenter”’, c’est-à-dire les savants de bonne foi,nous prouvent que la théore de l’évolution est en contradiction avec les faits les mieux constatés de l’histoire et de la paléontologie.
La vérité est donc que la nature reste immuable dans son admirable ordonnance ; que les espèces ne sont pas transmutables, c’est-à-dire qu’elles ne peuvent point passer d’un type à un autre : que les variations n’affectent que les races ; que les différentes espèces ne s’unissent pas entre elles, que le lion reste lion, comme l'éléphant est restéet restera toujours éléphant. La vérité constante est que Moïse a dit vraiquandila dit que Dieu créa les plantes et les animaux “selon leur espèce , et qu'il n’y a pas de désaccord entre les découvertes géologiques ou paléontologiques et la déclaration formelle de l’auteur sacré, que l’homme n’est apparu sur la terre que par voie de création, ne pouvant être l’effet d'aucune transformation.
Le vérité la plus inébranlable est que “plus le champ de la science s’élargit, plus les démonstrations de l'existence éternelle d’une Intelligence
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créatrice deviennent nombreuses et irrécusables. Géologues, mathématiciens, astronomes, naturalistes, tous ont apporté leur pierre à ce grand temple de la science, temple élevé à Dieu luimême.” (William Herschel.)
J'aimerais à laisser le lecteur sous l'influence des belles paroles du noble et savant astronome anglais. Mais il y a un autre attribut particulier à l'homme et qui lui est exclusif : celui de la parole, attribut qu’il convient de signaler ici. De tous les êtres créés, en effet, l’homme est le seul qui parle à Dieu et qui a le pouvoir de communiquer avec ses semblables et de laisser par l'écriture ses pensées. Il me suffira de citer à ce sujet le fait suivart raconté par un chroniqueur humouristique (Fred Tomy) dans une de ses causeries. La manière plaisante dont il traite la question n’enlève rien à la valeur scientifique de sa thèse.
“J'ai connu naguère, dit-il, un vénérable naturaliste qui avait pris à la lettre les théories de Darwin. Il était allé au cœur de l'Afrique observer de près les mœurs des ancêtres de l’homme et, bien que désillusionné par son séjour, il avait ramené plusieurs couples de singes qu’il continua d'observer dans les cages du Museum. Il notait, notait des traits d'intelligence, d’affectuosité, de malice, que sais-je? Et il épiait avec anxiété la manifestation, chez ses parents et amis, de la pensée formulée par quelque chose qui ressemblât
à la parole humaine. Un jour, exaspéré d’entenre ses pensionnaires s’obstiner à crier ou à parler singe, il se fâcha, saisit une trique et se mit À taper dans le tas... Ce fut un beau tapage et un joli scandale, Les cousins de Darwin, grands et petits, stupéfaits de cette fureur, se conduisirent comme de vrais poilus. Les gardiens durent leur arracher le malheureux savant, mis en piteux état, et la cervelle de plus en plus dérangée. Il traita Darwin d’'imposteur, les singes de Mmacaques et donna sa démissivn. Je le rencontrai deux ans après, plus rassis, mais adversaire déterminé du transformisme. Il ne cessait de me répéter: “Jamais, monsieur, jamais je n'ai pu leur faire dire deux mots de français ou
d'anglais !”’ Et comme je lui faisais respectueusement observer qu’ils eussent peut-être été plus aptes À prononcer l'allemand ou le hongrois, il me traita d’orang-outang. Je n’insistai pas.”
J'imiterai sa sage réserve. Tout commentaire serait superflu, et je ne saurais mieux terminer ce grave et sérieux chapitre de Transformisme.
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CHAPI” E IV
DE L'HOMME.—SoN ORIGINE ; SON ANTIQUITÉ ; SON ÉTAT PRIMITIF.— L'HUMANITÉ EST SPIRITU ALISTE
L'œuvre du sixième jour comprend deux opérations distinctes : la création des animaux terrestres et de l’homme.
Origine de l'homme.— L'homme est l’objet d’une création spéciale, ne procédant pas par voie de transformations d'aucune “pèce antérieure, celle d'un singe par exemple, comme quelques-uns se plaisaient à le répéter aux jours où la nouvelle théorie se donnait des airs de triomphe.
D'abord, il répugne à la raison de penser que l'homme ait pu être formé du corps d’un animal, et les découvertes géologiques et paléontologiques n’autorisent pas, non plus, une telle supposition. Sans doute, il était aussi facile à Dieu de tirer du singe ou d’un collatéral, au moyen du transformisme, les éléments du corps de l’homme que de le créer de toute pièce, le singe provenant toujours, comme première origine, du limon de la terre. Mais il paraît, d'après la raison, l’antique récit et les découvertes scientifiques, qu’il n’en fut pas ainsi : que Dieu forma l’homme d’un peu de matière à laquelle il insuffla une âme créée à son
image. L'âme, en effet, souffle de Dieu, souffle d'intelligence, est bien la partie de l’homme qui est créée à l’image de Dieu et qui fait qu’il existe entre l’homme et l’animal une différence non de degré, mais de nature. C'est par l’âme, substance spirituelle et immortelle, qui a, comme Dieu, la pouvoir et la faculté de connaître librement, d'aimer et de se déterminer que l’homme est homme et non une bête, comme toutes les autres. S'il ne s'agissait ici que d’une vie animale, l’homme ne pourrait être déclaré image de Dieu, c’est-à-dire intelligence, volonté, liberté, attributs essentiels à Dieu, et dont l'essence spirituelle seule est capable. Cette substance spirituelle, l’âme, a été créée de rien par Dieu, comme tous les autres êtres. Son union avec je corps forme la personne humaine.
L'homme diffère encore du singe plus par sa psychologie que par sa physiologie. Celui-ci a bien de commun avec l’homme les facultés sensibles; comme lui, i! connaît et poursuit les choses sensibles, mais il est incapable de percevoir les phénomènes intellectuels, de saisir les objets :mmalériels et abstraits, comme le vrai, le beau, l'infini, le fini, etc. Cet acte intellectuel révèle un principe en soi étranger à la matière, qui s’exerce indépendamment des organes du corps. Concevoir l’immatériel... cela seul établit un abîme infranchissable entre la connaissance par les sens et l’intelligence, la séparation radicale entre l’homme et tout le reste du règne animal. Cet abîme, seule
la souveraine puissance de Dieu était capable de le combler.
Aussi, le célèbre politicien américain, M. Bryan, protestait-il avec énergie, il y a quelques années, en une circonstance particulière, contre la doctrine de l’origine simienne de l’homme :
“Je ne m'étonne pas, disait-il, que d’autres entretiennent la théorie de l’évolution, et si quelqu’un trouve du plaisir ou de l’orgueil à remonter au singe, je ne veux pas lui enlever cette satisfaction. Tout ce que je désire, c’est qu’il ne me fasse pas entrer dans sa famille. Qu’importe que l’homme ait quelques traits de ressemblance avec les animaux ! Il ne possède pas seulement un corps ; il a un esprit et une âme plus grande que son Corps. Je ne veux pas que l’on base ma généalogie sur le tiers seulement de mes attributs.” Il aurait pu ajouter que tant que ‘‘les orangs n’auront pas composé leur Illiade, écrit leur Discours sur la méthode et fondé des-écoles Normales dans leurs forêts”, il lui sera toujours permis de les répudier pour ses ancêtres, et de ne pas faire partie de leur ménagerie.
En effet, l’homme possède d’autres traits caractéristiques et supérieurs À ceux qui composent l’ensemble des facultés spéciales des animaux. C’est ce que fait ressortir le texte même du livre sacré lorsque, parlant de la revue passée par Adam des principaux animaux, il ne s’en rencontra pas un qui lui ressemblât.
“Adam, dit la Genèse, app. ’+ donc tous les animaux d’un nom qui leur était propre, tant les
oiseaux du ciel que les bêtes de la terre. Mais il ne se trouvait point d’aide pour Adam, qui lui fût semblable”. Le singe, cependant, existait alors, et il a dû figurer dans cette mémorable revue ; Adam, néanmoins, constate que parmi les êtres créés, il ne s’en trouve aucun qui lui ressemble.
“L'expérience a surabondamment prouvé que le sauvage est un homme, et, si abruti soit-il, un être susceptible de progrès, de civilisation ; qu’il n’est pas de domaine accessible à l’homme dans lequel, les circonstances aidant, il ne puisse être introduit et ne soit capable de se développer. En peut-on dire autant du singe ? Jusqu’à ce qu’on le puisse, l’hiatus qui sépare l’homme du singe demeure infranchissable, prit-on pour terme de comraraison le type le plus parfait du singe, rapproché du type humain le plus dégradé !.”’
La théorie transformiste ne prétend pas, nous le savons déjà, que l’homme serait provenu du singe d’une manière instantanée, qu’un chimpanzé se soit, par exemple, endormi singe pour se réveiller homme ; mais que le passage a eu lieu par une suite longue et ininterrompue de perfectionnements successifs, ou plutôt que tous deux descendent d’un ancêtre commun, que l’on n’a pas encore retrouvé, il est vrai, mais qu’on pourra peut-être découvrir un jout. Ce n’est pas faute de n’avoir pas cherché cependant. Partout l’on trouve les restes d’êtres bien connus, entre autres des fossi-