‹ La lumière visible [microforme]Chapitre 42 sur 79 · livre comme un autre ; qu’elle est tout entière un · texte numérisé non relu

livre comme un autre ; qu’elle est tout entière un

livre inspiré contenant la parole de Dieu, quoique son autorité, d’ailleurs, ne dépende nullement du concours de la science.

S’il m'était resté le moindre doute à cet égard, je n’aurais qu’à consulter le texte des vérités révélées, qui établissent d’abord la parfaite concordance qui existe entre elles et les besoins de mon intelligence, de mon âme, qu’elles sont de nature à combler, ce que n’ont jamais pu faire tous les philosophes anciens et modernes ni aucun des prétendus réformateurs de l'humanité, ces vérités répondant également aux aspirations naturelles de ma conscience. Je pourrais ensuite, comme démonstration confirmative de l'inspiration des Livres saints, prendre connaissance des prophéties annoncées bien des siècles à l'avance, et qui ont reçu leur accomplissement dans les temps et

aux moments marqués. C’est ce qui va faire l’objet de la présente division de mon travail, bien que je n’aie pas besoin de plus de témoignages des vérités révélées que ceux que j'ai déjà constatés, ainsi que je viens de le dire, dans la première partie de cette étude. Ils suffisent pour satisfaire mon esprit. Au reste, je suis bien aise de lire le texte même de la révélation. Cette lecture est d’ailleurs des plus propres à guider et éclairer tout esprit qui veut voir la vérité là où elle est, en un mot, la religion que Dieu a enseignée aux hommes.

En dehors de la Révélation, il a toujours existé une antique et universelle tradition donnant à penser que l’humanité avait subi une déchéance à l’origine. Tous les peuples anciens avaient conservé le souvenir d’un état autrefois meilleur, d’un âge d’or primitif. La révélation précise ce vague enseignement.

On se rappelle les diverses et lamentables péripéties de la chute, l’état misérable de nos premiers parents après leur désobéissance, ne trouvant pas d’endroit assez retiré pour aller cacher leur honte, eux à qui le tentateur avait fait accroire qu’ils seraient semblables à Dieu s’ils se montraient indépendants du commandement divin. Au lieu de la lumière qu’ils attendaient, d’épaisses ténèbres couvrirent leur intelligence, et À la vue des biens perdus et des misères qui devaient à jamais peser sur eux-mêmes et leurs enfants, leur accablement est tel qu’il excite la pitié

du Créateur, qui Prononce, cependant, entre autres châtiments, la sentence de mort dont il les avait menacés, s’ils n'étaient pas soumis et fidèles. Il ne veut pas les abandonner, et dans l'exercice même de sa justice, il dépose dans leur cœur un motif d'espérance bien propre à leur faire supporter avec courage les épreuves de leur nouvelle vie, Après la malédiction lancée contre le tentateur, Dieu lui dit : “Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre sa race et la tienne, et un jour elle t’'écrasera la tête”, (Gen., 111, 15) c’est-à-dire, tu as attaqué la première femme et tu l'as vaincue: mais j'en susciterai une autre contre laquelle tu ne pourras rien. Cette femme mettra au monde un fils qui remportera sur toi la victoire et détruira ta puissance. C'était la promesse de la rédemption. À partir de ce moment l’horame l'espère et l’attend. Nul doute possible. Nous avons la parole de Dieu. Le monde sera sauvé. Plein de confiance et avec l’aide de Dieu, notre premier père releva la tête et ne désespéra point de l’avenir. “Cette promesse de la rédemption, qui a été renouvelée à Noé, à Abraham, à Jacob, à Juda, à Moïse et à David, ne dut pas être exprimée seulement par les mots que nous rapporte le législateur des Hébreux. Dieu donna certainement des instructions plus développées à nos premiers parents, sur le Sauveur en qui, dès lors, ils devaient mettre toute leur espérance ; et ce Sauveur devait être le sujet habituel des entretiens de la famille infortunée qui venait d’être chassée de l’'Eden. Dieu

avait, sans nul doute, annoncé à Adam que le Rédempteur, qui naîtrait de la femme, ne devait triompher du péché qu’à la condition de souffrir et de mourir. Et, pour conserver la pensée de cette efficace immolation qui ne devait avoir lieu que longtemps après, il avait institué le sacrifice des animaux ; nous lisons dans le livre de la Genèse qu’Abel offrait au Seigneur les premiersnés de ses troupeaux...

“Jésus, fils de Marie, est donc désigné et reconnu comme le terme des pensées, des désirs et des espérances de l'humanité qui le précède et qui le suit, comme le seul et unique Rédempteur nr

Ainsi, l'origine de la Révélation remonte à la naissance du genre humain. Dès l'instant de la création, nous lisons dans la Genèse, ce que la simple raison d’ailleurs nous force à admettre, que Dieu se manifesta au premier homme, lui communiqua ce qu'il lui importait de savoir, lui faisant connaître les devoirs qu’il devait lui rendre, la manière dont il devait le servir et l’honorer, et ce qui devait arriver advenant le cas de sa fidétité ou de la transgression de ses ordres. Pour être ce que Dieu voulait qu’il fût, l’homme devait connaître toutes ces choses. Les dogmes que nous révèlent les premières pages de la Bible sont donc la croyance à un Dieu créateur, celles de la Providence, de l’immortalité de l’âme, de la rédemption future, de ia venue d’un médiateur, autant

es 1, Démnnst. du symbole cathol., par l'abbé Marty.

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de dogmes qu’on voit transmis de génération en génération chez les patriarches comme ayant été enseignés par Dieu lui-même. Tel est l’enseignement que nous appelons la révélation primitive. Ces dogmes n'étaient pas nombreux ; mais ils suffisaient pour les besoins spirituels et le salut des hommes de cette époque. C’est ainsi que la tradition de cette révélation primitive a subsisté dans la mémoire de tous les peuples qui ont conservé quelques notions plus ou moins obscures des principaux dogmes de la religion. Lucain, résumant sur ce sujet ce qu’en avait retenu la philosophie antique, déclare que : “Dieu révéla à l’homme, en lui donnant la vie, tout ce qu’il lui importait de connaître.’

Cependant, du milieu de la superstitution et de la corruption générale qui envahissaient le monde, sous le poids des ténèbres de plus en plus épaisses qui enveloppaient les esprits, des passions qui étouffaient la voix de la Conscience, la vérité, défigurée et obscurcie, menaçait de s’éteindre. Dieu voulut se choisir un peuple non seulement destiné à conserver dans leur pureté les vérités premières, mais à en recevoir de nouvelles en vue de la venue du Rédempteur : ce fut le peuple juif appelé d’abord le peuple d'Israël. Son histoire extraordinaire l'avait conduit en Egypte, où il avait gardé sa raison d'être, résisté au contact au milieu même de l’idolâtrie et attesté sa mission. Il devint le dépositaire de la deuxième révélation,

D qui dura près d’un millier d'années. Quinse cents

ans avant Jésus-Christ, un homme se présente, de la part de Dieu, pour être le guide et le législateur du peuple choisi. Puis, après Moïse, viennent les prophètes, qui se font les interprètes de la parole de Dieu, ei, au besoin, transmettent ses ordres. Ils prouvent l’autorité de leur mission par des actes que la simple intervention humaine semble impuissante à accomplir. Les prophètes s'étaient d’abord contentés de parler, mais au 8e siècle, ils écrivent leurs oracles, qu’ils communiquent au peuple pencant les périodes les plus agitées de son histoire, des invasions et de l’exil. Au milieu du 6e siècle, trois prophètes se succèdent qui continuent à parler au nom de Dieu, puis, une centaine d’années plus tard, le silence se fait, la seconde révélation prend fin.

Depuis Moïse qui, lui aussi, annonce la venue du l‘'essie jusqu’à Jean-Baptiste, qui le montre du doigt, on compte seize prophètes, dont quatre grands et douze petits. Les grands sont Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel. Les petits sont Ozée, Joël, Amos, Abdiah, Michée, Jonas, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie. Leurs prophéties sont toutes contenues dans l'Ancien Testament.

Les prophètes se distinguaient du reste du peuple par un habillement particulier et par leur genre de vie, vie de solitude et de prière. Ce qu’ils cherchent est la vérité et la gloire Ce Dieu. Leur mission est d’enseigner le peuple, de l’exhorter à observer la loi de Dieu et à faire pénitence,

annonçant, de la part de Dieu, les châtiments réservés aux pécheurs endurcis, ce qui les rendait parfois impopulaires : quelques-uns même payèrent de leur vie cette liberté de dire à tous, jusqu'aux rois, des vérités un peu dures.

Cela ne les empéchait pas d'être regardés par les juifs comme des hommes inspirés de Dieu qui prédisaient l’avenir. ‘Tout le peuple d'Israël, depuis Dan jusqu’à Barsabée, savait que Samuel était un prophète de Dieu digne de foi.” Les événements, en confirmant leurs prophéties, ajoutaient à leur autorité.

Moïse, le promulgateur de la loi de Dieu, le libérateur et le conducteur de son peuple, opère des prodiges et des miracles que l’on n'avait pas encore vus. “Il n’y a plus eu depuis de prophète, dit le Deutéronome, qui ait agi avec une main si puissante et fait des œuvres si redoutables que celles que Moïse avait faites à la vue de tout le peuple d’Israël.” Le peuple juif, témoin et dépositaire de ses ordonnances, qu’il a laissées par écrit, les a observées comme les ayant reçues de Dieu par son ministère.

Nous ne voulons pas traiter ici des prophéties ; en général, mais de celles seulement qui ont trait | à Jésus-Christ. Notre but est de s'assurer si la venue du Christ a réellement été annoncée, comme on le prétend, des siècles à l'avance par plus d’un de ces hommes inspirés appelés prophètes, et si l'événement a confirmé leurs prédictions. Je dis plus d’un de ces prophètes, car si telle allusion

avait été faite seulement par un ou deux de ces personnages, elle perdrait de son autorité et pourrait être classée dans la catégorie de ces faits qui n’ont pour eux que le hasard des circonstances. Mais comme ce sont tous les prophètes, les grands aussi bien que les petits, qui, à diverses dates, ont annoncé la venue du Messie, ont précisé toutes les circonstances de sa vie, la manière, l’époque et le lieu de sa naissance, son œuvre, sa vie tout entière, cela devient sérieux, et il ne peut plus être question de banales et simples coïncidences. Si, en lisant ces prophètes, je ne puis arriver à une autre conclusion que Jésus-Christ a réalisé dans sa personne tous les traits prédits du Messie, que la vie et l’œuvre du Rédempteur ont été, en effet, la vie et l’œuvre du Messie annoncé par les prophètes, je me dirai alors, pour être conséquent avec moi-même, que ces hommes étaient vraiment inspirés de Dieu, et qu’ils m'ont annoncé la vérité. Ils étaient inspirés, puisque l’avenir, les événements futurs, ne peuvent être connus que de Dieu seul, une pareille connaissance nous étant radicalement impossible, que les événements annoncés n’ont pu être prévus naturellement, et que l’accomplissement des prophéties ne saurait être attribué à une combinaison du hasard, supposition qui serait encore plus étonnante que le miracle même.

La révélation peut être faite au moyen d’un discours familier, comme quand Dieu parla à

Adam, et plus tard à Moïse, ou bien par le moyen de visions, lorsque les événements futurs étaient représentés à l'esprit du prophète,comme présents et même passés. Quelquefois elle provient d’une inspiration divine et cachée que le prophète reçoit sans le savoir, ou d’une inspiration immédiate. “Ce que vous leur direz vous sera uonné à l’heure même. (Matth., X, 19).

“Dieu, dit le cardinal Meignan, a ménagé à | tous les esprits, à tous les temps, à tous les peuples, des preuves de la divinité de la religion chrétienne. Il a mis à la portée de chaque siècle des arguments qui ont une puissance particulière pour | émouvoir et pour convaincre, Mais il est une preuve qui est de tous les temps et qui frappe tous les hommes. Pascal l’a dit : “La plus grande des “preuves de Jésus-Christ sont les prophéties ; “c’est aussi à quoi Dieu a le plus pourvu.” Les prophéties sont si précises dans leurs détails, qu’elles semblent, dit saint Jérôme, l’histoire de ce qui fut, plutôt que l’annonce de ce qui doit être.

Des prophéties qui ont trait à Jésus-Christ, il suflira de n’en citer que quelques-unes comme preuves de sa divinité et de celle de la religion qu’il à établie. ‘“Scrutez les Ecritures, dira Jésus- Christ à ses apôtres ; ce sont elles qui rendent témoignage de moi.”

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