‹ La lumière visible [microforme]Chapitre 46 sur 79 · La Luzerne · texte numérisé non relu

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Evangiles faisaient partie du recueil biblique. La tradition nous dit également qu’à cette même date, les “églises qui bordent le grand lac romain de la Méditerranée” faisaient usage des quatre Evangiles !.”

C’est ce que prouve également saint Justin qui, dans son Dialogue avec Tryphon, (150-160) et dans ses Apologies du Christianisme, adressées vers 150-152, l’une à l’empereur, l’autre au sénat romain, mentionne des livres qu'il désigne sous le nom de “Mémoire des Apôtres”, mais qu’il appelle ailleurs les “Evangiles”. H nous apprerd que “les Chrétiens tenaient ces livres en si grande estime, qu’ils les lisaient dans les assemblées des fidèles, en même temps que les écrits des prophètes.”” Ce que dit saint Justin dans ces deux écrits sur les œuvres et les enseignements du Sauveur, est emprunté textuellement à saint Matthieu, à saint Luc et à saint Marc, et, dans certaines parties, à saint Jean comme quatrième source d'autorité. Il n’est question, dans ces “Mémoires des Apôtres” de saint Justin, que des quatre Evangiles de saint Matthieu, de saint Luc, de saint Marc et de saint Jean, les seuls reconnus anoniques ou véritables. C’est ce que témoigne encore Tatien, disciple de saint Justin, dans son ouvrage Diateseron, ce qui signifie : selon les quatre. Son ouvrage, qui n’est qu’une concor-

1. A la fin du second siècle, il devait y avoir. d'anrès le ealeul du docteur Norton, 3,000 exemplaires des Evangiles disséminés dans le monde.

dance des quatre Evangiles, est une reconnais. sance formelle de l’existence de ces derniers, de leur nombre et du nom de leurs auteurs.

Celse, philosophe paien du deuxième siècle ardent adversaire du Christianisme, connaît les quatre Evangiles pour les avoir lus ; il en cite même de nombreux extraits dans un ouvrage contre la religion nouvelle ; il en combat la doctrine, mais nulle part il ne nie leur authenticité. Les Actes des Apôtres, les Epîtres de saint Paul et l’Apocalypse ne lui sont pas étrangers, rendant ainsi indirectement un témoignage éclatant de leur authenticité, et nous apprenant en même temps que le Nouveau Testament était connu, accepté et répandu dès son temps. D’autres paiens, Porphyre, Hiéroclès, Julien l’Apostat, s'ils n’admettaient point la divinité de l'Evangile, n’en ont pas contesté l'authenticité.

Dès le deuxième siècle, on voit donc que les quatre Evangiles en usage dans toute l'Eglise sont les mêmes que ceux d’aujourd’hui, et qu’on invoquait alors, comme de nos jours, leur autorité pour combattre l'erreur et établir le dogme chrétien. Les hérétiques, contemporains des apôtres,et autres sectaires du temps des disciples des apôtres, à qui on opposait les Evangiles, n’osèrent jamais en contester l’authenticité, ce qu’ils auraient certainement fait sans l’universelle et trop récente tradition. Ce qui fait dire à saint Justin : ‘Puisque les contradicteurs eux-mêmes usent à leur profit des textes sacrés, ils en confessent la source divine, et ils confirment nos démonstrations.” ‘

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Dans un temps où l’on n’était séparé que par une seule génération de celui des Apôtres, de qui l’on recueillait et l’on conservait si religieusement les actes et les discours, il devenait de toute impossibilité que des livres apocryphes aient pu être acceptés comme venant d’eux, sans que les fidèles, qui en faisaient la règle de leur foi, ni les hérétiques qu’ils condamnaient, aient soupçonné l'erreur ou limposture. Ce que nous disons ici des Evangiles s'applique aux Actes et aux Epitres des Apôtres.

| Dès la fin du quatrième siècle, le pape saint Inno-

cent ler et les deux conciles d'Afrique regardaient

| comme livres canoniques les mêmes livres dont

nous nous servons aujourd’hui.

On cite encore nombre d’attestations qui établissent de la manière la plus irrécusable l’authenticité des Evangiles comme des Actes et des Epitres des Apôtres ; mais ce que j'ai dit ici à l'appui de cette démonstration doit paraître suffisant à tout homme raisonnable.

Prouver l’authenticité des Evangiles, c’est établir en même temps leur intégrité, à savoir: que les enseignements qu’ils contiennent sont bien les enseignements de Jésus-Christ et des Apôtres, lesquels nous sont parvenus sans aucune altération. Nous savons. par tout ce que nous en ont dit les pasteurs et les Pères de la primitive Eglise, que les successeurs des Apôtres apportèrent le plus grand soin À conserver intacte la doctrine évangélique, et À prémunir les fidèles contre toutes les nou-

veautés doctrinales que des esprits téméraires cher chaient déjà à introduire dans l'Eglise. Sain: Paul s'élève avec une grande véhémence contr. ces tentatives d'innovations, déclarant l'Evangile intangible. Ce que les pasteurs reprochaient le plus aux hérétiques, c'était de violer la parole de Dieu, d’en altérer le sens. Les fidèles à cet égard n'étaient pas moins susceptibles que leurs pasteurs. Saint Augustin raconte l'émotion que causa parmi les fidèles de l'Eglise d'Afrique le fait de leur évé. que qui s'était permis de changer un mot du texte sacré ; l’inquiétude fut si vive qu'il dut se reprendre et rétablir le texte primitif, Tryphylle, évéque de Lèdre, en Chypre, faisant un jour la lecture de saint Jean, crut devoir, par simple goût littéraire, remplacer le mot grabat par le mot lit, qui lui paraissait plus noble. Il en fut repris à l’instant par Spiridion, un autre évêque, qui était présént.

Qu'il y ait eu, dans le cours du temps, comme pour J’Ancien Testament d’ailleurs, de légères variantes dans le texte évangélique, sans altération substantielle cependant, variantes dues à la négligence ou à l’ignorance des copistes, la chose est possible, probable même, vu le grand nombre de copies et la rapidité de leur diffusion. Mais il est bien reconnu que ces variantes, comme l’exemple que nous venons de citer, portent sur des points secondaires et ne changent rien à la doctrine.

“Ce qui frappera d’abord tout esprit non prévenu, c’est que parmi tant de divergences tex-

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tuelles, l'identité substantielle ait existé, comme l’avouent ceux qui, avec tant de patience, et souvent avec quelque passion, ont recensé les variantes. (Cela ne prouve-t-il pas avec quel soin les fidèles se sont toujours préoccupés du vrai texte original, et ne trouvons-nous pas dans cette préoccupation évidente une preuve nouvelle de l'impossibilité d’une altération substantielle ? La corruption du texte devenait d'autant plus difficile que l’on s’en occupait avec plus de diligence, les textes variés se faisant un contrôle mutuel ”,”

De plus, les quatre Evangélistes se complètent mutuellement, en évitant de se répéter sans nécessité. Saint Matthieu, qui s’adressait aux Juifs convertis, n’avait nullement besoin d’insister sur certains faits que ceux-ci connaissaient déjà personnellement, tandis que saint Luc, écrivant pour les païens, était tenu de les leur faire connaître. L'Evangile de saint Matthieu est un rapport extrêmement consciencieux et volumineusement composé. C’est une sorte de dossier. L'Evangile de saint Marc est une narration courte, précise, très exacte et très pleine, contée avec aisance et une grâce charmante. Saint Luc a fait une étude biograhique savante, judicieuse, soignée, semée d’anecdotes, fournie de détails, vivante, colorée. Saint Jean ne revient pas sur RENE

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