‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 122 sur 270 · HENRIETTE, BENOIT · texte numérisé non relu

HENRIETTE, BENOIT

BENOIT

Comment c'est vous, mam'zelie Henriette?... vous voilà enfin revenue à Tours !...

Oui , mon clier Benoit, ma maîlresae est arrivée celle nuit d'Orléans, oii nous avons été retenues par un maudit procès.

BENOIT

Madame de Préval est arrivée?... Je vas dire à nol^ maître de préparer son appartement ordinaire,

HENRIETTE'

Non, non, c'est inutile^ elle s'est arrêtéeà son cliâteau... à deux lieues d'ici... et moi-même, je ne resterai que deux ou trois heures à Tours..; Quelques emplettes à faire chez la marchande de modes, la liu^^ère, le parfumeur...

BENOIT

Je^is, les préparatifs d'une noce...

HENRIETTE

Les préparatifs?...

BENOIT

Pardine... est-ce que vous croyez qu'on ne sait pas tout

dans notre ville ?

HENRIETTE

On y est donc toujours aussi bavard?

BENOIT

Oh ! ça ne fait que ci'oître et embellir... ils sont mauvaises langues, ah î — après cela c'était tout simple qu'on s'occupât d'une jeune veuve rjclie , jolie, qui refusait tous

les partis qui se présentaient^ on a été aux informations!... On a su qu'il y avait de l'amonr sous jeu.... Un petit cousin.... Un certain officier du sixième chasseurs.... Et puis, l'oncle de la jeune dame , un négociant établi à Londres qui ne veut pas entendre parler du cousin, parce qu'on prétend que c'est un fou , qui se bat pour un oui , pour un non.... ça ne plait pas au cher oncle... ça désole la cousine, ça révolte le cousin.... Ils en ont dit, ils en ont dit !... Moi , ça m'ennuyait , parce que je ne peux pas souffrir qu'on s'mèle des affaires des autres.

Air : De Jeannot et Colin.

Qu'on dis' que vnt' uiaîtiessc A son petit cousin , Avait, dans sa tendresse, Promis d' donner sa main j Mais qu' J'oucle d'Angleterre Aini' les écus comptant,

Et r'fuse un militaire Qui n'a qu' des sentimens...

Ça n'est pas mon affaire , Je n' dis rien des absens.

Qu'on dis' que 1' commissaire A d' l'esprit tant et plus; • Qu' la voisin' la lingère

A beaucoup de vertus ; Qu' les mollets du notaire , Danseur des plus galans, Vienn't de monsieur son père , Et non d' cliez les marchands.

Ça n'est pas mon affaire.

Je n' dis rien des absens.

HENRIETTE

Mais toi qui causes si volontiers... tu ne me parles pas de M. St.-Brice.

BENOIT, d'un air malin.

Le cousin en question; je voulais vous voir venir- il loge toujours ici. Il est îà à déjeuner avec les habitués de l'hôtel, et M. Placide du Roseau.

Placide du Roseau!.... eh! mais n'est-ce pas un original que nous avons vu à Orléans?

BENOIT

C'est probable, il en arrive.

HENRIETTE

Qui faisait l'aimable auprès de rna maîtresse, et qui l'a tant ennuyée?

BENOIT

Ça ne m'étonnerait pas... il dit qu'il a de l'esprit comme un diable.

HENRIETTE

Qui habite les environs de Tours ?

BENOIT

Oui, une petite bicoque qu'il appelle sa terre,. jet dont' le pai'c tiendrait dans la cour de l'hôlel.

HENRIETTE

Qui se bat avec (oui lu monde?

BENOIT

Sans jamais tuer personne... c'est cela même..* Eh bien { voua le trouverez daqs la grande salle avec M. St.-Brice.

HENRIETTE

Non , ce ridicule personnage m'assommerait de questions sur ma maîtresse.... Tu diras à M. Saint- Brice... non, ne lui dis rien... je suis sûre qu'il m'attend, et je serai bientôt de retour.

( Elle sort. )

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