‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 147 sur 270 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les Mêmes , JULIENNE , PINCEFORT.

jtLiEKNE , entrant.

Par ici, monsieur... Voilà notre jeune maître.

BONTEMS , à ses ar/iis.

Qu'elle est cette figure grotesiuie?

JULIENNE, baS^

C'est un invite , sans doute.

CHAHLES.

Du tout , je ne le conn;iîs pis... (à Pincefort.^ Q'i'j ^" t-il pour voir»' service , Monsieur?

piNctFORT, d'u'i ton mielleux.

C'est à M. Charles Piaymond que j'ai l'honneur de par er.

BONTEMS, s'approchant.

Non, Monsieur, c'est moi I

Cbahles, bas.

Mais, Bonlems L.

BONTEMS, de même.

Laisse- moi faire ! ne sommes-nous pas ici pour nous divertir ?

PINCEFOl-.T.

Monsieur , je suis cliarmé de tV.ire connaissance avec un altiste ;iussi disîing':é qiie vous !.. tel que vous me voyez.

Fort bien... Monsieur est artiste aussi...

piNCEFORTj souriant.

Oui , Monsieur, aitiste dans mon genre.

BONTEMS

J'entends... Monsieur est artisan.

H P1NCEFOR.T.

Non, Mon.4eur , je suis huissier.

TOUS

Huissier !

cnAni.ES, à part.

Je suis perdu !

PINCEFORT.

Je nio ) omrne PirKof'.ut, ^t \e. a iei\' à la requête fie M. Bonerifiint, cpit lij.te, vops fomir(flÉ|e p^yorla somme de 5c o fr, , montant d'une Irtire d«' change.

nONTEMS.

Une lettre-de di.'n^e ! (bas à Charles.) Comment! tu fais dis letties-de-cliai ge, malgré ce précepte si connu... Des Lillcts t;.ntqu\n vei:t

PINCEFORT.

Vous n'ignorez p.'is , Monsieur , que nous »vons ohienii sentence co:itre von? , er que faiite de payer, jeserai iorcé d'avoir l'avantage de vous saisir , el l'honneur de vous conduire en prison.

EONTEMS.

En prison !

En prison !

r,CNTE;MS , hash Chcrles.

Lis donc Charles , si tu \oulais bivn reprendre ta place.

CHALES.

Poltron !

BONTEMS

(/est qre je n'aime pas du tout la prison , moi !

Air : A soixante ans on ne doit pas.

Je l'avouerai, c'est là toute ma crainte;

Les hommes noirs m'ont toujours fait horreur!

Moi, la prison!... quand la moindre contrainte

Détruit soudain ma joie et mon bonheur. (^'*)

Toujours chanter, c'est là mon seul partage;

Or, la gaJté me donnant la santé

Et la santé me donnant la gaîté.

Comme l'oiseau ne chante pas en cage, | / •

Au vrai poète il faut la liberté. '

PINCEFORT.

CVs-à-d:re que monsieur n'est pas...'

chai;les.

Non , Monsieur , c't st moi qui î,iis CVir.rles Raymond , et je reconnais la léiri iinilé de la d< tte.

BONTEMS

Alors , mon ami , il faut payer.

JULIENNE

Oui; not' niaîtie , piyez vite !

CHARLES, à mi-voix .

Oni , î ayer... payer... Ch vous est h.en facile à dire... (//Mtf ) Moi. s eur, dans ce moment, qtulqnes embarras... des ren:rëe.-i difficiles...

lontems , aux amis.

Qui ne reitrer^ut jamais.,.

CHAULKS.

Vous me donnerez bien quelque temps ?

PINCEFOhT.

Nous ne sommes pas des Turcs , . .. monsieur , vous aurez tout le iem[>.'' Je reviendiai dans deux heures.

CHAULES.

Dans deux heures ?

PIKCEFORT.

El fai.te d'espèces.... je se.ai contraint....

JULIEJNKE.

^ Comment , mt;nsie..r, vous auiicz le courage ?... Un si brave homme!...

piNCEFORT, lui caressant le bras.

Hélas ! ma chéi e enfant.

Air : P^auda^ille de M. Guillaume.

A mon devoir il faut que ]e me livre;

Je prendrai tout, meubles, chaises, bijoux.'

JULIENNE

Vraiment, vous ne savez pas vivre!

PINCEFORT.

Je sais fort bien mou métier, voyez-vous, {Montrant son dos.)

Et du destin je brave tous les coups.

{Lorgnant Julienne.)

Oui, je bihiis cette heureuse saisie;

J'y prends d'avance un plaisir singulier.

Surtout, monsieur, si mam'zell fait partie De votre mobilier. ( bis. )

BOJVTEMPs, lui frappant sur l'épaule.

Et galanr par-dessus le mai c]ié î C'est ain homme

charm,ii!i 5 et si jamais je me fais saisir, je veux que ce soit par lui.

i6 I^"* CONVIVE, idem.

Moi aussi !

ALBERT , idem.

Moi aussi !

piNCEFup.T , se frottant Vépauh.

Je siiis tcuclié ! Qi'.el esi léiat de ces mes^icirs ?

BOKTEMPS.

Poêle !

ALBERT

Peintre !

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