UN OUVRIER
Dans le siècle oîi nous sommes J'irions tous comme il faut Si pour polir les hommes Wfallait qu'un coup drabot...
CHOEUR
Pan, pan, r'doublons d'courage , etc.
T.AiMBAUT, entrant en scène.
Allons ! mes amis, v'ià septliourcs , vous pouvez quitlor 1 atelier j c'est pas le tout ({ue de travailler , il faut du repos.
riV OUVRIER.
C'est juste, not' bourgeois , quand on a fait le tour du cadran autour de son établi , ça commence à compter.
RAIMBAL'T.
Ab î dame , vous êtes de bons enfans , vous , et aujourdlmi c'est rare de rencontrer tous bons sujets. l'ouvrier.
On ne nous engourdit pas avec de belles paroles. . .
RAIMBAUT
Et vous avez raison. Retournez près de vos femmes, de vos enfans . . . Ne courez pas tout Paris , et n'allez pas dans les clubs , dans les sections perdre vot' temps comme tant daulres.
l'ouvrier.
Ce n'c^t pas là qu'on me prendra... pas si gobe-mouclie ! je ne quitte ma scie que pour ma femme \ depm's le primidi jusqu'au noriodi j'ai la varlope à la main, et le décadi, le petit coup de sirop en famille I... A demain, père lîaimbaut. . .
RAIMBAUT
Et de bonne heure , mes enfans.
Air de Walse de Robin des Bois. ( Chanté a tni-vois.)
Mes amis , encore un' journée Qui vient d'se passer tranquiirment j Qui sait, d'main dans la matinée, Si nous en pourrons dire autant ?
'Tous les jours, nouvelle souffrance I... Au moins , dans notre humble réduit , Sur les malheurs d'notr' pauvre France L'hruit du marteau nous étourdit.
LES OUVRIERS, à VOIX hasse et avec crainte. Mes amis , encore un' journée , etc.
RAIMBAUT, les prenant par la main.
C'est un temps bien dur que le nôtre : Il faut , hélas ! qu'il ait son cours J...
Mais , comme on dit qu'un clou chass' Faulrc , Ça ne peut pas durer toujours.
LES OUVRIERS, s' éloignant.
Mes amis , encore un' journée Qui vient de s'passcr tranquill'menl ; Qui sait, d'main dans la matinée , Si nous en pourrons dire autant ?
Les ouvriers retroussent leurs tabliers, prennent leuis chapeaux, et sortent par
le fond.