SCÈNE IX
LES MÊMES , ARTHUR;, e/i toilette de bal.
ARTHUR , sans voir Marianne.
Que s'est-il donc passé , mon père ?
MARIANNE , à^a/t.
Son père !
ARTHUR
J'ai trouvé toute votre société dans une agitation. . . on se parlait à l'oreille. . . j'ai vainement interrogé tout le monde. . .
C'est un événement fort simple, mon cher ami. {Lui mojitrant Marianne voilée. ) Ta prétendue qui vient d'arriver à l'instant.
ARTHUR , à part et consterné.
La fille du marquis ! je suis perdu. . . {Haut et avec embarras. ) Mademoiselle. . .
Ce n'est pas le moment de lui faire ta cour, elle est fatiguée du voyage et fort émue de ce que j'exige d'elle . . .. car , dès ce soir , vous serez fiancés. . .
ARTHUR
Ce soir ! . .
J.E COMTE
Je conviens que c'est un peu brusquer les choses... mais mon départ subit est mon excuse.
ARTHUR
Votre départ ! . . .
Oui , je suis forcé de m'absenter. Si tu savais quelle nouvelle aÛreuse.
ARTHUR
Vous m'effrayez I . . .
Ce brave homme dont je l'ai si souvent parlé. . . qui m'a sauvé la vie au péril de la sienne.. .
ARTHUR, vivement.
Ce Jérôme. . - que vous avez vainement cherché depuis votre retour ! il existe. . . vous l'avez retrouvé. . .
Oui , je l'ai retrouvé. . . malheureux. . . frappé du coup le plus terrible. . .
ARTHUR , 'vivement.
11 est malheureux. . . O Ciel î ma fortune. . . celle de ma mère. .
La fortune ne peut lui rendre ce qu'il a perdu. ( ^vec force. ) Apprends que sa fille unique vient de lui êti^e enlevée. . .
ARTHUR ..frappé.
Sa fille !
Tu frémis, j'étais sûr que tu partagerais mon indignation. . . mais c'est moi qui me charge de faire purdr le ravisseur. . . Je cours auprès du pauvre Raimbaut, et. . . . ARTHUR , d'une voix étouffée.
Raimbaut... qu'avez-vous dit, mon père!., ce nom...
C'est le sien. . . je ne le connaissais que sous le nom de Jérôme. . . mais. . ,
AKTHUR , avecun cri.
Alil. . Qu'ai-jefait !
Qu'as-tu donc ?
MARIANNE , àpart et retenue par le comte. Ah ! je ne lui en veux plus. . . il est trop malheureux !
ARTHUR, à son père.
Mon père, vous allez me détester, me maudire !.. mais la iîlle de RaimLaut , elle est ici . . . c'est moi . . . LE COMTE, auec indignation.
Malheureux !
Air : Epoux imprudent, fils rébelle.
Quand ce bon père de famille
De ses malheurs supportait le fardeau} Vous de ses bras vous arrachiez sa fille :
Accablé par ce coup nouveau , Le désespoir peut le mettre au tombeau. Méritait-il , grands dieux! cette infamie! Ah ! dites-moi quel serait notre sort
Si le fils lui donnait la mort
Quand le père lui doit la vie.
ARTHUR , ai^ec desordre.
Ah ! ne m'accablez pas. ( ^ Marianne toujours ^voilée. ) Et vous , mademoiselle , c'est vous seule que je prends poTir juge... [Marianne fait un mouvement.) Ah I ne quittez pas ce voile , car j'ai besoin de tout mon courage. .. mais j'en appelle à votre cœur , à votre générosité. . . Vous l'avez entendu , je ne puis remplir le vœu de mou père , sans manquer à l'honneur. . . une autre a mes sermens , c'est elle seule que j'aime et quelle que soit sa naissance. . . je le jure. . . jamais je n'aurai d'autre épouse que Marianne. ( Le Comte fait tomber son voile. ) Que vois-je I . . C'est elle .'. . . mon père!. . .
MARIANNE , timidement.
Monsieur I
LE COMTF.
Vo'.là ce que j'attendais , Arthur. . . je suis content de vous.
On entend u;> to ip île feu.
LE COMTE , surpris.
QuVst-ce donc ?. . au milieu de la nuit. . .
LELiÈVRE , e/z dehors.
11 est pris I il est pris î . . .