SCÈNE XI ET DERNIÈRE
LES MÊMES, RAIMBAUT, JOLIVET, GEIS'EYIÉVE,
entourés de gardes-chasses et de pajsans.
RAIMBAUT, le regardant.
Comment, c'est encore toi , Lelièvre.
LELIÈVRE
M. Rainibaut î
TOUS
Raimbaut !
MARIANNE , courant dans ses bras.
Mon père I
GENEVIÈVE et RAIMBAUT.
CKère enfant !
JOLIVET
Mamzclle Marianne I RAIMBAUT , élevant la voix , et tenant Marianne dans ses
bras.
{Jlvec ironie.) Puisque M. le comte de Loirmont a trouvé plus commode de m'envoyer ses valets que de répondre lui-même à l'appel d'un homme d'houutur , c'est c\\CL lui que je viens lui demander raison. . . MARIANNE, ejj) ajée .
Mon père !
RAIMBAUT , sévèrement.
Silence ! Marianne. Où est le comte de Loirmont?
Il regarde tonte la société.
LE COMTE, s'avancant.
Devant vous !
RAIMBAUT , le regardant.
Comment ? ... Ce n'est pas lui I . . . on m'a trompé ! . .
LE COMTE, avec calme.
Non, Raimbaut. . . on ne vous a pas trompé... vous avez été outragé par un autre moi-même. Mais avant de connaître vos projets, il vous avait accordé la réparation quil vous doit. . . ( Prenant Arthur par la main. ) Mou fils, vous avez obtenu voire pardon de Marianne, allez solliciter celui de votre beau-père.
II montre RaiaiLaut.
TOUS
Son beau-père ! . . .
Arthur et Marianne l'entourent.
R UMBAUT , au Comte.
Qu'entends-] el Monsieur, vous consentiriez. . .
Et nous ne serons pas encore quittes envers vous. (Jl voit Vétonnement de Rtiivibaut.) Quoi! Raimbaut, se peut-il que seize ans d'absence et de chagrins m'aient rendu assez méconnaissable . . .
RAIMBAUT , indécis et le regardant.
Que dites-vous I . . .
GENEVIÈVE
Ail ! mon Dieu ! est-ce que ce S(!rail rémigré?
JOLIVET
Dieux ! le cou'^^in de Corbeil.
LELiÈVRE, étourdi.
Comment ! l'émigré que nous avons sauvé dans le temps. . . ce serait M. le Comte !.. .
KainiLaut se jette dans les bras du Comte. GENEVIÈVE.
Quel bonlieurl. . . pauvre cher homme; il s'est fait un peu altendre... (Elle se retourne., et voit au Jond du pai'i/loji les deux portraits.) Ah! mon Dieu! qu'est-cn que je vois là, regarde donc, Raimbaut, dans ce pavillon. • . nos deux portraits ! . . .
RAIMBAUT
Est-il possible ! . . . Quoi ! . . . c'est vous. . . . GENEVIÈVE, lui prciul lu main .
Et moi qui l'accusais.
Haimbaut ne peut parler, il veut prendre la maiu du Comte, celui-ci la lui
serre.
LE COMTE, doucement. Eh bien! eh bien ! vous êtes étonnés que j'aie voulu avoir près de moi les tiaits de mqs meilleurs amis. (^ ceux qui t entourent.) Oui , messieurs, voilà mon sauveur, voilà la famille à laquelle je suis tier de m'allier. Arthur, la lille du marquis n est plus que votre sœur, ma tendresse la dédommagera. {^Prenant la. main de Raimbaut.) Mais je dois avant tout payer la dette la plus sacrée.
Il les presse dans ses bras.
i.ELiÈVRE , à part.
Quoique ça, c'est un drôle de mariage,, un peu mêlé , ce que nous appelons une macédoine!. . .
Cainibaut, Jolivet, Geneviève, et le Comte forment le tableau final dn premier acte, et chantent ensemble la fin du final.
Tu n'a pas trahi notre attente , Sainte amitié nous t'implorions ; Oui , j'en ai cru ta voix touchante , Aujourd'hui nous nous retrouvons.
Tout le monde reprend en cbceur ce quatrain.