SCENE V
LE COMTE , seul.
L'effronté !.... il sait le russe comme l'espagnol !... n'importe , m'en voilà débarrassé...; les intelligences que l'on s'était sans dont*- ménagées dans ma maison , se trouvent rompues sans espoir , et ma fille est sauvée ! (/'/ s'approche du bureau) Voyons les dépêches de l'Escurlal ; (^7 oindre plusieurs lettres) ISole à communiquer... , renseignemens à demander... {Il écrit e-ii luargf) renvoyé à mes secrétaires., \Jl prend une lettre) quelle est cette écriture inconnue? \ Il l'ouvre et regarde la signature) , le marquis d'Avéirc. .. mou Jincien prolecteur... Celui à qui je dus autrefois ma fortune à la cour.. On l'attendait à Naples d'vm jour à l'autre.. Il aura donc changé d'idée : voyons vite... i^Illit) « Mon
COMEDIE-VAUDEVILLE. t5
■n cher comte, pour la première t'ois que je vous écris »
^S'interrufrif>a/2f) C'est \rin...{^Li.sa//t) « vous me trouverez n bien indiscret de débuter par reclamer un service de votre » iimn'ié...)')\^S'i/itetTO/?ipant), il auraitbesoin de moi... quel bonheur !.. quoique depuis vingt ans nous nous soyons perdus de vue... je serais si heureux... '^11 lit) « J'ai un fils uni- » que qui faisait tout mon espoir , et dont la conduite m'a- )) breuve de chagrins et de honte. Après avoir ])arcoura la » France et i'Ita ie , le chevalier s'est arrêté à Naples... Je » ne savais à quoi attribuer les retards qu'il .apportait tou- » jours à sou retour auprès de moi... Je viens d'apprendre » enfin ([ti'un amour insurmontai)le et indigne de lui en » était la seule causi' \y>[.<i'iitlcnompunt) ah I bon dieu! {il lit) t> oui, mon ami, c est pour une petite fille sans naissance, » sans éducation.... enlin , je rougis de le dire , pour ce » f|ue Ton appelle à Paris une grisetle, que l'héritier des 1) d'Avéiro , le fils d'un grand d'Espagne, va peut-eti*e re- » noncer pour toujours à sa famille et à son pa\s...»f^V/îierrompant') , est-il possibe! [Il lit) « Les dernières nou- » velles que je reçois , m'annoncent qu'il se cache à Naples » sous le nom de Frédéric , et qu'il loge au faubourg de la » Cyaya , près du vieux ^ alais — Au nom de notre amitié , >• mon cher comte, usez du pouvoir que votre mission vous » donne, pour cherciier , pour découvrir le chevalier...^ » emparez- vous de lui... , qu'il ne quitte pas votre maison,; » j'approuve d'avance tous les moyens (jue vous emploie- » rez pour le guérir de sa folie , et l'empêcher de faire un >' pareil mariage'... Si vous me rendez mon fils, ma vie " entière ne suffira pas pour reconnaître un pareil bienfait.'. » Post scripium. Pour vous aider dans vos recherches... je » joins ici le portrait du chevalier., vingt-cinq ans.» etc., etc. \Fermant la lettre)^ pauvre père!... ah î sans doule , je ferai pour le chevalier ce que je ferais pour mon propre fils... mais une intrigue... un jenne homme !...
\\K de Tareiine.
Pour le découvrir comment faire ?
A Naples, où Fou en voil tant :
Un tel emnloi ne coiivicril guère A mon âge , ainsi «jii'à mon rang.
ï6 L'AMBASSADEUR,
D'ailleurs , et mon tems et mes peine» Sont consacres au service du Roi; Et je serai forcé d'avoir, je croi,
Quelqu'un pour faire ici les miennes.
Parbleu, voilà une occasion où j'aurais eu besoin d'uu intrigant de profession ; et je viens de renvoyer le seul que j'eusse à mon service.... ce Sainl-Jean — c'était rhoiuiue qu'il nous fallait.... chut!.... le voici....