‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 41 sur 270 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Les MEMES . JULIETTE , sortant de son appartement.

Trio de Michel et Christine.

LB COMTE , allant au-devant de Juliette. Approche donc , ma chère amie , Monsieur n'est pas un étranger; L'Espagne est aussi sa patrie ;

A demi-voix.

Et tu peux le voir sans danger.

JULIETTE, S 'avançant et lui faisant la révérence. O grandi dieux ! 6 surprise extrême! '

LE COMTK.

Quoi donc ?

JULIETTE

C'est lui.

FRÉDÉRIC, à part.

C'esl ellc-roénie

JULIETTE

Ce jeune homme qui nous suivait.

FRÉDÉRIC, à part.

Je crois qu'elle me reconnaît.

/ JULIETTE

Quel trouble j'e'prouve h sa vue !

Et combien mon ame est e'mue !

Oui , de surprise et de bonheur

Ah ! je sens là battre mon coeur.

FRÉDÉRIC

Combien elle paraît émue!

ENSEMBLE. Moment charmant ! ô douce vue !

Ah! je sens l.î battre mon cœur, Et d'espérance, et de bonheur.

Ah! quelle rencontre Imprévue!

Moi qui vais l'offrir à sa vue !

Pour déjouer un séducteur, \ Cachons mon trouble et ma fureur.

JULIETTE, à son père.

Oui vraiment, c'est cet inconnu Dont parlait Saint-Jean ?

LE COMTE , à part.

Quelle audace !

Ce fripon aurait-il voulu.

Introduire un autre à la place Du chevalier d'Aveiro ?

JULIETTE

Grandt dieux! Comme il hxe sur moi les yeux!

ENSEMBLE

3o L'AMBASSADEUR ,

Ah quel plaisir! dm?, lui mon père, Reçois celui qui m'a su plaire.

Ali! je sens là battre mon cœur Et de surprise et de bonheur.

FRÉDÉRIC

Je n'entends rien à ce mystère ; Mais je vois celle qui m'est chère, Kt je sens là battre mon cœur Et de plaisir et de bonheur.

On me trompe , la chose est claire ; IVIais je connaîtrai ce mystère ; Pour déjouer un se'ducteur, Cachons mon trouble et ma fureur.

Oui, je puis savoir si c'est réellement le fils du mai'quis tPAveiro; car , par honlieur, cette lettre que j'ai reçue ce matiu contient son signalement.

Il la prend et regarde.

FRÉDÉRIC , à -part.

Le signalement I... je suis perdu.

LE COMTE , lisant bas , et regardant Frédéric. Non... non... parfaitement conforme. ..c'est bien lui.

FRÉDÉRIC

Je suis sauvé... ma foi , je ne sais pas comment.

Eli! mais qu'avez-vous donc , mon père?... Vous êtes tout ému.

Rien, rien, mon enfant... holal quelqu'un... [undo/îies^ tique entré) conduisez monsieur à Tappartemcnt qui lui est destiné....; (« Frédéric) nous nous reverrons Lienlôt.... jusque-là , je vous laisse à vos réflexions.

COMEDIE-VAUDEVILLE. 5i

Air du vaudeville de la Somnambule.

Mais songez-y, la luitc est impossible ; Car, sur l'honneur, vous êtes prisonnier.

FRÉDÉRIC

Une prison est toujours bien terrible;

Regardant Juliette.

'Mais en ces lieux, (juaiid je pense au geôlier, Je me soumets sans murmure et sans peines. Loin de ge'mir de ma captivité'. . .

Puisse'-je hélas ! trop heureux de mes chaînes , Ne recouvrer jamais ma liberté'.

Il sort.

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